Des enfants en route vers l'exil

Parallèlement à la montée catastrophique de la violence et de la criminalité au Mexique et en Amérique centrale ces dernières années, le HCR a observé une nette augmentation du nombre de demandes d'asile dans la région — tant de la part d'enfants que d'adultes — surtout en provenance du Salvador, du Honduras et du Guatemala. Si les États-Unis reçoivent la majorité de ces nouvelles demandes d'asile, le HCR a enregistré une augmentation cumulée de 1185% du nombre de demandes d'asile de ressortissants de ces trois pays au Mexique, au Panama, au Nicaragua, au Costa Rica et au Bélize de 2008 à 2014.

On observe par ailleurs une tendance préoccupante en lisant ces chiffres. Le nombre d'enfants en provenance de ces pays, et qui entreprennent ce dangereux voyage seuls et non accompagnés, double d'une année à l'autre depuis 2011, et le gouvernement des USA estime — et est en bonne voie d’atteindre ce chiffre — que 60 000 enfants arriveront sur le territoire des USA à la recherche d'un havre de sécurité pour l'exercice en cours. Bien que le nombre d'enfants en provenance du Mexique dépasse de loin le nombre d'enfants venant des trois autres pays d'Amérique centrale, la grande majorité de ces enfants est rapatriée au Mexique après un maximum d'un jour ou deux de détention par les autorités des USA, ce qui complique encore davantage la tâche de se faire une idée d’ensemble du profil de ces enfants et des raisons pour lesquelles ils viennent aux USA.

C'est ma grand-mère qui m'a dit de partir. Elle m'a dit : « Si tu n'entres pas dans le gang, ils te tueront. Si tu entres dans le gang, le gang rival ou les flics te tueront. Mais si tu pars, personne ne te tuera. »

Kevin, Honduras, 17 ans.

Des enfants en route vers l’exil, le dernier rapport du HCR (en anglais), dévoile l'impact humanitaire de la situation en analysant les raisons de fuir leur foyer données par 404 enfants non accompagnés à une équipe de chercheurs ; il formule des recommandations sur une marche à suivre à l'avenir.