Le HCR est préoccupé par la cessation de l'opération de recherche et sauvetage Mare Nostrum en Méditerranée

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 17 octobre 2014 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est préoccupé par l'annonce de la fin de l'opération italienne Mare Nostrum prévue pour ce mois-ci en octobre, sans la mise en place d'aucune autre opération similaire au niveau européen pour la recherche et le sauvetage. Le risque sera sans doute augmenté pour les personnes qui tentent la traversée vers l'Europe en quête de sécurité. Cela pourrait également générer davantage de décès en mer parmi les réfugiés et les migrants. Quelque 3 343 personnes auraient déjà perdu la vie en 2014 lors de tentatives de traversée de la Méditerranée, dont 2 755 d'entre elles depuis début juillet 2014.

Le HCR s'est félicité de l'opération Mare Nostrum, qui a contribué à la recherche et au sauvetage d'environ 150 000 réfugiés et migrants depuis sa mise en place il y a un an en réponse à deux tragédies survenues au large des côtes de Lampedusa, lors desquelles plus de 600 réfugiés et migrants avaient trouvé la mort. Aujourd'hui, le HCR appelle de nouveau l'Europe à attribuer davantage de ressources pour le sauvetage en mer en Méditerranée.

Il est essentiel que la longue tradition de recherche et de sauvetage en mer continue d'être respectée par tous. Le HCR reconnaît également les efforts déployés par de nombreux navires commerciaux. Pour la seule année 2014, ils ont contribué à la recherche et au sauvetage en mer d'environ 37 000 personnes. Dans la mesure du possible, ces opérations de recherche et de sauvetage doivent représenter un impact financier minime sur l'industrie du transport maritime. La prévisibilité sur des lieux de débarquement en toute sécurité pour les personnes secourues est également nécessaire.

De plus, l'Europe doit redoubler d'efforts pour offrir des alternatives juridiques crédibles à ces traversées périlleuses afin de protéger les personnes contre les risques que comportent les traversées avec des passeurs. La réponse collective nécessite de maintenir une forte capacité de recherche et de sauvetage en mer ainsi que d'accroître des moyens plus sûrs pour que les réfugiés trouvent la sécurité en Europe, y compris la réinstallation améliorée, d'autres formes d'admission à titre humanitaire ainsi que des programmes de parrainage privé. Le HCR appelle également les gouvernements européens à faire davantage pour faciliter le regroupement familial et des programmes comme l'attribution de visas d'étudiants ou d'emploi au bénéfice des réfugiés.

Le niveau de désespoir est très élevé parmi un grand nombre de personnes tentant ces traversées périlleuses. Ces personnes fuient la guerre, la persécution et la violence, y compris depuis la Syrie. Des efforts concertés de notre part sont nécessaires pour y répondre. Cette tendance a commencé en juin et juillet 2013, avant l'établissement de l'opération Mare Nostrum. Elle a continué en 2014. De plus, un nombre croissant de femmes, d'enfants - dont beaucoup sont non accompagnés - et de personnes âgées tentent désormais également de rejoindre l'Europe via des traversées maritimes dangereuses. Ils font face à des risques accrus, car ils sont plus vulnérables aux abus et ont des besoins spécifiques qui nécessitent une assistance après leur sauvetage.

Ces problèmes ne peuvent pas être résolus par quelques États seulement. Une réponse européenne commune est nécessaire, basée sur la collaboration entre les Etats et le soutien de l'UE. Ces efforts doivent également assurer des installations supplémentaires pour les centres de réception initiale, des conditions d'accueil décentes, une assistance dans le traitement des demandes d'asile ainsi que l'identification de solutions pour les personnes ayant besoin de protection internationale.