Le HCR appelle à une réponse urgente et globale à la situation à Calais

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 07 août 2015 au Palais des Nations à Genève.

La situation à Calais n'est ni nouvelle, ni ingérable. On estime à 3 000 le nombre actuel de réfugiés et de migrants à Calais et sur la côte du nord de la France - soit quasiment le même nombre qu'en novembre dernier. Néanmoins, le nombre croissant de victimes, au moins 10 depuis début juin, parmi les réfugiés et les migrants qui tentent de franchir la Manche entre Calais, la ville portuaire française, et le Royaume-Uni est extrêmement préoccupant.

Le HCR réitère son appel, lancé depuis l'été 2014, en faveur d'une réponse urgente, globale et durable - émanant avant tout des autorités françaises - face à l'aggravation de la crise de l'asile et des conditions d'accueil pour les réfugiés et les migrants à Calais. A elles seules, les mesures de sécurité, bien que compréhensibles, ont peu de chance d'être efficaces par elles-mêmes.

Parmi eux, nombreux ont besoin d'une protection internationale - ce sont des réfugiés qui ont fui le conflit, la violence et la persécution en Afghanistan, en Erythrée, en Somalie, au Soudan et en Syrie.

Le HCR demeure gravement préoccupé par leurs conditions de vie et d'accueil épouvantables dans des sites de fortune aux alentours de Calais. Nous encourageons les autorités françaises à déloger progressivement ces personnes des installations informelles actuelles et à leur offrir, comme dans la plupart des pays européens, des conditions d'accueil adéquates dans la région Nord-Pas-de-Calais, et dans d'autres endroits. Il est également essentiel de réduire les délais actuellement très longs pour ceux qui souhaitent demander l'asile en France. Les femmes et les enfants, qui représentent désormais un groupe important à Calais, sont particulièrement vulnérables à l'exploitation et à la traite et ils méritent une attention spéciale de la part des autorités françaises.

Cette situation tragique nécessite une réponse exceptionnelle. Nous appelons également le Royaume-Uni et les autres Etats membres de l'UE à coopérer avec les autorités françaises compétentes afin de trouver des solutions pour les personnes ayant besoin d'une protection internationale, c'est-à-dire dans les cas où il existe des liens familiaux ou d'autres liens dans un autre Etat membre de l'UE conformément à la législation européenne en vigueur.

La situation à Calais reflète une crise de réfugiés beaucoup plus vaste qui se déroule actuellement en Europe, laquelle trouve elle-même son origine dans les déplacements massifs de réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique. Les quatre pays voisins de la Syrie accueillent aujourd'hui plus de quatre millions de réfugiés syriens. Un tiers des 224 500 personnes arrivées cette année en Europe sont des réfugiés syriens - des familles qui fuient l'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire récente.

La situation à Calais attire l'attention sur de plus grandes responsabilité et coordination ainsi qu'une mise en oeuvre plus robuste du régime d'asile européen commun. Il est essentiel que les Etats membres et les institutions de l'UE remédient aux lacunes actuelles en matière d'asile et d'accueil, et développer les mesures de solidarité comme la relocalisation et les autres possibilités légales permettant aux personnes d'atteindre la sécurité.

Toutes les personnes à Calais ne sont peut-être pas des réfugiés. Le retour, dans des conditions humaines et dignes, vers leur pays d'origine ou d'autres pays où ils ont vécu auparavant peut faire partie des solutions pour ces autres groupes, en coopération avec les pays d'origine et dans le respect des normes internationales des droits de l'homme.

Le HCR est disposé à aider davantage la France, le Royaume-Uni et d'autres Etats membres de l'UE, afin de trouver des solutions pratiques et globales.

Pour plus d'informations sur ce sujet, veuillez contacter :

  • A Calais, Céline Schmitt, au numéro
  • A Genève, William Spindler, au numéro