Tragédie en mer pour des migrants et des réfugiés et départs irréguliers d'Egypte

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 23 septembre 2016 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est profondément attristé par les pertes de vies liées au naufrage d’un nouveau bateau dans la Méditerranée, cette fois-ci au large de Rosetta, en Egypte, transportant environ 450 personnes selon nos informations.

Au moins 42 corps auraient été retrouvés. Actuellement 150 personnes (dont 43 personnes non Egyptiennes, soit 26 Soudanais, 13 Erythréens, 2 Somaliens, 1 Syrien et 1 Ethiopien) ont été secourues lors d’une opération menée par les autorités égyptiennes avec l’aide de l’armée et de la marine.

Les autorités égyptiennes ont ordonné à la police d’arrêter les passeurs responsables des décès, d’ouvrir une enquête sur cet accident et de fournir les soins nécessaires aux survivants.

L’Egypte est depuis longtemps une terre d’asile pour les réfugiés et constitue dans le même temps un itinéraire traditionnel de migration irrégulière vers l’Europe par la mer.

Depuis 2014, il y a eu une augmentation constante du nombre d’interceptions de réfugiés et de migrants tentant de quitter l’Egypte de façon irrégulière. Jusqu’à présent en 2016, plus de 4 600 ressortissants étrangers, en majorité Soudanais, Somaliens, Erythréens et Ethiopiens, ont été arrêtés pour avoir tenté de quitter irrégulièrement la côte nord, soit 28% de plus que pour toute l’année 2015. Les chiffres de 2015 étaient également supérieurs à ceux de 2014.

Le nombre total d’arrivées irrégulières par la mer Méditerranée en Italie était stable au premier semestre (115 068 entre janvier et août 2016) par rapport à la même période l’année précédente (116 149 entre janvier et août 2015). La proportion de départs de l’Egypte vers l’Italie a été variable mais est passée de 5% au 31 juillet 2015 à 9% un an plus tard (31 juillet 2016). Sur l’itinéraire entre l’Egypte et l’Italie, un nombre très important de mineurs non accompagnés est enregistré.

L’augmentation des flux mixtes de migration à travers l’Egypte constitue une préoccupation majeure pour le HCR. Le danger de mort auquel les réfugiés et les migrants sont confrontés sur les routes empruntées par les passeurs en Méditerranée a augmenté.

Bien que le nombre total de traversées de la Méditerranée cette année (300 000) soit 42% plus bas qu’au cours de la même période l’année dernière (520 000) – principalement en raison de la diminution du nombre de traversées vers la Grèce – le nombre de personnes décédées ou portées disparues jusqu’à présent (3 498) n’est inférieur que de 8% au nombre total de victimes pour toute l’année 2015 (3 771). A ce rythme, 2016 sera l’année la plus meurtrière jamais connue en mer Méditerranée.

En attendant, le HCR en Egypte a observé que beaucoup de réfugiés et de migrants considéraient sans doute l’Egypte comme un pays de transit, ce qui souligne la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des migrations mixtes dans leurs pays d’origine.

Le HCR coopère étroitement avec les autorités pour vérifier à quel titre les réfugiés et les demandeurs d’asile détenus sont enregistrés et s’efforce de faciliter leur libération rapide.   

Le gouvernement égyptien libère habituellement les personnes enregistrées auprès du HCR après une détention de 15 jours en moyenne, conformément à ses obligations internationales visant à protéger le droit des personnes fuyant les conflits et les persécutions. Le HCR a observé que beaucoup tentaient de repartir peu après leur libération. Les personnes non enregistrées auprès du HCR risquent d’être expulsées et le HCR s’inquiète qu’il puisse encore y avoir des demandeurs d’asile parmi eux et souhaite avoir accès à eux.

Pendant leur détention, le HCR et ses partenaires fournissent aussi tous les produits de base comme la nourriture et le soutien médical aux détenus.

Au 31 août, 187 838 réfugiés et demandeurs d’asile étaient enregistrés auprès du HCR en Egypte, notamment 116 175 Syriens (62 %) suivis de 31 200 Soudanais, 10 941 Ethiopiens, 7 254 Somaliens et 7 000 Iraquiens. 

 

Pour plus d’informations sur ce sujet, veuillez contacter :

  • Au Caire, Marwa Hashem, hashemma@unhcr.org, +20 122 191 2664
  • Au Caire, Tarik Argaz, argaz@unhcr.org  +20 128 35 79 832
  • A Genève, Matthew Saltmarsh, saltmars@unhcr.org +41 79 217 3140