HCR : La crise de déplacements de populations s'aggrave en RDC

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 24 octobre 2017 au Palais des Nations à Genève.

Une famille fuit la violence à Kamonia, dans la province du Kasaï, en République démocratique du Congo.

Une famille fuit la violence à Kamonia, dans la province du Kasaï, en République démocratique du Congo.   © HCR / John Wessels

Le HCR, l’Agence des réfugiés des Nations Unies, est vivement préoccupé par le déplacement croissant dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo (RDC) et l’afflux continu de réfugiés vers les pays voisins. Depuis 2015, le nombre de déplacés internes a plus que doublé. Actuellement, on compte 3,9 millions de déplacés internes en RDC. Durant ces trois derniers mois seulement, environ 428 000 individus ont fui leurs foyers. Depuis un an, environ 100 000 Congolais ont fui vers des pays voisins. De nombreuses régions du pays sont en proie, de la part des milices, à des troubles et des violences qui sont nourris par des conflits ethniques et territoriaux. Acheminer de l’aide vers les personnes dans le besoin devient difficile.

Province de Tanganyika

Dans la province de Tanganyika, à l’est du pays, où quelque 584 000 personnes sont  déplacées internes, le conflit intercommunautaire entre les groupes Twa et Luba a dégénéré l’an dernier, débordant en 2017 dans la province voisine du Haut-Katanga.  Alors que les affrontements avec l’armée se poursuivent, plusieurs dizaines de civils ont été obligés de fuir les meurtres, les pillages, les extorsions, la torture ou les traitements inhumains. Ceux qui demeurent dans le pays ont des difficultés à maintenir leurs activités de pêche ou d’agriculture, et ils deviennent dépendants de l’aide.

Les réfugiés arrivés en Zambie voisine sont temporairement hébergés au centre de transit de Kenani situé près de la frontière. Environ 5 400 personnes vivent actuellement au centre, recevant de l’aide des autorités, du HCR et de ses partenaires.  Alors que la saison des pluies a commencé, il faut d’urgence intensifier l’aide dans les domaines de la santé publique, de l’assainissement et de l’approvisionnement en eau afin d’éviter les épidémies. Un soutien psychosocial, ainsi que des soins apportés aux personnes qui ont des besoins spécifiques – à savoir 27 pour cent de la population des réfugiés – sont également nécessaires d’urgence.

Provinces du Nord- et du Sud-Kivu

Toujours dans l’est de la RDC, la violence accable les provinces du Nord- et du Sud-Kivu; en cause une multitude de groupes armés dont la plupart sont locaux. Au Nord-Kivu, plus d’un million de civils sont déplacés internes. Dans le Sud-Kivu, où environ 545 000 personnes sont déplacées internes, la situation sécuritaire s’est détériorée en septembre dans les territoires de Fizi et d’Uvira, du fait d’affrontements entre les milices et les forces armées.  La peur paralyse de nouveau la population – y compris environ 30 000 réfugiés burundais qui vivent au camp de Lusenda à Fizi.

Des Congolais du Nord-Kivu ont fui principalement vers l’Ouganda et ceux du Sud-Kivu vers la Tanzanie – transitant habituellement par le Burundi afin d’échapper aux attaques se produisant dans leurs villages. Actuellement, l’Ouganda accueille le plus grand nombre de réfugiés de RDC, soit plus de 236 500 individus, surtout dans le sud-ouest du pays.  En Tanzanie, leur nombre atteignait 76 890 à la fin septembre.

La région du Kasaï

Pendant ce temps, dans la région du Kasaï au centre-sud de la RDC, des personnes déplacées et des réfugiés - qui avaient fui la violence ayant débuté il y a plus d’un an - ont commencé à rentrer. En date du 23 octobre, plus de 710 000 personnes étaient rentrées, trouvant souvent leurs habitations en ruines et des membres de leur famille tués.  Le HCR prévient que la situation dans la région de Kasaï est loin d’être stable et que dans de nombreuses zones l’accès humanitaire vient seulement de devenir possible.

Au total, environ 762 000 individus sont toujours déplacés dans la zone, alors que la province Lunda Norte en Angola compte 27 555 Congolais qui ont échappé au même conflit et qui reçoivent une aide du HCR et de ses partenaires.

Le HCR coordonne des activités de protection pour les personnes déplacées par le conflit au Kasaï, les rapatriés et d’autres citoyens vulnérables. Nous avons aussi distribué des articles de première nécessité et préparons un soutien supplémentaire, notamment à l’intention des communautés qui reçoivent ces rapatriés.

Compte tenu de la situation dans ces trois régions, le HCR et ses partenaires ont récemment relevé la situation en République démocratique du Congo au niveau 3 - le plus haut niveau d'urgence. Dans le cadre de cette opération, le HCR s'acquittera de ses responsabilités en se concentrant sur la protection et l'assistance des populations déplacées, notamment par le biais du « Protection cluster ».

Réfugiés congolais

En tout, 621 711 réfugiés de RDC se trouvent dans plus de 11 pays africains.  Cependant, le soutien accordé aux Congolais déracinés demeure insuffisant.  Sur la somme de 236,2 millions de dollars nécessaires pour répondre aux besoins des réfugiés, des personnes déplacées internes et d’autres individus relevant de la compétence du HCR en RDC, seuls 49,7 millions de dollars ont déjà été reçus, soit un cinquième des besoins.

Parallèlement, le nombre de réfugiés originaires de pays voisins ayant trouvé refuge en RDC a augmenté d’un tiers depuis début 2016, en raison de conflits et de l’insécurité. Aujourd’hui, le pays compte 526 000 réfugiés. Nous continuons à voir de nouveaux arrivants depuis le Burundi, la République centrafricaine et le Soudan du Sud.

 

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter: