Intensification des combats sur la côte ouest du Yémen : davantage de déplacements et de nouveaux besoins humanitaires

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Babar Baloch – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 15 décembre 2017 au Palais des Nations à Genève.

Des employés du HCR consultent des dirigeants communautaires et les autorités locales dans l'installation de déplacés internes de Dharawan, dans la périphérie de Sanaa au Yémen.   © UNHCR/ Shabia Mantoo

Le HCR se prépare à de nouveaux déplacements et à une hausse des besoins humanitaires, du fait de l’intensification des hostilités dans les zones de première ligne sur la côte ouest du Yémen. Cela fait suite aux récents combats dans la capitale, Sanaa, et dans les gouvernorats voisins.

Ces derniers jours, le HCR a reçu des informations faisant état de nouveaux déplacements de populations dans les gouvernorats de Hudaydah et de Taïzz. Le HCR et ses partenaires évaluent actuellement la situation mais, selon les premières informations, plus de 1 400 personnes ont fui Taïzz et Hudaydah vers le district d'Ash Shamatin dans le sud de Taïzz et le district d'Al Fayoosh à Lahj. Le nombre de personnes déracinées devrait encore augmenter et le HCR travaille avec ses partenaires pour leur venir en aide.

Nous avons déjà distribué des articles de secours à 2 000 familles à Hudaydah, et 2 000 autres kits d'aide sont actuellement transportés, ainsi que 2 000 abris d'urgence. Le port de Hudaydah restant fermé, 43 conteneurs supplémentaires - chargés d’articles de secours, d’abris et de produits ménagers, y compris des bâches en plastique et des couvertures pour plus de 20 000 familles - ont dû être détournés vers Aden.

Le HCR est particulièrement préoccupé par le sort de 1 460 réfugiés érythréens ainsi que des civils yéménites dans la région d'Al Khawkah, à 117 kilomètres au sud de la ville d'Al Hudaydah. La zone a été déclarée zone militaire. Nous prenons des dispositions pour qu'une allocation d’aide d'urgence en espèces soit envoyée à cette communauté vulnérable, pour laquelle il est difficile de se procurer des vivres en raison des hostilités.

La situation à Sanaa elle-même est maintenant revenue à un calme relatif après plusieurs jours de combats au sol, de bombardements aériens et de tirs dans la ville. Cette semaine, les locaux du HCR à Sanaa ont rouvert et nous travaillons avec nos partenaires pour reprendre les opérations humanitaires qui avaient été interrompues depuis le début du mois. Nous rétablissons également les services et reprenons l'assistance aux personnes les plus vulnérables.

Le blocus du Yémen, qui n'est pas encore totalement levé, s'est également traduit par des pénuries et des hausses des prix du carburant, de l'eau et des produits de première nécessité, y compris les denrées alimentaires et les médicaments essentiels. Cela a touché de nombreux déplacés, des Yéménites locaux et des réfugiés.

Le Yémen continue d'être soumis à des restrictions commerciales et humanitaires. De nouvelles procédures de dédouanement, y compris au port d'Aden, entraînent également des retards pour le déchargement des cargaisons, y compris l’aide humanitaire. Les navires font face à des retards et, en raison de ces nouveaux processus de dédouanement, il n'y a actuellement plus de places pour l’amarrage au port. Le HCR a demandé aux autorités d'accélérer le dédouanement des cargaisons humanitaires, en particulier pour les denrées périssables comme les médicaments.

L'assistance et les services destinés aux communautés affectées par le conflit et déplacées dans l'ensemble du Yémen ont également été interrompus. Le programme d'aide financière du HCR, qui vise à venir en aide à plus de 17 000 familles déplacées vulnérables grâce à des subventions pour l’équipement contre les conditions hivernales, a été reporté en raison de retards dans le déblocage de fonds auprès des prestataires de services financiers. Les familles peinent à obtenir une aide financière.

Pour les réfugiés somaliens qui espèrent fuir le Yémen pour rentrer en Somalie grâce à un programme d'aide au retour spontané appuyé par le HCR et l'OIM, trois départs de bateaux depuis le port d'Aden vers Berbera en Somalie ont été reportés ces deux dernières semaines, dans l’attente des autorisations des autorités compétentes. Un quatrième navire, affrété dans le cadre du programme, a finalement pu partir avec 108 réfugiés somaliens à son bord.

 

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