L'Australie doit trouver des solutions durables pour les réfugiés abandonnés sur l'île de Manus

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Cécile Pouilly – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 22 décembre 2017 au Palais des Nations à Genève.

Le « centre de traitement régional des demandes d'asile » de l'île de Manus, Papouasie-Nouvelle-Guinée  © HCR

Du fait de la dégradation continue de la situation pour les réfugiés et les demandeurs d’asile abandonnés par l'Australie sur l'île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le HCR réitère sa demande au gouvernement australien d’assumer ses responsabilités, et de trouver de toute urgence des solutions humaines et appropriées.

Suite à la fermeture de son installation « extraterritoriale de traitement des demandes d’asile » le 31 octobre dernier, l’Australie a laissé environ 800 réfugiés et demandeurs d’asile dans une situation précaire. Environ 700 d’entre eux sont désormais hébergés dans trois sites : East Lorengau Refugee Transit Centre, West Lorengau Haus and Hillside Haus. Ces quatre dernières semaines, au moins cinq incidents de sécurité ont été signalés par des réfugiés et des demandeurs d’asile, le personnel de sécurité, la police locale et des membres de la communauté.

L’incident le plus sérieux s’est déroulé le 10 décembre. Trois personnes armées de machettes et d'une hache ont tenté de forcer leur entrée dans West Lorengau Haus, où 150 réfugiés et demandeurs d'asile logeaient.  Le personnel de sécurité a fini par les en empêcher. Le même groupe s’est alors dirigé vers Hillside Haus où deux d’entre eux, armés d’une matraque et d’un couteau, sont entrés, sans que le personnel de sécurité intervienne, et ont hurlé que les réfugiés et demandeurs d'asile devaient partir.  La police de l’île de Manus enquête sur ces incidents.

L’expulsion forcée, le 22 novembre, des réfugiés et demandeurs d’asile de l’installation australienne maintenant mise hors service, a traumatisé encore davantage des gens qui ont déjà connu des expériences dévastatrices - la violence et la persécution dans leur propre pays, un périlleux voyage en mer, puis un séjour de quatre ans à Manus Island, dans des conditions qui s’apparentent à une incarcération.

Tout aussi préjudiciable a été l’interruption de tous les services, y compris les services de soutien aux victimes de torture et de traumatismes. Cette aide est vitale pour les personnes aux besoins aigus.

Selon un rapport médical commandité par le HCR, l'effet cumulatif de l’incertitude quant à l'avenir, de l'absence de solutions durables, de la cessation des services, de conditions de vie et d'hygiène insalubres et de soins médicaux insuffisants pose des risques croissants de détérioration de la santé physique et mentale, de violence et d'automutilation parmi les réfugiés et demandeurs d'asile sur Manus. Le rapport souligne également la pression évidente qui s'exerce sur la communauté d'accueil et les ressources locales, en particulier sur le système de santé et l'hôpital.

Cette semaine, le HCR a réitéré aux autorités australiennes son appel à tous les efforts possibles pour trouver des solutions à long terme pour tous les réfugiés et demandeurs d’asile que le gouvernement australien a transférés de force en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Nauru, et pour qu’elle accepte de façon permanente les réfugiés qui ont déjà été transportés en Australie pour des raisons médicales ou autres.

 

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