Hausse des déplacements forcés en Colombie, malgré la signature de l'accord de paix

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 10 mars 2017 au Palais des Nations à Genève.

Vue du marché de San Jose dans le quartier San Jude à Buenaventura, dans le département de Valle del Cauca en Colombie, août 2014.  © HCR / Juan Arredondo

 

Les violences continuent de déraciner des milliers de Colombiens malgré l'accord de paix signé en novembre dernier entre le Gouvernement colombien et les Forces révolutionnaires armées de Colombie (FARC).

Selon les autorités locales, les combats menés par des groupes armés irréguliers pour le contrôle territorial du littoral colombien sur le Pacifique ont déplacé 3549 personnes (913 familles) depuis le début de 2017. L'an dernier, le HCR a enregistré 11 363 personnes (3068 familles) déracinées par les violences dans cette même région.

Tout en reconnaissant les efforts importants mis en œuvre par le Gouvernement pour consolider la paix et l'engagement des autorités à garantir les droits des victimes, notamment ceux des déplacés internes et des réfugiés, nous sommes gravement préoccupés par l'augmentation des déplacements internes qui touchent plusieurs communautés, en particulier dans les départements de Chocó, Cauca, Valle del Cauca et Nariño sur la côte Pacifique du pays.

Les zones rurales sont particulièrement touchées par la violence, surtout Buenaventura et Bajo Calima, dans le département de Valle del Cauca ; les communautés de Litoral San Juan, Lloró, Alto Baudó et Domingodó dans le département de Chocó ; Timbiquí à Cauca ; ainsi que Santa Barbara de Iscuandé et la communauté rurale d'El Pital (proche de Tumaco) dans le département de Nariño.

Les Afro-Colombiens et les peuples autochtones ont été particulièrement touchés par la violence, ce qui met leur survie en péril. Ces deux groupes ethniques représentent respectivement 10 % et 3 % des 7,4 millions des déplacés internes en Colombie.

Depuis la signature de l'accord de paix, le regain des violences dues à de nouveaux groupes armés a conduit à des meurtres, des recrutements forcés, notamment des enfants, et des violences sexistes, sans compter les difficultés d'accès à l'éducation, à l'eau et aux services d'hygiène, les restrictions de mouvement et les déplacements forcés de civils.

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, rappelle que les civils doivent pouvoir exercer un accès garanti à la protection et l'assistance. Parallèlement, les éventuels retours de déplacés vers leur lieu d'origine doivent se dérouler dans des conditions de sécurité et de dignité.

Le HCR est présent dans la région Pacifique de la Colombie via ses quatre bureaux de terrain et continuera d'apporter son aide aux autorités et aux communautés locales pour se protéger des risques pesant sur leur sécurité, tout en appuyant une réponse institutionnelle globale à la situation.