Le HCR et le PNUD terminent leurs premières évaluations dans le nord de l'Etat de Rakhine, au Myanmar

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 05 octobre 2018 au Palais des Nations à Genève.

Au Myanmar, un groupe d'enfants rohingyas dans le camp de Dar Paing pour personnes déplacées de Sittwe, dans l'État de Rakhine, attendent la visite du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi. Photo d'archives, juillet 2017.

Au Myanmar, un groupe d'enfants rohingyas dans le camp de Dar Paing pour personnes déplacées de Sittwe, dans l'État de Rakhine, attendent la visite du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi. Photo d'archives, juillet 2017.   © HCR/Roger Arnold

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés et le PNUD, l'Agence des Nations Unies pour le développement, ont mené en septembre des évaluations initiales dans 23 villages et trois zones villageoises de l'État de Rakhine, au Myanmar. Après la fuite de plus de 720 000 réfugiés rohingyas au Bangladesh voisin en 2017, cela fait plus d'un an que le HCR n'a pas été en mesure d'intervenir auprès des communautés touchées dans les zones septentrionales de l'État de Rakhine.

Au cours de ces évaluations initiales conduites à Rakhine, le HCR et le PNUD ont noté les efforts déployés par les autorités pour faciliter ces premières étapes, en dépit du peu de lieux visités et du faible champ d’analyse.

Bien qu'elles ne permettent pas de tirer des conclusions plus générales, les visites sur le terrain ont permis au HCR et au PNUD de se faire une première idée des défis auxquels sont confrontées les personnes qui y vivent. Nos équipes ont évalué les besoins immédiats de la collectivité et les priorités de nos actions à court terme. Les évaluations rapides aident également à identifier les initiatives communautaires qui pourraient appuyer les efforts déployés par le Gouvernement pour améliorer la vie de toutes les populations touchées, instaurer la confiance et promouvoir la cohésion sociale entre toutes les communautés.

Ces dernières semaines, les équipes ont observé des effets importants sur l'économie locale et la diminution des moyens de subsistance, ce qui accroît considérablement la vulnérabilité de toutes les communautés qui demeurent à Rakhine.

Les communautés ont également évoqué l'effet cumulatif des restrictions à la liberté de mouvements, qui réduisent encore leur accès aux moyens de subsistance et aux services essentiels. Alors que certains restreignent leurs déplacements à cause d’un sentiment réel ou perçu d'insécurité ou par crainte des communautés voisines, d'autres - en particulier les communautés musulmanes - ne sont pas autorisés à circuler librement. La peur et la méfiance ont un impact sur l'accès à l'éducation, à la santé et à d’autres services essentiels. Tout cela limite également les interactions entre les communautés, ce qui entrave les perspectives de renforcement en matière de confiance et de cohésion sociale. Les communautés où nous nous sommes rendus ont souvent témoigné de difficultés d'accès aux services de santé ainsi que des restrictions imposées à la population musulmane pour accéder à l'éducation.

La méfiance, la peur des communautés voisines et le sentiment d'insécurité sont monnaie courante dans de nombreuses régions. Les communautés vivent souvent dans l'isolement, ce qui réduit les perspectives de contacts, de compréhension mutuelle et de cohésion intercommunautaire. Ceci est notable pour les relations entre la communauté musulmane et les autres communautés.

Les équipes d'évaluation ont également observé que certaines collectivités, en particulier celles qui vivent à proximité les unes des autres, ont maintenu ou repris leurs interactions.

Il est encourageant de constater que la plupart de ceux à qui nous avons parlé ont exprimé leur espoir pour le rétablissement de la paix à Rakhine et qu'un certain nombre d'entre eux se sont déclarés prêts à renforcer ou à rétablir progressivement les relations.  Il sera essentiel d'instaurer la confiance et d'améliorer les conditions dans les communautés restantes pour rapprocher les habitants, atténuer la pauvreté et lutter contre les disparités en matière de santé et d'éducation tout en faisant des progrès tangibles pour lutter contre les causes profondes.

Toutes les communautés visitées ont accueilli favorablement les équipes d'évaluation et étaient impatientes de discuter avec elles de leurs problèmes. Il n'y avait aucun signe d'animosité.

Depuis vendredi matin, les équipes du HCR et du PNUD, titulaires de leurs autorisations de voyage reçues au cours des dernières 24 heures, entament une deuxième phase d'évaluation dans les cantons de Maungdaw, Buthidaung et Rathedaung.

Nous espérons également avoir un accès plus prévisible et plus important ainsi que pouvoir multiplier les évaluations. Des discussions se poursuivent sur les modalités d'un « accès effectif » à toutes les zones de l’Etat de Rakhine qui sont couvertes par le mémorandum d'accord.

Les prochaines étapes cruciales comprendront des visites de suivi à des endroits déjà évalués, afin de continuer à collaborer avec les collectivités ainsi que de faciliter la conception et la mise en œuvre d'initiatives communautaires préétablies.

Le HCR et le PNUD restent attachés à la mise en œuvre du mémorandum d'accord et à soutenir les efforts déployés par le Gouvernement du Myanmar pour trouver des solutions globales et durables à la crise dans l'État de Rakhine. Pour créer les conditions propices au retour volontaire, sûr, digne et durable des réfugiés rohingyas, le leadership du gouvernement du Myanmar est essentiel dans la mise en œuvre de cet accord.

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