Le HCR exhorte la Grèce à améliorer d'urgence les conditions à Samos et Lesbos

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Charlie Yaxley – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 06 novembre 2018 au Palais des Nations à Genève.

Des familles réfugiées au centre de réception et d'identification de Vathy, sur l'île de Samos en Grèce.

Des familles réfugiées au centre de réception et d'identification de Vathy, sur l'île de Samos en Grèce.   © HCR/Markel Redondo

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, appelle de nouveau aujourd'hui les autorités grecques à mettre en œuvre des mesures d’urgence, pour remédier à la situation humanitaire de 11 000 demandeurs d'asile dans les îles de Samos et Lesbos. Dans les centres de réception et d'identification des deux îles, les conditions de vie sont abjectes. A l'approche de l'hiver et du fait de l'arrivée d'un nombre accru de personnes, le temps presse et des mesures d'urgence s'imposent.

Dans les deux centres de réception et d'identification, tous les organismes gouvernementaux qui participent aux programmes d’aide aux réfugiés doivent accorder la priorité aux efforts pour une amélioration drastique des conditions et la réduction des conditions de surpeuplement critique. Il est urgent d'améliorer les conditions d'hébergement et d'accélérer les transferts vers le continent pour les 4 000 personnes qui y ont droit.

Le HCR se félicite des programmes récemment annoncés par le gouvernement concernant 6 000 places d'hébergement supplémentaires sur le continent et le transfert, géré par les autorités, de plus de 6 500 personnes vers le continent.

Cependant, plus de 11 000 personnes sont arrivées sur les îles ces trois derniers mois – et ce chiffre est supérieur aux départs. Nous sommes particulièrement préoccupés par le récent ralentissement des transferts, alors que les nouveaux logements sur le continent sont rares.

Seule une visite des centres de réception et d’identification permet de se rendre compte des conditions abjectes. Dans celui de Vathy sur l’ile de Samos, la situation s'aggrave. Doté d’une capacité initiale d'accueil de 650 personnes, le centre et ses environs accueillent actuellement environ 4 000 personnes - soit six fois la capacité. À tous points de vue, la situation est critique.

Les nouveaux arrivants doivent s’acheter des tentes en mauvais état dans les magasins locaux, qu'ils installent sur une pente raide dans les champs adjacents. Elles offrent très peu de protection contre le froid, et les familles n'ont ni électricité, ni eau courante, ni toilettes. Il y a des serpents dans la région, et les rats pullulent parmi les déchets non collectés.

Beaucoup de demandeurs d'asile arrivent en Grèce dans un état vulnérable, mais même ceux qui se présentent en bonne santé au centre de réception et d'identification tombent malade. Un seul médecin de garde fournit des soins médicaux à l'ensemble de la population et, souvent, seuls les cas les plus urgents sont vus. Les médecins de l'hôpital local sont également débordés.

Un grand nombre de toilettes et de douches sont cassées, ce qui fait que les eaux usées s'écoulent près des tentes habitées, tandis que d’autres personnes utilisent les buissons voisins comme toilettes.

Des demandeurs d'asile vulnérables - dont 200 enfants non accompagnés, plus de 60 femmes enceintes, des handicapés et des survivants de violences sexuelles - sont laissés en danger dans le centre de réception et d’identification car, sur cette île, les autres lieux d'hébergement sont occupés. Pour les enfants non accompagnés, un conteneur, aux fenêtres et aux portes brisées, accueille trois fois plus d'enfants que sa capacité initiale d’accueil, qui est prévue pour six.

Le centre de réception et d’identification de Moria sur l’île de Lesbos accueille toujours environ 6 500 personnes, soit plus de trois fois sa capacité. En dépit de récents transferts vers le continent, près de 2 000 demandeurs d'asile ont trouvé refuge dans une oliveraie voisine. A l’arrivée de l’hiver, ils devront trouver des places au sein du périmètre officiel du centre. Avec un espace aussi restreint, cela risque d'exacerber davantage une situation déjà instable.

La tension et la frustration augmentent, en particulier en ce qui concerne les retards administratifs. Le centre de Moria est devenu une poudrière, et tout retard administratif ou toute détérioration supplémentaire des conditions de vie constitue une menace sérieuse pour la sécurité des personnes qui vivent et travaillent à l'intérieur.

Sur les autres îles, les conditions sont légèrement meilleures. Les centres de réception et d’identification de Chios et de Kos ont presque doublé leurs capacités initiales d’accueil. Seul le centre de Lepida sur l'île de Leros, où vivent un peu plus de 600 personnes, fonctionne dans les limites de ses capacités.

Compte tenu des besoins croissants sur les îles, le HCR continue d'appuyer les transferts jusqu'à la fin 2018 et a déjà aidé 5 300 demandeurs d'asile autorisés par les autorités à se rendre sur le continent depuis début septembre. Le HCR a également acheté 400 conteneurs préfabriqués pour aider à renforcer la capacité d'accueil de la Grèce sur les sites continentaux et a acheminé 19 000 articles de secours pour les îles, tels que des kits d'équipement contre les conditions hivernales, des sacs de couchage, des vêtements d'hiver et des articles d'hygiène. De plus, le HCR augmente le nombre de places disponibles en appartement, de 25 500 en septembre à 27 000 d'ici la fin novembre.

Outre l'appel lancé aux autorités grecques, le HCR exhorte également la Commission européenne et les États membres à poursuivre les efforts en vue d'un soutien d'urgence et de mesures de réinstallation à la demande du gouvernement grec.

Le HCR se tient prêt à continuer de fournir un appui aux autorités, notamment en transférant les personnes éligibles vers le continent et en renforçant leur capacité à répondre aux besoins des demandeurs d'asile et des réfugiés en Grèce.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :