Ebola : prévention et sensibilisation auprès des réfugiés au Libéria

Le HCR concentre ses efforts sur la prévention ciblée et les activités de préparation pour les réfugiés au Libéria et d'autres pays affectés par le virus Ebola

Des volontaires parcourent le camp de réfugiés de Bahn, en faisant du porte-à-porte et conseillant aux habitants de se laver les mains en tant que première mesure de précaution contre le virus Ebola.   © HCR

Camp de réfugiés de Bahn, 23 octobre (HCR) - Une fois ou deux par semaine, un groupe de près de 20 bénévoles parcourt le camp de réfugiés de Bahn, à l'est du Libéria, en chantant et en portant des bannières. Est-ce une troupe de danse ou un groupe de chanteurs ? Non, ils sont porteurs d'un message simple qui peut sauver des vies.

Maison par maison, quartier par quartier, ils frappent aux portes et préviennent les familles : « Lavez-vous les mains. » Ce geste simple peut sauver des vies dans l'un des pays les plus touchés par le virus Ebola. Dans certaines parties du pays, il est difficile de mener des actions de sensibilisation et d'information contre la propagation de la maladie du fait des routes impraticables et de la pénurie de réseaux de communication.

Le Ministère libérien de la Santé a déjà recensé plus de 4 740 cas suspects, probables ou confirmés d'Ebola et plus de 2 700 décès dans ce pays qui compte un peu plus de quatre millions d'habitants. Quelque 38 000 réfugiés ivoiriens vivent au Libéria, la plupart d'entre eux dans des camps comme celui de Bahn dans le comté de Nimba. A ce jour, sept réfugiés ont succombé de cette maladie au Libéria. Tous vivaient hors des camps, en milieu urbain ou rural.

Le HCR avait lancé un programme de rapatriement volontaire pour les réfugiés ivoiriens quand le virus Ebola a frappé le Libéria en mars dernier. La frontière entre le Libéria et la Côte d'Ivoire est désormais fermée. Le HCR a recentré ses efforts sur les activités de prévention et de préparation ciblées auprès des réfugiés dans les pays touchés par le virus Ebola.

Ces activités visent notamment à vérifier que les réfugiés sont bien inclus dans les plans nationaux d'intervention et que, par ailleurs, les activités impliquant des réfugiés se font en coordination avec les partenaires et les autorités locales. Ceci inclue notamment la mobilisation sociale et les campagnes communautaires de sensibilisation pour aider à réduire le risque d'épidémie.

Les partenaires du HCR comme Care International ont mené de nombreuses activités de sensibilisation et de prévention contre le virus Ebola à Bahn et dans deux autres camps de réfugiés dans l'est du Libéria, où résident près de 75% des réfugiés.

Des kits d'hygiène, comprenant des seaux, du chlore et du savon, ont été fournis dans chaque maison de réfugiés et les habitants ont été sensibilisés sur la façon de les utiliser. Le lavage des mains est une condition préalable pour entrer dans l'un des camps et des thermomètres sont utilisés pour déceler les premiers symptômes. Toute personne ayant une température élevée est interdite d'entrée et orientée vers un centre de soins communautaires.

Les patients présentant des symptômes d'Ebola sont mis en quarantaine pour observation et pour traitement de leurs symptômes dans ces dispensaires en attendant un diagnostic. Au Libéria, tous les camps de réfugiés ont développé des centres de soins communautaires, avec une attention stricte sur les pratiques d'hygiène et d'assainissement, sous l'oeil vigilant du HCR et de son partenaire dans le domaine des soins de santé, Medical Teams International. Les patients dans les centres sont séparés les uns des autres et le personnel de santé porte des vêtements de protection.

Les patients qui sont classés comme étant des cas suspects ou probables d'Ebola sont transférés par ambulance vers l'un des centres de traitement du pays contre le virus Ebola. Ces centres sont en nombre croissant. Les personnes exemptes du virus sont orientées vers le dispensaire du camp de réfugiés pour un suivi.

Selon le Représentant du HCR au Libéria Khassim Diagne, bien que l'incidence du virus Ebola dans l'est du Libéria soit relativement faible par rapport à Monrovia, la vigilance est toutefois nécessaire pour que l'épidémie ne touche pas les habitants des camps. Les comtés de Grand Gedeh et de Maryland, dans lesquels se situent les camps de réfugiés, n'ont pas enregistré de nombreux cas d'Ebola. Toutefois, le virus est en passe de devenir une menace plus grave dans le comté de Nimba, qui comptait 265 cas suspects, probables et confirmés à la mi-octobre.

« Cette période sensible au Libéria nécessite des mesures extraordinaires », a déclaré Khassim Diagne. « Jusqu'à la reprise du rapatriement volontaire, le HCR a besoin, en travaillant conjointement avec ses partenaires, d'assurer que les réfugiés sont en sécurité et en bonne santé », a-t-il ajouté.

Le HCR apporte un appui au Gouvernement libérien dans sa réponse, et ce tout spécialement dans les zones accueillant des réfugiés ivoiriens. Le HCR a fourni un soutien financier et des véhicules ainsi que des médicaments et des fournitures médicales pour les hôpitaux dans les comtés de Nimba, Grand Gedeh et Maryland.

Le HCR a également aidé plus de 500 réfugiés vivant à Monrovia. Des messages de prévention contre le virus Ebola sont largement diffusés dans la capitale. Toutefois, ils sont majoritairement en anglais. De ce fait, les messages pourraient ne pas être compris par la communauté des réfugiés ivoiriens qui parlent français.

En réponse, le partenaire d'exécution du HCR Special Emergency Activity to Renew Children's Hope a assuré des formations sur le virus Ebola en langue française auprès des réfugiés en milieu urbain. Il leur a été demandé de faire circuler l'information parmi d'autres réfugiés et d'orienter les cas suspects vers les centres de santé publics ou les dispensaires gérés par Médecins Sans Frontières.

Par Carol Rowe au camp de réfugiés de Bahn, Libéria