Ile de Manus : Le HCR exhorte l'Australie à mettre un terme à la situation d'urgence humanitaire

Le "Centre régional de traitement des demandes d'asile" sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.   © HCR

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, réitère aujourd'hui son appel à l'Australie pour mettre un terme à une situation d'urgence humanitaire sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Le HCR suit de près la situation sur l'île de Manus en prévision de la fermeture du « Centre régional de traitement des demandes d’asile » et de la réduction ou de la cessation des services essentiels et des dispositifs de protection sociale. Deux membres du personnel sont actuellement sur place et ont pu suivre le processus de clôture. Voici un bref résumé des conclusions du HCR au 2 novembre 2017.

Plus de 600 personnes demeurent actuellement au « Centre régional de traitement des demandes d’asile » situé sur l'île de Manus. Malgré la coupure d'eau et d'électricité le 31 octobre, la plupart d'entre eux ont fait part au HCR de leur intention de rester en raison de craintes pour leur sécurité s'ils sont contraints de sortir du centre.

Les réfugiés et les demandeurs d'asile ont eu recours au stockage de l'eau dans des poubelles et à la construction de systèmes de fortune pour la collecte des eaux de pluie. La toute dernière ration alimentaire a été livrée le 29 octobre et n'a suffi que pour moins de deux jours. Avec le départ des prestataires de services et de la Force frontalière australienne, les services d'appui médical et de sécurité ne sont plus disponibles au « Centre régional de traitement des demandes d’asile ».

Si les 600 personnes partaient toutes immédiatement, beaucoup d'entre elles ne trouveraient pas de logement décent ailleurs. Le centre de transit régional d'East Lorengau n'était destiné qu'à l’hébergement temporaire et sa capacité est limitée. Il n'y a pas de clôture de sécurité à 'West Lorengau Haus' ou 'Hillside Haus' dans le quartier 1 de Lorengau. Le 30 octobre, le HCR a observé que la construction de "West Lorengau Haus" était incomplète. Les conteneurs sont entourés de boue et ne sont pas encore équipés de l’électricité ou de distribution d'eau. La construction est ralentie par la pluie.

Le HCR a rencontré les autorités gouvernementales, y compris la police et le Service de l'immigration et de la citoyenneté, qui ont noté la hausse des tensions au sein de la communauté locale, notamment en raison du manque de consultation avant la sortie des réfugiés et des demandeurs d'asile hors du « Centre régional de traitement des demandes d'asile ». Le personnel du HCR s’est entretenu avec les dirigeants de la communauté locale et des propriétaires fonciers qui qualifient « d’inappropriée » l'installation des réfugiés et des demandeurs d'asile dans la communauté.

Les dispositifs de protection sociale, y compris l’aide psychologique pour les victimes de traumatismes et de torture, sont actuellement insuffisants pour les réfugiés et les demandeurs d'asile sur l'île de Manus. Seuls quatre travailleurs sociaux de l'Immigration and Citizenship Service Authority assurent l’aide psychologique pour une population de plus de 700 réfugiés et demandeurs d'asile.

Le HCR exhorte le Gouvernement australien à travailler avec les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée pour désamorcer immédiatement une situation de plus en plus tendue et instable. L'Australie reste responsable du bien-être de toutes les personnes qui avaient été transférées en Papouasie-Nouvelle-Guinée jusqu'à ce que des solutions durables et appropriées leur soient trouvées hors du pays. Le HCR exhorte l'Australie à prendre ses responsabilités et à assurer la protection et la sécurité de ces êtres humains vulnérables.

 

Contact médias :

  • A Canberra, Catherine Stubberfield, +61 424 545 569, stubberf@unhcr.org