Au sixième anniversaire du conflit en Syrie, le chef du HCR Filippo Grandi appelle à ne pas oublier ceux qui sont le plus impactés par cette calamité.

Syrie: Déclaration du chef du HCR Filippo Grandi

En ce sixième anniversaire du conflit en Syrie, nous ne devons pas oublier ceux qui sont le plus impactés par cette calamité : les 4,9 millions de réfugiés, les 6,3 millions de déplacés internes et des millions d'autres en Syrie qui vivent quotidiennement dans la terreur de la guerre et l'inhumanité qu'elle laisse dans son sillage.

 

La Syrie est à la croisée des chemins. Si des mesures radicales ne sont pas engagées pour consolider la paix et la sécurité en Syrie, la situation ne fera que s’aggraver. 

Le traumatisme causé par la guerre en Syrie s’étend bien au-delà de ses frontières. L'exode de Syriens et ce conflit que rien ne semble devoir arrêter ont contribué au climat d'anxiété que nous constatons aujourd'hui dans bien des pays. Comme j'ai eu souvent l'occasion de le dire, quand on ne résout pas les problèmes, ils reviennent à vous.

À l'occasion d'une récente visite en Syrie, je me suis rendu compte par moi-même comment cette guerre a brisé les gens, notamment les enfants. Aujourd'hui, même les infrastructures de base sont en ruine. Les centres de santé, les écoles, et la distribution d'eau et d'électricité sont irréguliers ou contrôlés par les parties au conflit à leurs propres fins.

Tout cela est important car les enfants représentent la moitié de la population et un tiers d'entre eux sont nés après le début du conflit. La guerre en Syrie dure maintenant depuis plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale en Europe. C'est inadmissible. Les enfants syriens, qu’ils vivent dans le pays ou dans des communautés de réfugiés à l'étranger, sont l'avenir du pays, l'une de ses rares sources d'espoir.

Le HCR vient en aide aux réfugiés syriens et à ceux qui les accueillent. Nous devons aussi planifier l’avenir quand les réfugiés pourraient rentrer chez eux en toute sécurité. La détermination de la communauté internationale en faveur du vaste effort conjoint d’aide humanitaire et de développement ne doit pas fléchir, que ce soit aujourd'hui ou dans l'avenir.