Commentaire sur l'actualité : les tout derniers naufrages en mer Méditerranée

Des employés du HCR attendent au port d'Augusta en Sicile que soient débarqués des réfugiés retrouvés à la dérive en mer Méditerranée. Mai 2016.   © UNHCR/C. Sami

Le HCR est vivement préoccupé par les toutes dernières informations faisant état de décès en mer Méditerranée ce week-end.

Selon les garde-côtes italiens, huit corps sans vie ont déjà été retrouvés et au moins 52 personnes sont portées disparues après deux tragédies survenues samedi au large des côtes libyennes et concernant un grand nombre de personnes à bord de canots pneumatiques impropres à la navigation. 

Plus de 2500 personnes ont été secourues lors d’une douzaine d’opérations de recherche et sauvetage coordonnées par les garde-côtes italiens samedi et dimanche. Ces personnes devraient être débarquées dans plusieurs ports italiens dans les prochains jours. Il faut également développer un meilleur partage de la responsabilité au niveau régional pour les débarquements qui ne devraient pas s’effectuer seulement en Italie.

Le HCR se félicite des efforts de sauvetage mis en œuvre par les gouvernements européens, les garde-côtes et les ONG mais il est également profondément attristé que le bilan ne cesse de s’alourdir. Plus de 1770 personnes auraient déjà trouvé la mort ou seraient portées disparues depuis le début de l’année 2017, lors de leur tentative de traversée de la Méditerranée et c’est seulement le début de la saison favorable pour la navigation. Davantage encore auraient trouvé la mort dans le Sahara avant leur arrivée en Libye.

Sauver des vies humaines doit demeurer la priorité absolue pour tous, et il faut accroître les efforts de secours tout au long de cet itinéraire qui demeure meurtrier.

Les flux mixtes de populations via l’est et l’ouest de l’Afrique vers le Soudan, le Niger et la Libye continuent sans retenue et les réseaux de passeurs sans scrupules prospèrent.

Nous avons d’urgence besoin d’efforts renouvelés afin de trouver des solutions différentes pour les réfugiés et les migrants dans les pays qu’ils traversent avant d’arriver en Libye, étant donné l’insécurité dans ce pays et la vulnérabilité des personnes en mouvement à l’exploitation et à des sévices effroyables. Parallèlement, il faut mettre en œuvre de nouvelles mesures sur les deux rives de la Méditerranée centrale pour réprimer la traite d’êtres humains.

Le HCR réitère également le besoin de développer des voies légales crédibles, afin de faire cesser ces voyages dangereux. Pour les personnes ayant besoin de protection internationale, les alternatives comprennent le regroupement familial, la réinstallation, les bourses d’études et le parrainage privé.

Il faut également redoubler d’efforts pour répondre aux causes profondes poussant les personnes à rejoindre la Libye, y compris par la résolution des conflits et la réduction de la pauvreté.

 

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