Le HCR lance un appel de fonds supplémentaire pour la situation au Nigéria

Magdalena, 35 ans, une rapatriée nigériane, avec son fils de deux semaines, Musa. Elle était rentrée au Nigéria depuis le Cameroun à la mi-mai 2017.   © HCR / Rahima Gambo

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, lance un appel de fonds supplémentaire pour un montant additionnel de 9,5 millions de dollars afin d’intensifier ses activités au nord-est du Nigéria, en raison d'une hausse subite des retours spontanés de réfugiés nigérians depuis le début de l'année, principalement en provenance du Cameroun.

« Il s'agit d'une nouvelle situation d’urgence, nécessitant une attention urgente. Beaucoup parmi ces rapatriés ne peuvent pas retourner chez eux à cause des problèmes de sécurité et ils finissent par être déplacés de nouveau, et ce dans des conditions humanitaires déplorables. Même si le HCR n’encourage ni ne facilite ces retours, nous devons faire notre possible pour aider ces personnes vulnérables », a déclaré Volker Türk, Haut Commissaire assistant du HCR en charge de la protection.

De nombreux rapatriés vivent dans des camps et des installations de déplacés dans le dénuement et des conditions de surpeuplement. La situation est particulièrement difficile dans la ville de Banki, au nord-est du Nigéria, où beaucoup sont forcés de vivre en plein air, avec un accès limité à l'eau potable, aux vivres et aux médicaments.

« Lors de ma récente visite dans la région, j'ai été non seulement consterné par l'ampleur des besoins humanitaires, mais aussi profondément choqué par l’ampleur des traumatismes, de la division sociale et de la méfiance », a déclaré Volker Türk, qui s’est rendu au Nigéria et au Cameroun ces trois dernières semaines.

« Nous exhortons la communauté internationale à accorder davantage d'attention à cette situation humanitaire et de sécurité hautement complexe et délicate », a déclaré le haut responsable du HCR.

Alors que les vulnérabilités s’accroissent, le financement s’avère, malheureusement, insuffisant au regard des besoins. Le HCR a déjà reçu des contributions à hauteur de 41,1 millions de dollars de la part des donateurs sur un montant total nécessaire de 179,5 millions de dollars en 2017 pour le Nigéria, le Cameroun, le Niger et le Tchad.

« Le financement actuel de l’aide humanitaire n’est pas à la hauteur de la généreuse hospitalité assurée par les gouvernements et les communautés d'accueil », a déclaré Valentin Tapsoba, Directeur du Bureau régional du HCR pour l'Afrique, lors d'un briefing aux donateurs sur la situation au Nigéria le 24 juillet 2017.

Ce financement supplémentaire permettrait au HCR d'accroître sa présence dans les sites frontaliers et d'améliorer le suivi aux frontières et en matière de protection. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés prévoit également d'agrandir les installations d'accueil et de lancer des campagnes d'information d’envergure afin d'assurer que les réfugiés nigérians dans l’Extrême-Nord du Cameroun disposent d'informations précises et actualisées sur la situation prévalant dans les régions de retour au Nigéria.

« Lors de mes récentes discussions avec les deux Gouvernements, j'ai également souligné la nécessité de mettre en œuvre un mécanisme pour résoudre les préoccupations légitimes des réfugiés en termes de sécurité et des besoins en matière de protection », a-t-il ajouté. « J'ai reçu l’assurance que des mesures avaient été prises pour mettre fin aux retours forcés, un problème qui préoccupait vivement le HCR », a déclaré Volker Türk.

« La première réunion de la Commission tripartite qui devrait avoir lieu début août sera une avancée positive », a-t-il indiqué. Cette Commission avait été créée après la signature, en mars dernier, d'un accord tripartite entre le HCR, le Nigéria et le Cameroun sur le rapatriement librement consenti des réfugiés nigérians, lorsque les conditions seront propices.

Entre janvier et juin 2017, près de 135 000 réfugiés sont rentrés au Nigéria, principalement des femmes et des enfants. La majorité d’entre eux ont quitté les installations de réfugiés de Minawao et Kolofata, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Le HCR fait son possible pour répondre aux besoins de plus de 2,5 millions de personnes qui sont devenues des réfugiés, des déplacés internes ou des rapatriés dans la région du lac Tchad suite au conflit armé.

 

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