Le HCR se félicite de la décision pour les passagers de l'Aquarius ; souligne la nécessité d'une approche plus prévisible pour les débarquements

Le navire Aquarius dans le port de Valence, en Espagne, le mois dernier.

Le navire Aquarius dans le port de Valence, en Espagne, le mois dernier.   © HCR / Markel Redondo

Le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, se félicite de la décision prise hier par le gouvernement maltais d'autoriser le débarquement des 141 demandeurs d'asile et migrants secourus en Méditerranée centrale par l’Aquarius, un bateau ONG. Nous félicitons également les pays européens qui ont offert des lieux de relocalisation après le débarquement de ces passagers secourus, ce qui démontre les avantages d'une approche collaborative.

Néanmoins, la situation de l'Aquarius - et en particulier l'impasse de ces derniers jours – a de nouveau mis en évidence la nécessité d'un arrangement au niveau régional pour les pays méditerranéens, qui apporte clarté et prévisibilité sur les ports où les bateaux transportant des passagers secourus peuvent accoster. C’est essentiel si on veut éviter de nouvelles situations de ce type.

« Le HCR se félicite de la fin de l'impasse concernant l’Aquarius et du fait que 141 enfants, femmes et hommes ne sont plus bloqués en mer », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. « Toutefois cette situation n'aurait jamais dû en arriver à ce point. Il est faux, dangereux et immoral de continuer à faire errer des navires de sauvetage en Méditerranée, alors que les gouvernements se font concurrence pour se décharger de leurs responsabilités. »

Le HCR a exhorté plusieurs fois à une approche régionale concernant les opérations de sauvetage et de débarquement en Méditerranée, et a formulé des propositions à cet effet dans une note conceptuelle datée du 27 juin et publiée conjointement avec l'Agence des Nations Unies pour les migrations, l'OIM.

« Il est urgent de sortir de l'impasse actuelle et des approches ‘bateau par bateau’ pour savoir où débarquer les passagers secourus », a déclaré Filippo Grandi. « Ce n'est qu'avec des ports sûrs clairement identifiables que les capitaines se sentiront en confiance lorsqu'ils répondent aux appels de détresse et qu'ils pourront débarquer rapidement les passagers et ne deviendront pas l’objet de longues négociations. »

Parallèlement, le HCR appelle les capitaines à poursuivre leurs efforts en appui des opérations de sauvetage en mer. Sans la mise en œuvre de ce principe vital et fondamental du droit de la mer, des vies humaines seront perdues. Bien que le nombre de personnes traversant la Méditerranée soit aujourd'hui bien plus faible que ces dernières années, le nombre de personnes qui périssent ou disparaissent demeure élevé. Cette année, plus de 1500 personnes ont déjà trouvé la mort par noyade ou sont portées disparues en Méditerranée. Sur l’itinéraire de la Méditerranée centrale tout particulièrement, le taux de pertes de vies humaines a triplé et s'élève aujourd'hui à un décès pour 17 personnes qui tentent de traverser, contre un sur 43 durant la même période en 2017.

 

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