L'expulsion de Lao Hmong hors de Thaïlande est suspendue

La Thaïlande a suspendu l'expulsion de 153 réfugiés lao hmong, après qu'un groupe d'hommes réfugiés ait refusé de quitter le centre de détention et après que les offres répétées de réinstallation reçues de pays tiers aient été prises en compte.

Un camp en Thaïlande qui abritait précédemment des Lao Hmong. L'UNHCR a fait part de son soulagement suite à la décision, par la Thaïlande, de suspendre l'expulsion de 153 réfugiés lao hmong.  © HCR/J.Pagonis

BANGKOK, Thaïlande, 30 janvier (UNHCR) - La Thaïlande a suspendu, mardi, l'expulsion de 153 réfugiés lao hmong, après qu'un groupe d'hommes réfugiés ait refusé de quitter le centre de détention et après que les offres répétées de réinstallation reçues de pays tiers aient été prises en compte.

« Nous sommes soulagés que l'expulsion soit suspendue, après les moments extrêmement inquiétants vécus aujourd'hui », a déclaré Janet Lim, la directrice du Bureau de l'UNHCR pour l'Asie, depuis Genève. « Ces réfugiés ne devraient, sous aucune circonstance, être renvoyés de force vers le Laos. Nous continuerons à travailler avec des pays tiers pour leur réinstallation. »

Les autorités du centre de détention de Nong Khai, dans le nord-est de la Thaïlande, ont tenté de déplacer les 153 réfugiés - parmi lesquels figurait un nouveau né - et de les faire monter dans des bus pour organiser leur expulsion.

Beaucoup de femmes et d'enfants sont montés à bord de ces bus mais 54 hommes réfugiés se sont barricadés dans le centre de détention pour migrants de Nong Khai et ont résisté à toutes les tentatives pour les faire sortir. D'après les informations reçues par l'UNHCR, un groupe d'une vingtaine d'enfants se trouvait avec eux.

Plus tard dans l'après-midi, et après un moment de vive tension, les réfugiés qui se trouvaient dans les bus ont pu en redescendre. Des ambulances, prévues pour assurer le transport deux Lao Hmong malades lors de leur expulsion, attendaient près du pont surmontant le fleuve Mékong et servant de frontière entre la Thaïlande et le Laos. Elles sont finalement rentrées à l'hôpital avec leurs malades.

« Si cette expulsion avait eu lieu, la Thaïlande aurait, pour la toute première fois, refoulé [rapatrié de force] des réfugiés individuellement reconnus dans le cadre du mandat de l'UNHCR et cela aurait constitué une violation grave du droit humanitaire international », a ajouté Janet Lim.

A maintes reprises, l'UNHCR a proposé au Gouvernement thaïlandais de l'aider à trouver des solutions alternatives pour le groupe de Lao Hmong gardé en détention. En outre, l'agence travaille en étroite collaboration avec des pays tiers pour trouver des possibilités de réinstallation.

Le groupe avait été rassemblé et arrêté à Bangkok à la mi-novembre 2006. Il est gardé, depuis le 7 décembre, dans le centre de détention de Nong Khai, une ville très active située le long de la rivière Mékong.

L'UNHCR s'inquiète sérieusement pour la sécurité des personnes renvoyées de force au Laos, des personnes auxquelles l'agence n'a pas accès. L'UNHCR est toujours préoccupé par le sort de 26 enfants lao hmong - séparés de leurs parents - qui ont été expulsés de Thaïlande vers le Laos en décembre 2005. Malgré les efforts déployés par l'UNHCR et le Gouvernement thaïlandais pour savoir ce qui est arrivé à ces enfants, leur trace a été perdue.

La tentative d'expulsion des réfugiés survenue mardi, ainsi que le retour forcé de 16 demandeurs d'asile lao hmong la semaine dernière - dont les cas n'avaient pas été examinés afin d'établir s'ils avaient besoin de protection - montrent bien la situation vulnérable dans laquelle se trouvent les quelque 7 000 Lao Hmong vivant, depuis juillet 2005 dans des camps de fortune près du village de Huay Nam Khao, dans la province de Phetchabun.

L'UNHCR n'a pas accès à ce groupe mixte, mais a régulièrement préconisé à la Thaïlande de mettre en place un système qui garantisse que chaque personne de ce groupe ayant des problèmes de protection puisse bénéficier d'un examen de son statut, selon les critères internationaux. L'UNHCR est prêt à aider les autorités thaïlandaises de toutes les manières appropriées afin de gérer cette situation.