Des centaines de Berbères libyens fuient les montagnes de l'ouest et rejoignent la Tunisie

Plus de 500 Libyens, pour la plupart des Berbères, fuient le conflit dans la région montagneuse de l'ouest libyen et rejoignent Dehiba, au sud de la Tunisie.

Des personnes se trouvant à la frontière entre la Libye et l'Egypte ont fait état au personnel du HCR d'un déplacement de population dans l'est de la Libye, comme ces personnes ayant trouvé refuge non loin de la ville d'Ajdabiyya.  © HCR / P. Moore

GENÈVE, 12 avril (HCR) - Le HCR a indiqué mardi que plus de 500 Libyens, pour la plupart des Berbères, ont fui le conflit sévissant dans la région montagneuse de l'ouest libyen et ont trouvé refuge dans la région de Dehiba au sud de la Tunisie, à environ 200 kilomètres au sud du point de passage frontière de Ras Adjir, depuis la semaine dernière.

« Ils nous ont expliqué que la flambée de violences commises par les forces gouvernementales dans les villes de la région des montagnes de l'ouest, la pénurie de médicaments et de vivres les ont décidés à partir », a indiqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève.

Andrej Mahecic a indiqué que ce groupe est principalement composé de Berbères, ayant des ressources très limitées et « grandement besoin d'aide humanitaire ». Les autorités locales tunisiennes ont alloué un terrain de sports dans la ville de Remada, à environ 45 kilomètres de la frontière, où le HCR a établi un camp comptant déjà 130 tentes.

« L'électricité et l'eau sont désormais accessibles et d'autres services sont en cours d'installation. Le HCR travaille avec un partenaire local Al Taawon et le Croissant-Rouge tunisien pour fournir rapidement de l'aide », a indiqué le porte-parole.

La communauté locale en Tunisie a offert une assistance considérable, ouvrant ses portes à des centaines de familles libyennes. Des auberges de jeunesse à Dehiba et Tataouine plus à l'ouest sont également utilisées pour héberger des familles. Une école située non loin du camp à Remada a offert de scolariser les élèves libyens.

Parallèlement, des membres du personnel du HCR se sont entretenus avec des personnes traversant vers l'Egypte sur le déplacement vers l'est de la Libye entre Ajdabiyya and Tobruk, avec des milliers de familles qui se trouvent désormais à Benghazi et Tobrouk. « Alors qu'un grand nombre d'entre elles sont hébergées par des familles de la communauté locale, un petit groupe a trouvé refuge dans des écoles et des bâtiments vides. Ces personnes nous disent qu'elles craignent d'être bloquées à Ajdabiyya si les forces gouvernementales l'emportaient », a indiqué Andrej Mahecic.

Environ 1 200 familles déplacées se trouvent dans la ville même de Tobrouk où des biens de secours du HCR - principalement des couvertures et des matelas - sont distribués par notre partenaire, le Croissant-Rouge libyen.

Des personnes continuent de fuir la Libye par la mer vers l'Italie et Malte. Ce matin, les forces armées maltaises ont porté secours à un bateau transportant 116 personnes - dont une femme qui était décédée, selon les médias. Plus de 1100 personnes sont arrivées à Malte depuis la Libye à bord de cinq bateaux depuis le 26 mars. Parallèlement, en Italie, trois bateaux transportant 1 008 personnes sont arrivés sur l'île de Lampedusa depuis la Libye ce week-end, principalement des Somaliens et des Nigériens. Depuis le 26 mars, 3 358 personnes ont rejoint le sud de l'Italie depuis la côte libyenne.

Près de 500 000 personnes ont fui la violence via les frontières terrestres en Libye depuis la mi-février, y compris près de 200 000 vers l'Egypte, environ 236 000 vers la Tunisie, environ 36 000 vers le Niger, quelque 14 000 vers l'Algérie, 6 200 vers le Tchad et 2 800 vers le Soudan.

Dimanche dernier, le 10 avril, environ 3 900 personnes ont traversé le point de passage frontière de Sallum vers l'Egypte, parmi lesquelles 3 000 sont des Libyens. « C'est le double du nombre moyen des Libyens ayant traversé chaque jour la frontière ces dernières semaines », a noté Andrej Mahecic, ajoutant : « Le même jour, 2 992 personnes ont traversé la frontière à Ras Adjir vers la Tunisie, y compris 2 173 Libyens. » Ces statistiques incluent les Libyens qui voyagent pour leur travail.