50 000 civils ont fui la Somalie début 2011, le double par rapport à 2010

Le Kenya a accueilli la majorité des nouveaux arrivants, au nombre de 31 400. Toutefois le HCR a observé une augmentation spectaculaire des Somaliens (12 200) rejoignant l'Ethiopie.

La majorité des réfugiés rejoignent le Kenya. Sur cette image, les Somaliens attendent d'être enregistrés dans un camp à Dadaab.   © HCR/R.Gangale

GENÈVE, 29 avril (HCR) - Le HCR a indiqué vendredi qu'un nombre toujours plus important de Somaliens est contraint à se déplacer dans un contexte de dégradation de la situation de sécurité. Entre janvier et mars de cette année, presque 50 000 nouveaux réfugiés somaliens ont été enregistrés dans les pays voisins. Par comparaison, quelque 23 000 personnes avaient fui au cours de ce même trimestre en 2010.

« Le HCR s'inquiète vivement de la dégradation constante de la situation en Somalie », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève. « C'est encore le Kenya qui a accueilli le plus grand nombre d'arrivants - plus de 31 400. Ils ont presque tous été enregistrés par les autorités kényennes et le HCR dans le camp de Dadaab - environ 10 000 par mois », a-t-elle ajouté.

Le HCR a également observé en Ethiopie une forte augmentation d'arrivants somaliens. « Nous avons enregistré plus de 12 200 Somaliens venant essentiellement du couloir de Dolo Ado », a indiqué Melissa Fleming, ajoutant que le HCR y gère deux camps de réfugiés qui vont atteindre bientôt leur capacité d'accueil maximale.

La plupart de ces réfugiés venaient des régions de Bay et de Bakol au sud et au centre de la Somalie - deux des principales zones de conflit dans le pays. Les arrivants témoignent tous d'une situation délétère à l'intérieur du pays, caractérisée par un déchaînement de violences et de violations des droits humains. Les réfugiés somaliens ont informé nos équipes d'un enrôlement forcé de la part de certaines parties au conflit ainsi que d'une sécheresse dramatique.

La situation tragique en Somalie ne laisse guère d'autre option pour beaucoup de personnes, que celle de tenter la traversée du golfe d'Aden ou de la mer Rouge. Malgré les risques encourus, l'agitation populaire et la dégradation de la situation au Yémen, plus de 22 000 réfugiés et migrants en provenance de la corne de l'Afrique sont arrivés sur les côtes yéménites au cours du premier trimestre de 2011.

Ce chiffre représente plus du double des arrivées enregistrées au cours du premier trimestre de 2010, soit 9 400 personnes et dépasse le chiffre record du début de 2009 lorsque 17 000 réfugiés et migrants ont traversé le golfe d'Aden et la mer Rouge.

Comme en 2010, la population somalienne ne représente qu'un quart des arrivées au Yémen, bien que leur nombre ait doublé par rapport au premier trimestre de 2010 (passant de 3 200 en 2010 à 6 000 en 2011). Les migrants éthiopiens, dont le nombre a pratiquement triplé (17 000 en 2011) représente toujours 75% du nombre total des personnes ayant effectué la traversée.

« Certains des nouveaux arrivants nous ont dit qu'ils n'étaient pas au courant du soulèvement politique et social au Yémen, mais bon nombre de ceux qui viennent de Somalie ont déclaré qu'ils n'avaient d'autre option que celle de fuir. Pour ces réfugiés somaliens, la situation est au Yémen est comparativement plus sûre que celle qui prévaut chez eux », a indiqué Melissa Fleming à Genève.

La Somalie reste l'un des pays générant le nombre le plus important de réfugiés et de déplacés internes dans le monde. Environ 1,4 million de Somaliens sont déplacés dans le pays, alors que 680 000 Somaliens sont réfugiés dans les pays voisins.