Urgence Rohingya

Les réfugiés rohingyas fuient la violence au Myanmar à un rythme effréné, et leur nombre ne cesse d'augmenter

Ils fuient à pied et marchent pendant des journées entières à travers la jungle et au-delà des montagnes ou ils entreprennent des traversées périlleuses du golfe de Bengale. Ils arrivent épuisés, affamés et malades, et ont besoin de protection internationale et d'assistance humanitaire.

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582 000

c'est l'estimation du nombre de réfugiés rohingyas ayant fui au Bangladesh depuis le 25 août 2017


Chiffre annoncé par l'ONU au 6 octobre 2017

Plus de 500 000 réfugiés rohingyas ont fui les violences au Myanmar. Suivez la crise ici.

Les Rohingyas sont une minorité musulmane apatride du Myanmar. Le tout dernier exode a commencé le 25 août 2017, lorsque des violences ont éclaté dans l'Etat de Rakhine au Myanmar. La grande majorité des réfugiés rohingyas qui arrivent au Bangladesh sont des femmes et des enfants, dont des nouveau-nés. Beaucoup d’autres sont des personnes âgées qui ont besoin d'une aide supplémentaire et de protection. Ils n’ont rien et ont besoin de tout.

Plus de la moitié des nouveaux arrivants ont trouvé refuge dans et autour des camps de réfugiés de Kutupalong et Nayapara, ainsi que dans des sites de fortune qui existaient avant cet afflux. Certains ont rejoint des proches qui s’y trouvaient déjà, tandis que d’autres dépendent de l’assistance et des services – ce qui crée une pression énorme sur les installations existantes.

« Ils ont brûlé notre maison et nous ont forcés à partir en nous tirant dessus. On a mis trois jours à traverser la jungle à pied. »

–Mohammed, qui a fui au Bangladesh avec les 7 membres de sa famille, dont un bébé né en chemin

De nouvelles installations spontanées ont poussé du jour au lendemain, suscitant des préoccupations en termes d’abris adéquats, d’eau et d’assainissement. De nombreux réfugiés vivent toujours dans des abris temporaires, souvent une simple bâche soutenue par des tiges de bambou. Les infrastructures et les services sont submergés. Les villages locaux accueillent également de nouveaux arrivants, en puisant dans leurs ressources déjà limitées.

La situation demeure précaire, compte tenu des nouvelles arrivées quotidiennes. De nombreux réfugiés racontent des histoires horribles d’une violence extrême, certains montrant les blessures et les traumatismes qu’ils ont subis avant de fuir. Ils affirment que beaucoup d’autres familles sont en fuite et tentent de se mettre en sécurité au Bangladesh. L’arrivée quotidienne de nouveaux réfugiés crée un besoin aigu d’abris d’urgence, de couvertures et d’autres formes d’aide. Pour réduire le risque de maladies transmises par l’eau et l’air, les réfugiés et les communautés d’accueil ont d’urgence besoin d’eau saine, de soins de santé et d’autres fournitures. Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables.

Que fait le HCR pour aider ?

Il s’agit de l’urgence réfugiés qui évolue le plus rapidement dans le monde actuellement. Nous coopérons avec le gouvernement bangladais et nos partenaires afin de répondre aux énormes besoins humanitaires.

Mi-octobre, le HCR avait acheminé par avion vers le Bangladesh quelque 700 tonnes d’aide de première nécessité, notamment des tentes, des bâches en plastique, des couvertures, des moustiquaires, des panoplies de cuisine et des bidons. D’autres vols humanitaires sont prévus.

Avec nos partenaires, nous aidons également le gouvernement à installer l’annexe de Kutupalong (« Kutupalong Extension »), un nouveau site à proximité du camp de réfugiés de Kutupalong. Notre aide comprend le financement d’une route pour faciliter la construction et l’accès, le soutien à la planification du site, la construction de latrines et de puits, l’amélioration des infrastructures pour l’eau et l’assainissement et la distribution de matériaux pour les abris.

Pour contrer les problèmes de santé comme la diarrhée aqueuse aiguë, nous allons construire 8 000 latrines au total pour les réfugiés. Le HCR et ses partenaires ont déjà installé près de 500 latrines, 51 puits tubulaires peu profonds et 8 puits tubulaires profonds pour assurer l’accès à l’eau potable. Nous soutenons également le programme gouvernemental de vaccination contre le choléra, qui a démarré le 10 octobre, en collaboration avec l’UNICEF et l’OMS.

En collaboration avec la Commission bangladaise chargée de l’aide et du rapatriement des réfugiés (RRRC), nous effectuons le comptage des familles dans les annexes des camps de Kutupalong et Balukhali. Les données collectées sur les profils familiaux et les vulnérabilités aideront à améliorer la distribution de l’aide et à planifier des solutions futures.

Sous la direction du HCR, le groupe protection renforce ses activités dans tous les sites qui accueillent des réfugiés. Le groupe est en train de mettre au point un système pour orienter et offrir des espaces sûrs aux victimes de violence basée sur le genre. Il déploie également des efforts pour identifier et orienter les enfants en danger pour qu’ils bénéficient d’un soutien adéquat.

Nos équipes restent en état d’alerte maximale alors que des informations font état d’un nouvel afflux potentiel de réfugiés par voie terrestre et maritime. Le HCR et ses partenaires soutiennent le gouvernement pour pré-positionner et distribuer une assistance aux nouveaux arrivants potentiels.

Le HCR continue de renforcer sa présence sur le terrain moyennant le déploiement de spécialistes des secours dans différents secteurs. Nous disposons actuellement de 182 membres du personnel d’urgence au Bangladesh, dont 84 collègues nationaux. Nous continuerons à renforcer notre présence et nos opérations de façon à faire face à l’ampleur et à la complexité de cette crise de réfugiés encore mouvante et évolutive.

Le HCR a besoin d’urgence de 83,7 millions de dollars pour faire face aux énormes besoins humanitaires au Bangladesh jusqu’à fin février 2018. Il faut faire encore beaucoup plus pour répondre aux besoins graves des enfants, des femmes et des hommes qui fuient le conflit.