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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - France |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | France |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - France, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842724a41.html [accessed 24 May 2012] |
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| République française | |
| Chef de l'État | Jacques Chirac, remplacé par Nicolas Sarkozy le 16 mai |
| Chef du gouvernement | Dominique de Villepin, remplacé par François Fillon le 17 mai |
| Peine de mort | abolie |
| Population | 60,9 millions |
| Espérance de vie | 80,2 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 6 / 5 ‰ |
Des demandeurs d'asile et des réfugiés ont vu leurs droits violés et bafoués. Cette année encore, selon certaines allégations, des mauvais traitements ont été infligés par la police. Les autorités ont pris des dispositions destinées à mettre en œuvre un droit au logement opposable.
Après l'élection en mai d'un nouveau chef de l'État et la formation du gouvernement, un ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement a été créé. Il est chargé des questions liées à la protection des réfugiés, y compris la tutelle de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), établissement public qui examine les demandes d'asile. Cette modification pourrait entraîner des violations des droits des demandeurs d'asile et des réfugiés en introduisant une confusion entre politique d'immigration et obligations en matière d'asile.
Une loi « relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile » a été publiée au Journal officiel le 21 novembre. Elle restreint le droit au regroupement familial et autorise le recours à des tests génétiques pour vérifier la réalité des relations de parenté. Elle a été fortement critiquée pour des raisons liées aux droits humains, notamment par le Comité consultatif national d'éthique.
Tout au long de l'année, des allégations ont fait état de mauvais traitements infligés par des policiers. Des organismes internes chargés des enquêtes et des juridictions pénales ont manqué de la rigueur, de la diligence et de l'impartialité requises par le droit international en répondant aux plaintes relatives à des violations des droits humains perpétrées par des responsables de l'application des lois.
Le 19 décembre, cinq citoyens français qui avaient été incarcérés sur la base américaine de Guantánamo avant d'être renvoyés en France en 2004 et 2005 ont été reconnus coupables d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Ils ont été condamnés à des peines de quatre et cinq ans d'emprisonnement, dont trois et quatre ans avec sursis. La durée de la peine de prison ferme (un an) était couverte par la période de détention provisoire. Un sixième prévenu a été relaxé. Ces hommes avaient déjà comparu devant le tribunal correctionnel de Paris en juillet 2006, mais l'affaire avait été renvoyée, le juge ayant demandé un supplément d'information concernant la venue à Guantánamo, en 2002 et 2004, de plusieurs enquêteurs appartenant aux services français de renseignement et au ministère des Affaires étrangères, qui auraient interrogé les six détenus au cours de ce séjour. Des documents déclassifiés remis au juge auraient confirmé que les détenus ont effectivement été interrogés par des fonctionnaires français. Les avocats des prévenus ont souligné que leurs clients étaient jugés en France sur la base des déclarations obtenues à Guantánamo, hors de tout cadre légal, sur des personnes illégalement détenues, et que, de ce fait, la procédure pénale devait être annulée. À la fin de l'année, quatre des cinq condamnés avaient interjeté appel.
La Loi instituant un Contrôleur général des lieux de privation de liberté a été promulguée le 30 octobre, conformément aux termes du Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants [ONU]. Cet organe peut visiter tous les lieux de détention sur le territoire français, notamment les prisons, les centres de rétention, les zones d'attente aux frontières et les services fermés des hôpitaux psychiatriques. Cependant, la loi ne lui confère pas le pouvoir de visiter des lieux de détention relevant de la souveraineté française en dehors du territoire français. Par ailleurs, elle laisse aux autorités pénitentiaires la latitude d'invoquer toute une série de motifs pour refuser ou reporter des visites.
Le 2 octobre, la France a adhéré au Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. Le 10 octobre, la France a ratifié le Protocole 13 à la Convention européenne des droits de l'homme relatif à l'abolition de la peine de mort en toutes circonstances.
En février, l'Assemblée nationale a adopté un projet de loi présenté par le ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, dont le but proclamé (droit au logement opposable) est de garantir le droit à un logement décent et indépendant à « toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence [...], n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir ». Cette loi crée des commissions de médiation chargées d'évaluer les demandes déposées par des personnes qui affirment que leur droit à un logement décent n'est pas satisfait ou qu'il est menacé. Les demandeurs reconnus comme prioritaires par ces commissions auront la possibilité d'introduire un recours devant la juridiction administrative. Les étrangers en situation irrégulière sont explicitement exclus du bénéfice de ces nouvelles dispositions.
Topics: Counter-terrorism, Asylum-seekers, Refugees, Police, Migrants, Death penalty,