|
|
| 
| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Côte d'Ivoire |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Côte d'Ivoire |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Côte d'Ivoire, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842724146.html [accessed 29 May 2012] |
| Disclaimer | This is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States. |
| République de Côte d'Ivoire | |
| Chef de l'État | Laurent Gbagbo |
| Chef du gouvernement | Charles Konan Banny, remplacé par Guillaume Soro le 29 mars |
| Peine de mort | abolie |
| Population | 18,8 millions |
| Espérance de vie | 47,4 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 193 / 174 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 48,7 % |
La signature en mars d'un accord de paix a contribué à apaiser les tensions politiques dans le pays. Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de prolonger la présence des forces internationales de maintien de la paix en Côte d'Ivoire au-delà de l'élection présidentielle. Malgré l'accord de paix, les parties en présence ont continué de commettre des atteintes aux droits humains, en particulier contre les femmes ; le harcèlement et les agressions demeuraient monnaie courante, notamment sur les sites des barrages routiers.
En mars, le président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le secrétaire général des Forces nouvelles (la coalition de groupes armés contrôlant le nord du pays depuis septembre 2002), ont signé un accord à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Cet accord visait à réunifier la Côte d'Ivoire et à réunir les conditions nécessaires à la tenue de l'élection présidentielle, ajournée depuis 2005. De plus, un calendrier a été établi en vue d'un désarmement et de la mise en place d'une armée intégrée. En mars également, Guillaume Soro a été nommé Premier ministre d'un nouveau gouvernement de transition. Le mois de septembre a été marqué par le démantèlement de la zone tampon contrôlée par les forces françaises et les soldats des Nations unies et séparant les forces de sécurité gouvernementales des éléments armés des Forces nouvelles. Des brigades mixtes, composées à la fois de forces gouvernementales et de soldats des Forces nouvelles, se sont déployées dans la zone. L'inscription sur les listes électorales a débuté, également en septembre. En novembre, les deux parties sont convenues d'organiser le scrutin présidentiel à l'échéance de juin 2008. Elles se sont engagées à démarrer en décembre le processus de désarmement, attendu de longue date, dans le but de former une nouvelle armée nationale.
En octobre, le Conseil de sécurité a décidé de maintenir, durant une année supplémentaire, l'embargo sur les armes et sur les exportations de diamants. Il a également prolongé les sanctions individuelles, comme l'interdiction de déplacement et le gel des avoirs, qui pesaient sur trois responsables politiques.
Les informations reçues ont encore fait état de violences contre les femmes et plusieurs auteurs présumés ont été remis en liberté sans avoir été traduits en justice. L'absence de définition du viol dans le Code pénal ivoirien favorisait cette atmosphère d'impunité.
En juillet, de graves allégations ont été formulées concernant des violences sexuelles qui auraient été commises de manière répandue par des soldats chargés du maintien de la paix dans le cadre de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Les Nations unies ont dépêché une mission d'enquête en Côte d'Ivoire, mais ont constaté que les victimes répugnaient à fournir des informations sur ces agressions. En novembre, une mission d'enquête marocaine s'est rendue à Bouaké, bastion des Forces nouvelles. Les conclusions de ses investigations n'avaient pas encore été rendues publiques à la fin de l'année.
Les forces de sécurité se sont rendues coupables d'arrestations arbitraires, de torture et d'exécutions extrajudiciaires de détenus. Dans le but d'extorquer de l'argent, elles ont également commis de nombreux actes de violence aux postes de contrôle ou lors de vérifications de pièces d'identité.
Des combattants et des sympathisants des Forces nouvelles se sont rendus coupables d'atteintes aux droits humains – notamment de torture et de mauvais traitements – , de détentions arbitraires et d'un très grand nombre de cas d'extorsion. Dans le nord du pays, l'absence de système judiciaire efficace favorisait le sentiment d'impunité.
En avril, le président Gbagbo a signé une ordonnance portant amnistie de la plupart des infractions commises dans le contexte du conflit ayant secoué la Côte d'Ivoire depuis 2002. Cette amnistie n'excluait pas expressément les crimes au regard du droit international, notamment les actes de violence sexuelle commis de manière généralisée et systématique contre les femmes. En juillet, le président Gbagbo a toutefois indiqué à une délégation d'Amnesty International que cette amnistie ne s'appliquait pas aux « crimes contre le genre humain » et lui a assuré que les « victimes pourr[aient] à tout moment porter plainte ».
Topics: Violence against women, Security forces, Peacekeeping, SGBV, Amnesty law, Militias, Violence against women,