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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Jamaïque |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Jamaica |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Jamaïque, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/484272543e.html [accessed 23 November 2009] |
| Jamaïque | |
| Chef de l'État | Elizabeth II, représentée par Kenneth O. Hall |
| Chef du gouvernement | Portia Simpson Miller, remplacée par Bruce Golding le 11 septembre |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 2,7 millions |
| Espérance de vie | 72,2 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 21 / 18 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 79,9 % |
Les meurtres et les homicides commis par des policiers demeuraient nombreux dans les quartiers défavorisés des centres urbains. En général, les agents de police qui se voyaient imputer des atteintes aux droits humains n'avaient pas à répondre de leurs actes ; ils étaient rarement traduits en justice. Les discriminations et les violences envers les femmes et les homosexuels étaient monnaie courante.
Alors que le Parti national populaire (PNP) se trouvait à la tête du pays depuis dix-huit années, le dirigeant du Parti travailliste jamaïcain (JLP), Bruce Golding, a été élu Premier ministre en septembre. Le nouveau chef du gouvernement s'est engagé à lutter contre la criminalité et la corruption, à rédiger une nouvelle Charte des droits fondamentaux, ainsi qu'à former une commission indépendante chargée d'étudier les atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité. À l'approche des élections de septembre, neuf personnes au moins ont été tuées, et de nombreuses autres blessées, lors des affrontements qui ont éclaté entre les sympathisants des partis adverses.
Déjà élevé, le taux d'homicides a encore augmenté à la Jamaïque : plus de 1 500 personnes sont mortes de mort violente au cours de l'année. Il était facile de se procurer des armes à feu. Les victimes étaient pour l'essentiel des jeunes gens issus des quartiers pauvres au centre des villes. En règle générale, les auteurs des meurtres étaient des membres de bandes. Au moins 20 policiers ont été tués, dans l'exercice de leurs fonctions pour nombre d'entre eux.
En mai, le Groupe de travail sur la réforme de la justice jamaïcaine a rendu public son rapport préliminaire. Ce texte proposait de vastes réformes de l'appareil judiciaire. L'année s'est toutefois achevée sans qu'un programme précis ait été élaboré en vue de l'application de ces recommandations.
Amorcé par le gouvernement précédent, l'examen général de la police jamaïcaine s'est poursuivi. On déplorait toutefois que les organisations de défense des droits humains ne soient pas consultées sur cette question.
D'après les informations reçues, les violences policières se sont multipliées. Selon le Bureau des enquêtes spéciales, 203 personnes ont été tuées par la police de janvier à septembre, un chiffre en nette augmentation par rapport à l'année 2006. Les victimes étaient généralement issues des quartiers défavorisés des noyaux urbains. Bien que la police ait invariablement affirmé que ces homicides résultaient d'échanges de tirs avec des bandes criminelles, les récits des témoins laissaient souvent entendre que les policiers avaient en fait procédé à des exécutions extrajudiciaires. De manière générale, la force publique inspirait une grande méfiance à la population et ses pratiques étaient souvent entachées de corruption.
Cette année encore, les brutalités policières sont demeurées impunies, et les agents des forces de sécurité et du système judiciaire n'ont pas eu à répondre de leurs actes.
Les violences sexuelles contre les femmes et les jeunes filles étaient très répandues dans l'ensemble du pays, mais les autorités s'abstenaient de poursuivre les auteurs en justice. Le taux d'infection par le VIH chez les femmes et les jeunes filles demeurait en augmentation, tandis que les personnes séropositives étaient toujours victimes de discrimination.
À la fin de l'année, le Parlement devait encore donner son approbation finale à un avant-projet de loi destiné à assurer une meilleure protection juridique des femmes et des mineurs, notamment en érigeant le viol conjugal en infraction pénale et en alourdissant les peines sanctionnant les auteurs de violences sexuelles.
Plusieurs épisodes de brutalités à l'encontre de présumés homosexuels, dont des violences infligées par des foules déchaînées, ont été signalés au cours de l'année.
La Jamaïque n'a procédé à aucune exécution en 2007. La dernière a eu lieu en 1988.
Le nouveau gouvernement a annoncé qu'un vote sur cette question serait organisé dans le cadre parlementaire, et que les membres de la Chambre des représentants pourraient se prononcer librement, en leur âme et conscience, sur la reprise des exécutions par pendaison.
Topics: Discrimination based on sexual orientation, Violence against women, Police, Security forces, Violence against women, Death penalty,