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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Libye |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Libya |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Libye, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842725b2.html [accessed 15 February 2012] |
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| Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste | |
| Chef de l'État | Mouammar Kadhafi |
| Chef du gouvernement | al Baghdadi Ali al Mahmudi |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 6,1 millions |
| Espérance de vie | 73,4 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 18 / 18 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 84,2 % |
Un cas d'emprisonnement politique très médiatisé concernant six professionnels de la santé étrangers, condamnés à mort après avoir été déclarés coupables d'avoir sciemment transmis le VIH à des centaines d'enfants libyens, a trouvé une issue positive après plusieurs années de négociations diplomatiques. La libération de ces prisonniers a permis à la Libye de conclure des contrats d'armement avec la France ainsi qu'un protocole d'accord avec l'Union européenne. Bien qu'une certaine diversité des médias ait été tolérée, la liberté d'expression était toujours fortement restreinte, ce qui se traduisait par l'absence d'organisations non gouvernementales indépendantes et par la répression de la dissidence. Cette année encore, les réfugiés, les demandeurs d'asile et les migrants ont été maltraités en détention et le gouvernement n'a rien fait pour remédier aux violations flagrantes des droits humains commises par le passé. Selon le Comité des droits de l'homme [ONU], « quasiment tous les sujets de préoccupation demeurent » depuis son dernier examen de la situation des droits civils et politiques dans le pays. Tout en saluant quelques avancées relatives au statut des femmes, il a exprimé sa préoccupation quant à la discrimination persistante dont elles font l'objet dans la législation et dans la pratique.
Le paysage médiatique s'est élargi en août, date du lancement autorisé de deux nouveaux quotidiens privés et d'une chaîne de télévision privée diffusée par satellite. Ces médias ont été créés par une société qui appartiendrait à Saif al Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, le chef de l'État. Les nouveaux quotidiens ont publié des articles critiquant le gouvernement dans le domaine économique. Toutefois, les voix dissidentes qui s'exprimaient sur des questions plus sensibles, comme les violations des droits humains ou l'exercice du pouvoir par Mouammar Kadhafi, faisaient l'objet d'une répression sévère.
Une nouvelle Cour de sûreté de l'État a été instaurée en août pour juger les personnes accusées d'atteintes à la sûreté de l'État et d'activités politiques illégales, ce qui faisait craindre la mise en place d'un système de justice parallèle sur le modèle du Tribunal populaire, juridiction déconsidérée qui a été abolie en 2005.
Deux Libyens détenus par les États-Unis à Guantánamo Bay et renvoyés en Libye, l'un en décembre 2006 et l'autre en septembre 2007, étaient maintenus en détention, apparemment sans inculpation et sans être autorisés à consulter un avocat. En décembre, la Fondation Kadhafi pour le développement, dirigée par Saif al Islam Kadhafi, a annoncé qu'elle avait rendu visite à ces deux hommes et qu'elle surveillait la façon dont ils étaient traités. Elle a ajouté qu'elle avait même acheté une maison pour la famille de l'un d'entre eux. Toutefois, ni la fondation ni les autorités n'ont fourni d'information sur le lieu exact où ils étaient détenus ou sur leur situation au regard de la loi.
On était sans nouvelles d'au moins sept Libyens, pour la plupart membres présumés du Groupe islamique combattant libyen, dont on croyait savoir qu'ils avaient été détenus par les États-Unis dans des lieux secrets avant d'être transférés en secret et illégalement en Libye les années précédentes. Selon des informations parvenues à Amnesty International, au moins cinq d'entre eux, qui avaient été transférés en Libye en 2005 ou en 2006, étaient maintenus au secret.
Neuf Libyens auraient été exécutés en avril, mais aucun détail n'a été fourni à leur sujet. Un certain nombre de condamnations à mort pour meurtre prononcées contre des étrangers ont été commuées après que les familles des victimes eurent accepté une indemnisation.
Des informations persistantes ont fait état de torture ou d'autres mauvais traitements infligés à des réfugiés, des demandeurs d'asile et des migrants au moment de leur arrestation ou durant leur détention. Le sort d'au moins 500 ressortissants érythréens détenus et menacés d'un renvoi forcé dans leur pays était particulièrement préoccupant.
Le Comité des droits de l'homme [ONU] a de nouveau exprimé sa préoccupation « face aux inégalités qui continuent d'exister entre hommes et femmes dans de nombreux domaines, dans la loi et la pratique, en particulier en ce qui concerne la succession et le divorce ». Il déplorait que « la législation libyenne autorise la détention forcée de femmes qui n'ont pas été condamnées, dans ce qui est appelé des établissements de réadaptation sociale » et regrettait que la Libye n'ait « pas encore adopté de législation visant à protéger les femmes contre la violence, en particulier la violence domestique ».
Les autorités ont promulgué un décret rétrograde privant les enfants nés de mère libyenne et de père étranger de la gratuité de l'enseignement public, un droit dont ils bénéficiaient jusqu'alors au même titre que les enfants de père libyen et de mère libyenne ou étrangère. Les enfants de mère libyenne et de père étranger n'auraient pas été autorisés à s'inscrire dans les écoles publiques au moment de la rentrée scolaire, en septembre. En octobre, les autorités ont annoncé que ces enfants pouvaient fréquenter ces établissements à condition que leur famille s'acquitte des frais de scolarité ou en soit exemptée en raison de ressources modestes.
L'impunité restait source de profonde préoccupation. Trois hommes qui étaient, semble-t-il, membres de la Garde révolutionnaire ont été jugés en juillet et déclarés coupables du meurtre de Daif al Ghazal. Ce journaliste avait été tué en 2005 dans des circonstances permettant de supposer que son assassinat était lié à ses écrits. Certes, les auteurs présumés de ce crime ont été contraints de répondre de leurs actes, mais cette mesure rare et positive a été ternie par les condamnations à mort prononcées contre eux, ainsi que par l'absence manifeste de publicité des débats.
Aucune initiative n'a été prise pour aborder les violations flagrantes des droits humains commises par le passé. Parmi ces agissements, perpétrés notamment dans les années 1970, 1980 et 1990, figuraient la disparition forcée de plusieurs centaines de personnes dont beaucoup, incarcérées pour des motifs politiques, sont probablement mortes en détention.
Aucune information n'a été fournie sur l'enquête, qui n'était apparemment pas terminée, menée sur les événements qui s'étaient déroulés en 1996 dans la prison d'Abou Salim et au cours desquels plusieurs centaines de prisonniers auraient trouvé la mort.
Topics: Impunity, Gender discrimination, Migrants, Asylum-seekers, Refugees, Death penalty, Counter-terrorism, Freedom of expression,