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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Mexique |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Mexico |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Mexique, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842725e46.html [accessed 29 May 2012] |
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| États-Unis du Mexique | |
| Chef de l'État et du gouvernement | Felipe de Jesús Calderón Hinojosa |
| Peine de mort | abolie |
| Population | 109,6 millions |
| Espérance de vie | 75,6 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 22 / 18 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 91,6 % |
Les violations des droits humains sont restées généralisées, voire systématiques dans certains États. La plupart des responsables continuaient d'échapper à la justice. À plusieurs occasions, la police a fait usage d'une force excessive pour disperser des manifestants, blessant un certain nombre d'entre eux. Des atteintes aux droits humains ont continué d'être signalées dans l'État d'Oaxaca. Des militaires exerçant des fonctions de maintien de l'ordre ont tué plusieurs personnes et commis d'autres violations graves des droits humains. Le gouvernement n'a par ailleurs pas accompli de progrès en vue de traduire en justice les responsables présumés des atteintes graves aux droits de la personne commises ces dernières décennies. Des journalistes et des défenseurs des droits humains ont été tués et menacés. Dans plusieurs États, les autorités auraient utilisé le système judiciaire de manière abusive pour intenter des actions non fondées contre des militants politiques et des défenseurs des droits sociaux. Cette année encore, les indigènes et autres groupes défavorisés, comme les migrants, ont été exposés à la discrimination. Les difficultés d'accès aux services de base et l'absence de consultation véritable sur les projets de développement exacerbaient les inégalités et étaient source de conflit. Les communautés touchées étaient souvent privées de moyens efficaces de recours devant la justice. Malgré certaines réformes législatives encourageantes, la violence contre les femmes est restée endémique et la plupart des victimes n'ont pas pu se prévaloir de leur droit à la justice.
Le président Calderón s'est engagé, au nom du gouvernement, à lutter contre la criminalité organisée, qui serait à l'origine de plus de 2 500 homicides commis en 2007.
En octobre, le Mexique et les États-Unis ont dévoilé un projet de coopération régionale en matière de sécurité baptisé Initiative de Mérida, dans le cadre duquel le gouvernement américain a proposé d'apporter son aide au Mexique et à l'Amérique centrale dans les domaines de la sécurité et la justice pénale en débloquant 1,4 milliard de dollars (1 milliard d'euros environ) sur trois ans. Fin 2007, le Congrès des États-Unis délibérait toujours sur la proposition et ses répercussions potentielles en matière de droits humains et de sécurité.
Le gouvernement a annoncé, en mai, la création d'un Plan de développement national comprenant certains engagements en matière de protection des droits humains. Il a également promis de continuer à autoriser le libre accès aux mécanismes internationaux de défense des droits humains et d'agir contre l'usage de la torture.
En août, un nouveau Programme national en faveur des droits humains a été dévoilé.
Les députés ont approuvé des modifications de la Constitution ainsi que la réforme des systèmes de sécurité publique et de justice pénale. Ces changements impliquent d'importantes modifications des procédures policières et judiciaires, notamment le renforcement des pouvoirs de la police et du ministère public, qui pourront pénétrer chez quelqu'un sans autorisation d'un juge et maintenir en détention provisoire (arraigo) des personnes soupçonnées de crime organisé pendant une période pouvant aller jusqu'à quatre-vingts jours.
Cour suprême du Mexique
En février, la Cour suprême du Mexique a statué que l'armée avait violé l'interdiction constitutionnelle relative à la discrimination en limogeant des officiers au motif qu'ils étaient séropositifs au VIH.
En décembre, les résultats d'une enquête spéciale ordonnée par la Cour sur l'affaire Lydia Cacho ont été rendus publics. Il en est ressorti que le gouverneur de l'État de Puebla et d'autres hauts responsables locaux avaient abusé du système de justice pour arrêter la journaliste, qui a été victime de mauvais traitements et soumise à une procédure inéquitable pour avoir publié un livre dénonçant les violences faites aux enfants et les réseaux de pornographie. La majorité des juges de la Cour suprême ont toutefois refusé d'entériner ces conclusions.
Deux autres enquêtes spéciales de la Cour suprême du Mexique sur des atteintes aux droits humains commises à San Salvador Atenco et dans l'État d'Oaxaca étaient en cours à la fin de l'année.
Droits en matière de procréation
L'Assemblée législative du District fédéral a dépénalisé les avortements pratiqués durant le premier trimestre de grossesse et autorisé l'accès aux services pratiquant les interruptions volontaires de grossesse à Mexico. Le Bureau du procureur général au niveau fédéral et la Commission nationale des droits humains ont formé des recours en inconstitutionnalité contre ces réformes devant la Cour suprême, qui n'avait pas statué à la fin de l'année.
Personnel militaire
Plus de 20 000 militaires ont été affectés à des opérations de maintien de l'ordre dans plusieurs États pour lutter contre des bandes de narcotrafiquants. Cinq personnes au moins arrêtées arbitrairement au cours de ces opérations auraient été torturées et exécutées illégalement.
Recours à une force excessive et torture
Des policiers ont été accusés de recours à une force excessive et d'actes de torture.
Les enquêtes menées sur les allégations de détention arbitraire, de torture et d'autres mauvais traitements imputables à la police ont souvent été inadéquates. Les auteurs de ces violations des droits humains sont ainsi généralement restés impunis.
Les cas de violations des droits humains commises par des militaires étaient souvent traités par l'appareil judiciaire de l'armée. La Commission nationale des droits humains a relevé des preuves d'atteintes graves aux droits fondamentaux dans plusieurs cas, mais n'a pas recommandé que lesdites affaires soient confiées à des tribunaux civils.
Les dossiers de violations des droits humains commises dans les années 1960, 1970 et 1980, sur lesquels avait jusqu'alors enquêté le Bureau du procureur spécial chargé de ces affaires, ont été renvoyés au Bureau du procureur général fédéral sans qu'aucun engagement ait été pris quant à la poursuite des enquêtes. Le gouvernement n'a pas tenu compte du rapport final du Bureau du procureur spécial, qui reconnaissait que les atteintes aux droits humains étaient des crimes d'État commis de manière systématique. La création d'un fonds d'indemnisation des victimes a été annoncée en octobre.
L'Armée populaire révolutionnaire (EPR) a accusé les autorités de la disparition forcée de deux de ses membres, Edmundo Reyes Amaya et Gabriel Alberto Cruz Sánchez, qui, selon cette organisation, auraient été arrêtés à Oaxaca le 25 mai.
L'EPR a revendiqué, en août, plusieurs explosions provoquées dans le centre de Mexico pour exiger des autorités qu'elles admettent détenir les deux hommes. En octobre, un tribunal fédéral a rendu une ordonnance d'habeas corpus demandant aux autorités de mettre fin immédiatement à cette disparition forcée. Les autorités fédérales et de l'État ont nié avoir arrêté ou fait disparaître de force les deux hommes, et elles ont promis d'enquêter sur l'affaire. À la fin de l'année, on ne savait toujours rien du sort d'Edmundo Reyes Amaya et de Gabriel Alberto Cruz Sánchez.
L'Enquête nationale sur la dynamique des relations dans le foyer qui a été publiée en juin montre que 67 p. cent des femmes âgées de plus de quinze ans ont été victimes d'une forme ou d'une autre de violence au foyer, dans leur quartier, au travail ou à l'école ; 10 p. cent ont indiqué avoir subi des violences sexuelles.
La Loi générale sur le droit des femmes à vivre une vie sans violence est entrée en vigueur en février. Neuf États ont adopté des réformes législatives similaires.
Plus de 25 femmes ont été assassinées à Ciudad Juárez en 2007, selon les informations recueillies. Les responsables présumés de nombreux crimes violents commis contre des femmes dans l'État de Chihuahua au cours des années précédentes n'avaient toujours pas été traduits en justice par les autorités. Dans d'autres États – par exemple celui de Mexico – , le nombre de femmes assassinées serait plus élevé encore et l'impunité davantage répandue.
Dans certains États, le système de justice pénal était toujours utilisé pour poursuivre des militants des droits sociaux et des opposants politiques, qui étaient soumis à la détention arbitraire prolongée et à des procédures inéquitables. Bien que les juridictions fédérales donnent droit dans de nombreux cas aux demandes des plaignants, les tribunaux des États s'abstenaient souvent de réparer les injustices. Aucun responsable n'a eu à rendre compte de la violation des normes internationales d'équité des procès.
Dans de nombreux États, les défenseurs des droits humains risquaient toujours d'être victimes d'agressions, de menaces, d'actes de harcèlement et de poursuites pénales arbitraires. Selon toute apparence, ces actes étaient exercés en représailles à l'action qu'ils menaient.
Les journalistes, en particulier ceux qui s'intéressaient au narcotrafic et à la corruption, étaient en butte à de multiples attaques. Au moins six personnes travaillant dans la presse ont été assassinées ; trois autres ont été enlevées. Les enquêtes officielles sur ces crimes et sur des agressions commises dans le passé n'ont guère progressé pour la plupart, ou sont restée au point mort.
Les nombreuses agressions contre des journalistes renforçaient l'autocensure et portaient atteinte à la liberté d'expression.
Dépénalisée au niveau fédéral en avril, la diffamation restait une infraction pénale dans la législation de la plupart des États.
Bien que le gouvernement se soit engagé à accroître les dépenses relatives aux programmes sociaux, de nombreux groupes marginalisés n'avaient toujours qu'un accès limité aux services de base, ce qui exacerbait les conflits, les inégalités et la discrimination, en particulier dans les communautés indigènes. Les populations concernées par les projets de développement ou d'investissement n'étaient pas véritablement informées ni consultées, et n'avaient pas vraiment la possibilité de participer à l'élaboration des projets, ce qui accroissait les tensions et la perte d'autonomie.
De nouveaux cas de violation des droits fondamentaux des migrants clandestins – ils étaient plusieurs milliers à franchir les frontières sud et nord du pays chaque année – ont été signalés. Les personnes qui fournissaient une aide humanitaire aux migrants traversant le Mexique risquaient d'être inculpées de traite d'êtres humains.
Le gouvernement a proposé une nouvelle réglementation applicable aux centres de détention pour migrants. Le projet, qui restreindrait l'accès des organisations de la société civile et renforcerait la répression contre les étrangers, était en attente de l'approbation des autorités à la fin de l'année.
Topics: Sexual and reproductive rights, Violence against women, Torture, Armed forces/military, Fair trial, Police, Security forces, Security situation, HIV and AIDS, Migrants, Social group discrimination, Torture, Violence against women, Disappeared persons, Arbitrary arrest and detention, Freedom of expression, Human rights activists, Impunity,