|
|
| 
| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Turquie |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Turkey |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Turquie, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842727846.html [accessed 29 May 2012] |
| Disclaimer | This is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States. |
| République turque | |
| Chef de l'État | Ahmet Necdet Sezer, remplacé par Abdullah Gül le 28 août |
| Chef du gouvernement | Recep Tayyip Erdoğan |
| Peine de mort | abolie |
| Population | 75,2 millions |
| Espérance de vie | 71,4 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 47 / 37 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 87,4 % |
Une période d'incertitude politique accrue et d'intensification des interventions militaires a donné lieu à une montée du sentiment nationaliste et de la violence. La liberté d'expression continuait d'être soumise à des restrictions. Cette année encore, des cas de mauvais traitements, de torture et de recours excessif à la force de la part de responsables de l'application des lois ont été signalés. Les poursuites engagées contre les auteurs présumés de violations des droits humains étaient inefficaces et trop rares, et le problème de l'iniquité de certains procès subsistait. Des réfugiés et des demandeurs d'asile ont vu leurs droits bafoués. Le nombre de centres d'accueil pour les victimes de violences domestiques restait insuffisant.
Un climat d'intolérance s'est installé dans le pays après la mort du journaliste turco-arménien Hrant Dink, tué par balle en janvier. À partir de mai, une nette escalade de la violence entre les forces armées turques et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) s'est traduite par des atteintes aux droits humains. L'armée a instauré des zones de sécurité temporaires dans trois districts frontaliers avec l'Irak en juin et dans trois autres districts en décembre.
Devant l'incapacité du Parlement à élire un nouveau président, des élections législatives anticipées ont été organisées en juillet. Un nouveau gouvernement a été constitué et, en août, le Parlement a finalement élu Abdullah Gül à la présidence. Le mois suivant, le gouvernement a chargé une commission de rédiger d'importants projets de modification de la Constitution. En novembre, la Cour constitutionnelle a lancé la procédure d'interdiction du Parti démocrate de Turquie (DTP), formation pro-kurde.
Des individus ou des groupes non identifiés ont commis des attentats à l'explosif contre des civils, faisant des dizaines de morts et de blessés. En mai et en octobre, des bombes ont explosé à Ízmir ; deux personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées. En mai, une bombe a explosé à Ankara, dans le quartier d'Ulus, faisant neuf morts et plus d'une centaine de blessés. En septembre, l'attaque d'un minibus dans la province de Şırnak a fait de nombreuses victimes.
En décembre, les forces armées turques sont intervenues dans le nord de l'Irak, une zone à majorité kurde, et ont pris pour cible des bases du PKK.
L'expression pacifique des opinions restait soumise à certaines restrictions, dans la pratique et dans le droit. Des avocats, des journalistes, des défenseurs des droits humains et d'autres personnes ont été la cible de manœuvres de harcèlement, de menaces, de poursuites injustifiées et d'agressions physiques. Un nombre croissant d'actions en justice ont été introduites en vertu de l'article 301 du Code pénal – qui érige en infraction le « dénigrement de l'identité turque » – en dépit des critiques qu'il a suscitées aux niveaux national et international.
L'article 216 du Code pénal, qui érige en infraction le fait d'inciter à l'inimitié ou à la haine, a été appliqué de manière arbitraire et excessivement restrictive.
Des actions en justice ont également été intentées en vertu de l'article 7-2 de la Loi relative à la lutte contre le terrorisme, qui interdit la « propagande en faveur d'une organisation terroriste ou des buts qu'elle poursuit ».
Des défenseurs des droits humains qui militaient de manière pacifique ont été poursuivis en justice.
En janvier, la structure turque d'Amnesty International ayant été accusée de « collecte de fonds illégale », ses comptes bancaires ont été bloqués à la demande de la préfecture d'Istanbul ; en mai, la même infraction a été invoquée pour condamner son directeur au paiement d'une amende. La structure a fait appel, mais les deux affaires n'étaient pas terminées à la fin de l'année.
Les enquêtes sur les violations des droits humains commises par des responsables de l'application des lois continuaient d'être entachées d'irrégularités et les auteurs étaient trop rarement poursuivis. Les mécanismes officiels de défense des droits humains manquaient toujours d'efficacité. En juin, le Parlement a modifié la Loi relative aux droits et aux devoirs de la police, étendant les prérogatives des policiers en matière de recours à la force meurtrière en les autorisant à tirer sur tout suspect qui n'obtempérerait pas à une sommation de s'arrêter.
Le problème de l'iniquité de certaines procédures persistait, en particulier pour les personnes accusées d'infraction à la législation antiterroriste. Au cours de procès interminables, des tribunaux ont considéré comme preuves recevables des déclarations qui avaient semble-t-il été obtenues sous la torture.
Cette année encore, des coups de feu mortels ont été tirés par les forces de sécurité, qui se sont généralement justifiées en invoquant des refus d'obtempérer à des sommations d'arrêt. Cependant, il a souvent été fait usage d'une force disproportionnée et certains homicides pourraient avoir été des exécutions extrajudiciaires. Dans plusieurs cas, la poursuite des enquêtes a été compromise parce que des preuves avaient été égarées par des agents chargés de l'application des lois.
De nouveaux cas de torture et mauvais traitements ont été signalés, en particulier dans des lieux de détention non officiels.
Lors de diverses manifestations, les forces de sécurité ont de nouveau eu recours à une force excessive pour maintenir l'ordre.
Cette année encore, des cas de châtiments brutaux et arbitraires ont été signalés dans des prisons de type F. Une circulaire offrant aux prisonniers davantage de possibilités de se réunir a été publiée en janvier mais a été très peu appliquée. Certains détenus ont été soumis à un régime d'isolement individuel ou en petits groupes. De nombreuses personnes ont dénoncé le maintien à l'isolement du chef du PKK, Abdullah Öcalan, et exigé une enquête sur le traitement qui lui était réservé en détention.
En mai, le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) s'est rendu sur l'île-prison d'Imralı, où Abdullah Öcalan était toujours emprisonné, afin de s'informer précisément sur ses conditions de détention et son état de santé. Les conclusions du CPT n'avaient pas été rendues publiques en fin d'année.
L'objection de conscience n'était pas reconnue et il n'existait aucun service civil de remplacement.
Cette année encore, les réfugiés n'ont pas pu bénéficier d'un régime national d'asile juste et efficace. En procédant au renvoi de réfugiés et de demandeurs d'asile dans des pays où ils risquaient de subir de graves atteintes à leurs droits fondamentaux, la Turquie a violé le droit international.
Les lois et règlements protégeant les femmes victimes de violences domestiques ont été insuffisamment appliqués. Le nombre de foyers d'accueil était très inférieur à ce que prévoyait la Loi de 2004 sur les municipalités, à savoir une structure d'hébergement dans toute ville de plus de 50 000 habitants. À la fin de l'année, la ligne téléphonique d'urgence demandée en juillet 2006 par le Premier ministre pour les victimes de violences domestiques n'avait pas encore été mise en place.
Topics: Violence against women, Asylum-seekers, Torture, Fair trial, Refugees, Conscientious objection, Torture, Violence against women, Extrajudicial executions, Freedom of expression, Human rights activists, Conscientious objection, Prison conditions, Impunity,