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| Title | Jamaïque : information sur le traitement réservé aux homosexuels par la société et les autorités gouvernementales; accès à des services d'aide (2004-2006) |
| Publisher | Immigration and Refugee Board of Canada |
| Country | Jamaica |
| Publication Date | 22 February 2007 |
| Citation / Document Symbol | JAM101933.EF |
| Cite as | Immigration and Refugee Board of Canada, Jamaïque : information sur le traitement réservé aux homosexuels par la société et les autorités gouvernementales; accès à des services d'aide (2004-2006), 22 February 2007, JAM101933.EF, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/469cda5c11.html [accessed 15 February 2012] |
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Attitude de la société envers les homosexuels
Selon une directive opérationnelle du ministère de l'Intérieur (Home Office) du Royaume-Uni, [traduction] " la Jamaïque est une société profondément homophobe " (5 mai 2006, paragr. 3.7.11). Amnesty International (AI) déclare que dans ce pays, les homosexuels [traduction] " sont victimes de discrimination et de violences au quotidien " (23 mai 2006). Les membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) subissent [traduction] " des agressions horribles [et ont été] battus, coupés, brûlés, violés, blessés par balles " (AI juin 2004), menacés de mort et assassinés à cause de leur orientation sexuelle (HRW nov. 2004, 2, 11, 20). Les personnes soupçonnées d'être homosexuelles ou dont on découvre l'homosexualité sont souvent [traduction] " expulsées " de leur domicile et de leur communauté, parfois violemment, ce qui les laisse sans domicile fixe et sans soutien (ibid. nov. 2004, 2, 20, 49, 52, 53; AI juin 2004). Les homosexuels sont aussi blessés par leur propre famille (HRW nov. 2004, 55), dont les membres peuvent recourir à la violence afin de cantonner les deux sexes dans leur rôle traditionnel (The Gully 10 mars 2005).
Certaines vedettes jamaïcaines du monde du spectacle préconisent [traduction] " les fusillades, les brûlures, le viol, la lapidation et la noyade d'homosexuels " dans les paroles de leurs chansons (AI juin 2004; The Gully 10 mars 2005). Human Rights Watch (HRW) indique qu'en Jamaïque, les établissements religieux sont homophobes, [traduction] " à l'image des slogans et du discours des politiciens " (nov. 2004, 12, 13). The Gully, magazine en ligne destiné à la communauté gay, (10 mai 2006), explique :
L'analyse de HRW indique que les gens perçoivent le VIH/sida comme une [traduction] " maladie de gay " et que les Jamaïcains [traduction] " à risque " évitent de faire le test de dépistage ou de se faire soigner pour cette maladie (HRW 26 mai 2006). De plus, certains gays jamaïcains évitent de se faire soigner pour les problèmes sexuels (ibid. nov. 2004, 3, 4, 45). Dans certains cas, le personnel médical refuse de traiter les gays (ibid., 3, 38) et les hommes et les femmes séropositifs pour le VIH (ibid., 3, 38, 42). Le personnel médical interpellerait violemment les patients gays et dévoilerait leur homosexualité à d'autres personnes (ibid., 3, 45). Dans certains cas, le personnel médical révèle la séropositivité de ses patients (ibid., 41, 42), accroissant ainsi le risque de [traduction] " violences homophobes " de la part d'autres personnes (ibid., 3). Les gays et les personnes séropositives sont parfois incapables de trouver un moyen de transport pour se rendre dans les établissements médicaux parce qu'elles sont victimes de discrimination et d'agressions de la part des conducteurs et des passagers (ibid., 17, 50).
Attitude de la société envers les gays
Le 9 juin 2004, Brian Williamson, cofondateur du Forum jamaïcain pour les lesbiennes, les personnes de toutes préférences sexuelles et les gays (Jamaica Forum for Lesbians, All-Sexuals and Gays J-FLAG), importante organisation non gouvernementale (ONG) qui défend les droits des homosexuels, a été découvert assassiné à son domicile (AI 10 juin 2004), victime de 77 plaies par arme blanche (BBC 20 mai 2006). Bien que le motif apparent soit le vol, AI a vivement conseillé aux autorités de ne pas exclure la possibilité d'un crime haineux (AI 10 juin 2004). En arrivant à l'appartement de la victime peu après la découverte de son assassinat, un chercheur qui travaille pour HRW a vu une foule chanter des chansons homophobes pour fêter ce décès (HRW nov. 2004, 2; The Guardian 27 avr. 2006). + l'occasion d'une séance d'identification de suspects dans l'enquête sur le meurtre de M. Williamson, les participants portaient des serviettes sur la tête et leur visage était maculé de dentifrice (HRW nov. 2004, 31). En mai 2006, l'homme qui a plaidé coupable dans cette affaire a été condamné à la prison à vie (BBC 20 mai 2006).
En juin 2004, six hommes ont été agressés à leur domicile par un groupe d'hommes armés à cause de leur homosexualité présumée (AI 23 mai 2006; HRW nov. 2004, 52; États-Unis 8 mars 2006, sect. 5). Le musicien populaire Buju Banton (aussi connu sous le nom de Mark Anthony Myrie), dont les paroles de chanson incitent à la violence contre les homosexuels (ILGA 20 août 2004), faisait partie des agresseurs (ibid.; États-Unis 8 mars 2006, sect. 5). M. Banton a été accusé d'avoir participé à l'agression (ibid.), puis acquitté (AP 22 sept. 2006).
En novembre 2005, Steve (aussi connu sous le nom de Lenford) Harvey, militant jamaïcain bien connu qui travaille avec des homosexuels qui souffrent du VIH/sida, a été kidnappé et assassiné (HRW 1er déc. 2005) [traduction] " à cause de son homosexualité présumée " (AI 23 mai 2006). Selon le Département d'État (Department of State) des États-Unis, la police jamaïcaine a nommé un médiateur politique pour superviser l'enquête sur le meurtre (6 mars 2006, sect. 5.) et un article publié en mars 2006 indique que quatre hommes ont été accusés de ce meurtre (Orlando Sentinel 9 mars 2006).
Selon des médias et le Département d'État des États-Unis, en décembre 2005, une bande d'émeutiers homophobes a poursuivi un jeune homme qui est alors tombé d'une jetée dans le port de Kingston et s'est noyé (San Francisco Bay Times 12 janv. 2006; PeterTatchell.net 6 janv. 2006; États-Unis 8 mars 2006).
Attitude de la société envers les lesbiennes
The Guardian signale qu'en Jamaïque, les lesbiennes subissent un traitement qui n'est ni meilleur ni pire que celui réservé aux gays, mais il est [traduction] " plus subtil " (27 avr. 2006). En revanche, un employé de J-FLAG cité dans un article de Women's eNews affirme que des lesbiennes ont été [traduction] " violées, battues, assassinées, expulsées de leur domicile ou renvoyées de leur travail simplement parce qu'elles étaient lesbiennes " (9 mars 2005, voir aussi HRW nov. 2004, 54). Dans un rapport publié en juin 2006 sur la violence envers les Jamaïcaines, AI indique que les lesbiennes déclarent devoir cacher leur sexualité et subir des agressions comme des coups, des menaces de viol et des viols [traduction] " à titre de leçon " (22 juin 2006) ou de [traduction] " thérapie " contre leur homosexualité (HRW nov. 2004, 54). Les agressions contre les lesbiennes se produisent plutôt en privé, par exemple chez elles ou dans leur communauté et sont rarement signalées (Women's eNews 9 mars 2005). Par ailleurs, les paroles de chansons populaires jamaïcaines incitent à violer ou à assassiner des lesbiennes (ibid.). Selon l'expérience de J-FLAG, les lesbiennes sont réticentes à déclarer les agressions dont elles sont victimes à la police parce qu'elles craignent que ces déclarations ne fassent qu'ajouter à leur [traduction] " humiliation " (Asylum Aid juin 2004, 142).
En juin 2006, deux partenaires ont été poignardées à mort dans ce qui ferait partie, selon HRW, [traduction] " d'une série d'actes violents homophobes qui avaient été constatés " (27 juill. 2006a, HRW 27 juill. 2006b). HRW, en se référant à ce cas, a déclaré que la police avait récemment commencé à [traduction] " nouer le dialogue " avec les membres de la communauté LGBT, mais que ce cas confirmait la nécessité d'une protection permanente (ibid.).
Comportement de la police envers les Jamaïcains homosexuels
Un rapport d'enquête approfondie publié par HRW en novembre 2004 décrit en détail le traitement subi par les membres de la communauté LGBT en Jamaïque. Après la sortie de ce rapport, un agent des relations publiques de la police jamaïcaine a publié une lettre dans le Jamaica Observer demandant au ministre de la Justice du pays [traduction] " d'accuser d'agitateurs si nécessaire les provocateurs locaux et étrangers " et a explicitement nommé HRW (25 nov. 2004).
+ l'occasion d'un entretien avec HRW, l'officier de police jamaïcain chargé de la formation en matière de VIH/sida [traduction] " a reconnu que les policiers avaient les mêmes comportements homophobes que la population en général " (nov. 2004, 30). HRW a découvert que les victimes de violences homophobes avaient souvent peur de la police connue [traduction] " pour harceler et agresser " les hommes qui seraient homosexuels (2004, 2). La nuit, la police jamaïcaine arrête des véhicules dont les passagers sont des hommes et profère des insultes homophobes à leur égard (HRW nov. 2004, 25-25; The Guardian 27 avr. 2006). HRW et AI ont découvert qu'aucune protection policière n'est prévue pour les gays et lesbiennes et que les policiers omettent [traduction] " régulièrement " de mener des enquêtes sur les plaintes déposées (HRW nov. 2004, 11; AI juin 2004). De plus, il a été constaté que les policiers arrêtent, détiennent et font chanter les personnes qu'ils soupçonnent d'être homosexuelles (HRW nov. 2004, 2, 11, 25, 26). Selon AI, en Jamaïque, la police a dans certains cas torturé et maltraité des LGBT victimes de crimes haineux (AI juin 2004).
HRW a rassemblé de la documentation sur des cas où la police a agressé des hommes qu'elle soupçonnait d'être homosexuels et a attisé la violence contre eux (nov. 2004, 11, 19, 20). En juin 2004, un homme considéré comme gay a été [traduction] " coupé en morceaux, poignardé et lapidé à mort " par une foule encouragée par des agents de police jamaïcains qui l'avaient frappé à coups de bâton (HRW nov. 2004, 2, 3). Il a été démontré que la police jamaïcaine [traduction] " appuie activement la violence homophobe " et qu'elle omet d'enquêter sur les incidents ayant entraîné des blessures (ibid.). La police extorquerait des faveurs sexuelles aux travailleurs du sexe homosexuels (ibid., 32) et agresserait parfois les travailleurs du sexe masculins en particulier (ibid.); toutefois, [traduction] " quelques " gays ont informé HRW que la police les avait aidés (ibid., 31).
Le Département d'État des États-Unis indique que les prisonniers homosexuels subissent des violences de la part des gardiens et des autres prisonniers (États-Unis 8 mars 2006, sect. 5), et que les autorités isolent les homosexuels présumés des autres détenus afin de les protéger (ibid.). Le Jamaica Gleaner rapporte qu'en avril 2006, un agent de police de Saint James a [traduction] " mis le feu " à un détenu après que ce dernier l'a traité d'homosexuel (8 avr. 2006). Le prisonnier a subi de graves brûlures et le policier a été renvoyé (Jamaica Gleaner 8 avr. 2006).
Les enquêtes menées par AI et HRW ont permis de rassembler des informations sur des cas où la police a détenu et maltraité des travailleurs de la santé qui offraient des services aux membres de la communauté LGBT (AI juin 2004; HRW nov. 2004, 32-34). Selon HRW et le directeur général de l'ONG Soutien à la vie des sidéens de Jamaïque (Jamaica AIDS Support for Life JAS), installée à Kingston, les personnes qui offrent des services relatifs au VIH/sida sont aussi harcelées (Miami Herald 17 nov. 2004; HRW nov. 2004, 4, 47), et parfois arrêtées et accusées par la police si elles ont des préservatifs sur elles (ibid.).
Accès aux organismes de défense des droits de la personne et de soutien
Selon son site Internet, J-FLAG est la première ONG jamaïcaine à se préoccuper des besoins des minorités sexuelles du pays (s.d.). Ses activités consistent notamment à offrir des cours de perfectionnement personnels et communautaires, des conseils et des services d'orientation, à consulter les groupes locaux et internationaux et à collaborer avec eux, à présenter des propositions à l'assemblée législative de Jamaïque et à monter des dossiers sur des cas de discrimination pouvant être utilisés par des demandeurs d'asile à l'étranger (J-FLAG s.d.). Par ailleurs, J-FLAG ne peut pas publier l'adresse de son siège social à Kingston, en Jamaïque, par crainte de [traduction] " violentes représailles " (ibid.). En effet, après le décès de l'un de ses fondateurs en 2004, l'organisation a reçu des menaces de mort, accompagnée d'une déclaration de guerre à l'homosexualité, et présentant une ONG qui travaille dans le domaine de la sensibilisation au VIH/sida comme sa prochaine cible à abattre (HRW nov. 2004, 15-16). J-FLAG est le seul groupe de défense des droits de la personne en Jamaïque qui se concentre sur les problèmes des gays et des lesbiennes (AP 10 juin 2004).
Le site Internet de J-FLAG indique que l'organisation n'est pas capable de protéger les personnes qui ont subi des violences homophobes (s.d.). De plus, dans une communication écrite envoyée par l'organisme Aide aux réfugiés (Asylum Aid), un représentant de J-FLAG indique que les organisations de femmes qui travaillent avec les survivantes de violence sexiste ne sont généralement pas capables d'offrir des services de protection ou de soutien aux lesbiennes victimes de ces violences(juin 2004, 142).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Amnesty International (AI). 22 juin 2006. Sexual Violence Against Women and Girls in Jamaica: " Just a Little Sex ".
_____ . 23 mai 2006. " Jamaica ". Amnesty International Report 2006. (Site Internet du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés).
_____ . 10 juin 2004. " Jamaica: Amnesty International Mourns Loss of Leading Human Rights Defender ".
_____ . Juin 2004. " Jamaica: "Let Us Kill Him" ". Le Fil d'AI - juin 2004.
Associated Press (AP). 22 septembre 2006. " Complaints Cancel Buju Banton Concert ". (Factiva)
_____ . 10 juin 2004. " Amnesty International Condemns Killing of Jamaican Gay Rights Activists, Call for Full Investigation ". (Factiva)
Asylum Aid. Juin 2004. Safe for Whom? Women's Human Rights Abuses and Protection in " Safe List " Countries: Albania, Jamaica and Ukraine.
British Broadcasting Corporation (BBC). 20 mai 2006. " Killer of Gay Rights Activist Gets Life Sentence in Jamaica ". (Factiva)
États-Unis. 8 mars 2006. " Jamaica ". Country Reports on Human Rights Practices for 2005.
The Guardian [Londres]. 27 avril 2006. " Troubled Island: In Jamaica, Where Politicians are Openly Homophobic and Song Lyrics Incite Violence Against Gay People, Coming Out can be Fatal ". (Factiva)
The Gully. 10 mai 2006. " About ".
_____ . 10 mars 2005. " Jamaica's Queer Obsession ".
Human Rights Watch (HRW). 27 juillet 2006a. " Letter to Dr. Hon. Peter David Phillips, Jamaica Minister of National Security ".
_____ . 27 juillet 2006b. " Jamaica: Investigate Murder of Alleged Lesbians ".
_____ . 26 mai 2006. " Vasciannie's Error "
_____ . 1er décembre 2005. " Jamaica: HIV/AIDS Activist Steve Harvey Mourned ".
_____ . Novembre 2004. Hated to Death: Homophobia, Violence and Jamaica's HIV/AIDS Epidemic. Vol. 16, no 6(B).
International Lesbian and Gay Association (ILGA). 20 août 2004. " Singer May Be Linked to Homophobic Attack ".
Jamaica Forum for Lesbians All-Sexuals and Gays (J-FLAG). S.d. " About Us ". (Site Internet de J-FLAG).
Jamaica Gleaner[Kingston]. 8 avril 2006. " Cop Sets Prisoner Ablaze ".
Jamaica Observer [Kingston]. 25 novembre 2004. " Charge Those Groups for Sedition ".
Miami Herald. 17 novembre 2004. " Anti-Gay Mind-Set is Hindering Fight Against Aids in Jamaica ". (Factiva)
Orlando Sentinel. 9 mars 2006. " Jamaica Charges 4 Suspects in Slaying of Gay Counselor ". (Factiva)
PeterTatchell.net. S.d. " Outrage! Index ".
_____ . 6 janvier 2006. " Jamaica: Tragic End to Attempted Gay-Bash Attack ".
Royaume-Uni. 5 mai 2006. Home Office. Immigration and Nationality Directorate. Operational Guidance Note: Jamaica.
San Francisco Bay Times. 12 janvier 2006. " Man Chased by Bashers Drowns ".
Women's eNews. 9 mars 2005. " Lesbian Activists in Jamaica Tell Horror Stories ".
Autres sources consultées
Sources orales : Le Conseil jamaïcain indépendant pour les droits de la personne (The Independent Jamaica Council for Human Rights IJCHR) et le Forum jamaïcain pour les lesbiennes, les personnes de toutes préférences sexuelles et les gays (Jamaica Forum for Lesbians, All-Sexuals and Gays J-FLAG) n'ont pas répondu à la demande d'information dans les délais prescrits.
Sites Internet, y compris : International Lesbian and Gay Association (ILGA); Division de la promotion de la femme des femmes; The Independent; International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC); Jamaica Information Service (JIS); Sodomy Laws.