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| Title | Nigéria : information sur la situation des homosexuels et le traitement qui leur est réservé aux termes de la charia (août 2004 - février 2005) |
| Publisher | Immigration and Refugee Board of Canada |
| Country | Nigeria |
| Publication Date | 15 February 2005 |
| Citation / Document Symbol | NGA43276.EF |
| Reference | 7 |
| Cite as | Immigration and Refugee Board of Canada, Nigéria : information sur la situation des homosexuels et le traitement qui leur est réservé aux termes de la charia (août 2004 - février 2005), 15 February 2005, NGA43276.EF, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/42df614432.html [accessed 30 May 2012] |
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Cette mise à jour de NGA42748.EF du 14 juillet 2004 sur la situation des homosexuels et le traitement qui leur est réservé aux termes de la charia passe en revue l'information accessible au public diffusée d'août 2004 à février 2005. Bien qu'aucune nouvelle information sur la législation n'ait pu être trouvée, des articles récents sur l'application de la loi et la protection offerte par l'État (Vanguard 28 nov. 2004; ibid. 31 oct. 2004; This Day 16 janv. 2005; ibid. 28 oct. 2004; 365Gay.com 29 nov. 2004; HRW sept. 2004), ainsi que sur les attitudes de la société (Sex Education avr. 2004; BTM 30 sept. 2004; Daily Champion 20 sept. 2004; EAS 2 nov. 2004; ACN 2 nov. 2004) ont été trouvés parmi les sources consultées.
Application de la loi et protection offerte par l'État
Deux sources ont signalé qu'un tribunal coranique de Keffi, dans l'État de Nasarawa, a lancé un mandat d'arrestation contre Michael Ifediora Nwokoma pour avoir prétendument eu des relations homosexuelles avec Mallam Abdullahi Ibrahim (Vanguard 28 nov. 2004; 365Gay.com 20 nov. 2004). M. Nwokoma aurait réussi à éviter l'arrestation, mais M. Ibrahim a été détenu par les autorités (Vanguard 28 nov. 2004). Selon les articles, des voisins auraient accusé les deux hommes [traduction] « [d']homosexualité », un crime punissable de mort par lapidation aux termes de la charia, et auraient remis M. Ibrahim aux autorités qui l'ont presque [traduction] « lynché » en voulant le forcer à confesser (ibid.; 365Gay.com 20 nov. 2004). Les tribunaux ont établi que, compte tenu du fait que les deux hommes doivent être jugés ensemble, M. Ibrahim devra demeurer en prison jusqu'à l'arrestation de M. Nwokoma (ibid.).
Dans un autre récit, This Day a signalé la fuite de Yusuf Tajudeen Olawale d'une prison située dans l'État de Kano, au nord du pays, où il attendait son procès pour avoir prétendument eu des relations sexuelles avec un autre homme (16 janv. 2005). L'article explique que M. Tajudeen, qui s'est évadé de prison le 13 mai 2004, a été ajouté à la liste des personnes recherchées par les autorités gouvernementales de la charia, mais qu'il continuait de se cacher (This Day 16 janv. 2005).
Un article de l'organisme Human Rights Watch (HRW), intitulé « "Political Shari'a"? Human Rights and Islamic Law in Northern Nigeria » et traitant de la charia dans le contexte du droit criminel tel qu'il est appliqué dans les États du nord du Nigéria, fait ressortir des aspects précis des lois et des pratiques qui ont mené, ou qui risquent de mener, à des violations des droits de la personne (sept. 2004). Dans la section consacrée au recours à la peine de mort, HRW explique que différents États considèrent les relations homosexuelles comme un acte de sodomie, que leurs codes pénaux définissent comme [traduction] « les rapports sexuels avec tout homme ou toute femme allant à l'encontre de la nature », et que si elle est reconnue coupable, une personne accusée d'un tel crime risque la peine de mort par lapidation, par flagellation ou par [traduction] « tout autre moyen désigné par l'État » (HRW sept. 2004). HRW affirme toutefois que les recherches effectuées dans le cadre de l'étude n'ont permis de trouver aucune preuve selon laquelle une personne a déjà été condamnée à mort pour sodomie avec un adulte (ibid.). L'organisme a plutôt appris que [traduction] « dans la pratique, la plupart des cas de sodomie qui ont été présentés devant les tribunaux coraniques ne concernaient pas des relations sexuelles entre adultes consentants, mais plutôt des allégations d'agression sexuelle contre des enfants » (ibid.).
Dans un article publié en janvier 2005, HRW signale que le nombre de peines infligées par les tribunaux coraniques [traduction] « a diminué et [que] les autorités semblent montrer une certaine réticence à les exécuter ». Même si un certain nombre de personnes ont été condamnées à mort, aucune exécution n'a eu lieu depuis le début de l'année 2002 (HRW janv. 2005). Cependant, HRW se dit préoccupé par le manque de respect des tribunaux coraniques à l'égard des normes internationales concernant les procès équitables et l'application régulière de la loi, et ce, [traduction] « même au sens des lois de la charia; les défendeurs ont rarement accès à un avocat, ils ne sont pas informés de leurs droits et la formation des juges laisse à désirer » (ibid.).
Aucune mention de l'application, par le gouvernement fédéral, de la section du code pénal nigérian qui criminalise l'homosexualité et prévoit une peine d'emprisonnement de 14 ans sur déclaration de culpabilité n'a pu être trouvée parmi les sources consultées. Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un représentant d'Alliance Rights Nigeria (ARN), une organisation non gouvernementale qui fait valoir les droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels au Nigéria (BTM s.d.), a confié que [traduction] « le code pénal nigérian est plus strict sur papier que dans la pratique » (9 févr. 2005). De plus, il a affirmé qu'à Lagos, par exemple, les gays et les lesbiennes peuvent vivre librement en autant qu'ils n'empiètent pas sur les droits des autres (ARN 9 févr. 2005). Toutefois, il a fait remarquer que les gays et les lesbiennes qui habitent dans les États du nord du Nigéria ne sont pas aussi libres, car la charia y est appliquée de façon [traduction] « plus stricte » (ibid.).
Il convient de noter les propos tenus par le président du Nigéria sur l'homosexualité et les mariages entre conjoints de même sexe dans le cadre d'un discours prononcé à la Conférence africaine des évêques anglicans, qui a eu lieu à Lagos du 26 octobre au 1er novembre 2004 (Vanguard 31 oct. 2004; This Day 28 oct. 2004). S'adressant à plus de 300 évêques, le président Olusegun Obasango aurait déclaré :
[traduction]
« J'ai suivi, avec un vif intérêt, votre position fondée sur des principes contre la tendance tout à fait inacceptable aux mariages entre conjoints de même sexe et à l'homosexualité [...] cette tendance va clairement à l'encontre de la Bible et de la nature et n'est nullement africaine. Il ne fait aucun doute que le Seigneur qui nous a créés en tant qu'homme ou femme savait exactement ce qu'il faisait. Si je comprends bien les Écritures, toute autre forme de relation sexuelle constitue une perversion de l'ordre divin et un péché » (Vanguard 31 oct. 2004).
Attitudes de la société
Des preuves récentes de l'intolérance vis-à-vis l'homosexualité, qui règne depuis longtemps dans la société nigériane (UPI 25 févr. 2004; voir aussi Religion in the News automne 2003), en particulier au sein des communautés religieuses, ont été trouvées parmi les sources consultées (EAS 2 nov. 2004; ACN 2 nov. 2004; Vanguard 31 oct. 2004; This Day 28 oct. 2004; Daily Champion 20 sept. 2004; Sex Education avr. 2004; ARN 9 févr. 2005).
Le très révérend docteur Emmanuel Chukwuma, évêque du diocèse d'Enugu, a annoncé aux médias qu'environ 85 évêques de l'Église anglicane du Nigéria s'étaient rassemblés pour une réunion de quatre jours à Enugu, présidée par le primat archevêque de l'Église du Nigéria, le révérendissime docteur Peter Jasper Akinola, et avaient [traduction] « condamné l'homosexualité dans son intégralité » (Daily Champion 20 sept. 2004). Le révérend Chukwuma aurait affirmé que l'Église du Nigéria couperait les liens avec toute église ou tout membre affilié qui a donné son appui à l'homosexualité (ibid.).
Les participants à la Conférence africaine des évêques anglicans, dont il a déjà été question, ont parlé de mettre un terme à leur relation avec l'Église d'Angleterre en raison de leur divergence d'opinion concernant l'ordonnance d'un clergé homosexuel (EAS 2 nov. 2004). Au sujet des homologues de l'Église aux États-Unis et en Grande-Bretagne, le primat Peter Akinola aurait déclaré : [traduction] « [i]ls ont une nouvelle théologie et une nouvelle religion [et] nous croyons qu'il serait dangereux pour l'avenir de notre Église de continuer à envoyer nos propres futurs dirigeants dans ces institutions » (ibid.). Selon le East African Standard, l'autorité de l'Église africaine accepterait l'indépendance théologique afin de maintenir son rejet de l'homosexualité et des mariages entre conjoints de même sexe (2 nov. 2004).
Au sujet de l'homosexualité, le représentant de l'ARN a signalé que [traduction] « [l]e grand problème ici est la religion, puisque les prêtres, les pasteurs et les imams en parlent comme d'un acte satanique » (9 févr. 2005).
Dans un document intitulé Notions of Sex, Sexuality and Relationships Among Adolescent Boys in Rural Southeastern Nigeria, C. Otutubikey Izugbara, professeur de sociologie et d'anthropologie à l'université d'Uyo, présente les résultats d'une étude approfondie menée auprès de 120 garçons de langue igbo, âgés entre 10 et 21 ans, et issus du groupe ethnique Ngwa (Sex Education avr. 2004). Les opinions sur l'homosexualité constituaient un des aspects de l'étude qui traitait des images de la sexualité et des notions des relations avec les filles (ibid.). Selon M. Izugbara, lorsqu'on demandait aux participants ce qu'ils savaient de l'homosexualité, ils étaient tous d'avis que la pratique était une perversion (ibid.). Un garçon de 18 ans aurait mentionné avoir entendu que [traduction] « [l]a plupart des hommes et des femmes qui adoptent ce comportement sont des sorciers et des sorcières » (ibid.). Un autre garçon, âgé de 19 ans, a fait remarquer que l'Église prêche les dangers des relations homosexuelles, étant donné que la pratique est [traduction] « contre la volonté de Dieu » et liée à la sorcellerie (ibid.). M. Izugbara conclut son étude ainsi :
[traduction]
Les résultats obtenus, bien qu'ils ne soient ni concluants ni représentatifs de l'entière population adolescente du Nigéria, mettent en lumière un certain nombre de questions qui soutiennent la notion du culte du mâle. Cet aspect très important des relations hommes-femmes dans de nombreuses cultures partout dans le monde se compose d'un « formidable mélange de paternalisme, d'agression, de subordination systématique des femmes, de fétichisme du corps de la femme, d'idolâtrie de la capacité sexuelle de l'homme et de violence à l'endroit des femmes, associé à un rejet de l'homosexualité » (ibid.).
Malgré ce qu'elles ont pu constater de l'intolérance de la société africaine envers l'homosexualité, des organisations de défense des droits de la personne ont signalé qu'en août 2004, deux lesbiennes du Nigéria avaient assisté à une réunion de la Coalition des lesbiennes africaines (Coalition of African Lesbians CAL), anciennement connue sous le nom d'Alliance des lesbiennes africaines (African Lesbian Alliance ALA), à Windhoek, en Namibie (IGLHRC 19 nov. 2004; BTM 30 sept. 2004). La délégation nigériane, composée d'une représentante du Projet de soutien au Nigéria (Support Project in Nigeria SPIN), groupe qui milite en faveur des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres, et d'une représentante d'une organisation appelée le Centre international pour la santé génésique et les droits sexuels (International Centre for Reproductive Health and Sexual Rights INCRESE), était au nombre des femmes provenant de 14 pays africains, notamment la Sierra Leone, le Ghana, le Libéria, le Rwanda, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Zimbabwe, le Botswana, l'Afrique du Sud et le Mozambique, qui s'étaient réunies en vue d'établir la vision, les objectifs et la structure de l'organisation nouvellement créée (ibid.; IGLHRC 19 nov. 2004).
De plus, le représentant de l'ARN a signalé à la Direction des recherches, dans une communication écrite, que les gays et les lesbiennes organisent fréquemment des fêtes et fréquentent une boîte de nuit [traduction] « très ouverte aux gays » à Lagos (9 févr. 2005).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
365Gay.com. 29 novembre 2004. « Man Faces Death by Stoning for Gay Sex ». <http://www.365gay.com/newscon04/11/112904nigeria.htm> [Date de consultation : 11 févr. 2005]
Alliance Rights Nigeria (ARN). 9 février 2005. Communication écrite d'un représentant.
Anglican Communion Network (ACN). 2 novembre 2004. « Communique from the African Anglican Bishop's Conference ». <http://www.anglicancommunionnetwork.org/news/dspnews.cfm?id=96> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
Behind the Mask (BTM). 30 septembre 2004. Victor Mkhize. « Lesbian Visibility ». <http://www.mask.org.za/SECTIONS/AfricaPerCountry/ABC/nigeria/nigeria_9.htm> [Date de consultation : 6 janv. 2005]
_____. S.d. « Sagba's Organise in Nigeria Alliance Rights ». <http://www.mask.org.za/sections/AfricaPerCountry/nigeria/nigeria.html> [Date de consultation : 15 févr. 2005]
Daily Champion. [Lagos]. 20 septembre 2004. Nkiru Okeke. « Anglicans Decide on Gays ». (Behind the Mask) <http://www.mask.org.za/SECTIONS/mind%20body%20spirit/christianity_24.htm> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
The East African Standard (EAS) [Nairobi]. 2 novembre 2004. Samuel Rambaya et BBC. « African Bishops May Quit Anglican Church ». <http://allafrica.com/stories/printable/200411030469.html> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
Human Rights Watch (HRW). Janvier 2005. « Country Summary: Nigeria ». <http://www.hrw.org/english/docs/2005/01/13/nigeri9883.htm> [Date de consultation : 15 févr. 2005]
_____. Septembre 2004. Vol. 16, no. 9 (A). « "Political Shari'a"? Human Rights and Islamic Law in Northern Nigeria ». <http://www.hrw.org/reports/2004/nigeria0904/nigeria0904.pdf> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC). 19 novembre 2004. « Standing Up for Their Rights: Coalition of African Lesbians Formed in Windhoek ». <http://www.iglhrc.org/site/iglhrc/section.php?id=5&pos=0&print=1&detail=53> [Date de consultation : 8 févr. 2005]
Religion in the News [Hartford]. Automne 2003. Vol. 6, no. 3. Matthews A. Ojo. « The View From Lagos ». (Leonard E. Greenberg Center for the Study of Religion in Public Life, Trinity College). <http://www.trincoll.edu/depts/csrpl/RINVol6No3/viewfromlagos.doc.htm> [Date de consultation : 8 févr. 2005]
Sex Education. [Londres]. 1er avril 2004. Vol. 4, no. 1. C. Otutubikey Izugbara. « Notions of Sex, Sexuality and Relationships Among Adolescent Boys in Rural Southeastern Nigeria », p. 65-79.
This Day [Lagos]. 16 janvier 2005. Sunday Adigun. « Family in Search of Fleeing Sharia Offence Suspect ». <http://allafrica.com/stories/printable/200501180214.html> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
_____. 28 octobre 2004. Moses Jolayemi et Andrew Ahiante. « Gay Ordination: Obasanjo Backs African Bishops ». <http://allafrica.com/stories/printable/200410280695.html> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
United Press International (UPI). 25 février 2004. Elizabeth Bryant. « In Africa, Homophobia Goes Beyond the Church ». <http://www.aegis.com/news/upi/2004/UP040208.html> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
Vanguard [Lagos]. 28 novembre 2004. Ise-Oluwa Ige. « Sharia Court Declares Man Wanted over Alleged Homosexual Act ». <http://www.vanguardngr.com/articles/2002/nationalx/nr228112004.html> [Date de consultation : 20 janv. 2005]
_____. 31 octobre 2004. Sam Eyoboka. « African Anglicans Bishops' Bold Statement on Gay Marriages ». <http://allafrica.com/stories/printable/200411010468.html> [Date de consultation : 7 févr. 2005]
Autres sources consultées
Sites Internet, y compris : AllAfrica.com, Asssociation lesbienne et gay internationale.