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Title Nigéria : information sur le traitement des membres du Mouvement pour la réalisation de l'État souverain du Biafra (Movement for the Actualization of the Sovereign State of Biafra - MASSOB) et sur la protection offerte par l'État (août 2004-juin 2005)
Publisher Immigration and Refugee Board of Canada
Country Nigeria
Publication Date 27 June 2005
Citation / Document Symbol NGA100172.EF
Reference 7
Cite as Immigration and Refugee Board of Canada, Nigéria : information sur le traitement des membres du Mouvement pour la réalisation de l'État souverain du Biafra (Movement for the Actualization of the Sovereign State of Biafra - MASSOB) et sur la protection offerte par l'État (août 2004-juin 2005) , 27 June 2005, NGA100172.EF, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/440ed73028.html [accessed 30 May 2012]
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Nigéria : information sur le traitement des membres du Mouvement pour la réalisation de l'État souverain du Biafra (Movement for the Actualization of the Sovereign State of Biafra - MASSOB) et sur la protection offerte par l'État (août 2004-juin 2005)

Un certain nombre d'organismes chargés de surveiller la société civile, dont des organismes de défense des droits de la personne, des médias, des défenseurs des droits civils et des universitaires, affirment que les membres du Mouvement pour la réalisation de l'État souverain du Biafra (Movement for the Actualization of the Sovereign State of Biafra MASSOB) sont souvent victimes de harcèlement de la part des responsables de l'État et risquent d'être arrêtés et placés en détention par ces derniers (HRW janv. 2005; Danemark janv. 2005, 11-13; This Day 13 mars 2005; Daily Champion 18 mars 2005; Nations Unies 19 avr. 2005). Ils mentionnent que le groupe subit de telles contrariétés malgré sa politique de non-violence (Danemark janv. 2005, 11-13; This Day 13 mars 2005; Daily Champion 18 mars 2005; Nations Unies 19 avr. 2005).

Dans son World Report 2005, Human Rights Watch (HRW) affirme que les membres du mouvement pour l'indépendance du Biafra sont [traduction] « constamment harcelés et arrêtés » (janv. 2005). L'Organisation pour les libertés civiles (Civil Liberties Organization CLO), l'un des principaux groupes de défense des droits de la personne du Nigéria, a récemment condamné la [traduction] « répression brutale » exercée à l'encontre du MASSOB par les agents de sécurité de l'État (This Day 13 mars 2005). D'après la CLO, la police mobile a recours à une tactique consistant à [traduction] « tuer et se sauver » afin d'intimider [traduction] « un groupe non armé » (ibid.). Le Groupe pour la défense des droits de la personne et la justice (Human Rights and Justice Group), établi à Lagos, affirme que les agents de sécurité du gouvernement tuent systématiquement des membres du MASSOB, forçant ainsi nombre d'entre eux à fuir le pays par crainte pour leur vie (Daily Champion 18 mars 2005). Le professeur Pat Utomi, de l'université panafricaine à Lagos et commentateur populaire dans les médias du Nigéria, a expliqué que le souvenir de la guerre d'indépendance du Biafra (1967-1970) sous-tend la réaction excessive du gouvernement qui a mené à l'arrestation et à la détention de nombreux membres du MASSOB (Danemark janv. 2005, 11). D'après les Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN) des Nations Unies, [traduction] « la question de l'indépendance du Biafra demeure délicate pour le gouvernement, en particulier parce que [le président] Obasango, ancien général de l'armée, a combattu lors de la guerre civile du côté du gouvernement fédéral » (19 avr. 2005).

Lors d'un entretien avec des représentants du service de l'immigration du Danemark et du ministère de l'Intérieur britannique pendant leur mission d'enquête conjointe au Nigéria, Muhammad Sani Usman, agent principal de l'administration de la Commission nationale des droits de l'homme du Nigéria, a déclaré que le MASSOB est un mouvement politique non violent qui fait campagne pour une République indépendante du Biafra (Danemark janv. 2005, 11). Dans un autre entretien, Clement Nwankwo, avocat établi à Lagos et ancien directeur du groupe de défense des droits civils Projet sur les droits constitutionnels (Constitutional Rights Project), a souscrit aux propos de M. Usman, affirmant que le MASSOB est un mouvement non armé et non violent (ibid., 12).

Toutefois, M. Nwankwo a expliqué que, puisque les groupes non violents sont légaux au Nigéria, le gouvernement affirme avec insistance que le MASSOB est violent et l'a par conséquent interdit (ibid., 13). M. Nwankwo a ajouté que la force policière nationale (National Police Force NPF) avait faussement accusé des membres du MASSOB de porter des armes et il a prétendu que des preuves à cet effet sont probablement des [traduction] « mises en scène » orchestrées par la police pour fournir des motifs justifiant les arrestations et les mises en détention (ibid.). M. Nwankwo a fait remarquer que le MASSOB a créé un drapeau et une monnaie du Biafra, qui sont tous deux illégaux, et a affirmé que les personnes en possession du drapeau ou de la monnaie peuvent être accusées de trahison et condamnées à la peine de mort (ibid., 12; voir aussi Vanguard 26 mai 2005; The News 27 sept. 2004). Même si M. Nwankwo ne sait pas si des peines de mort ont été infligées à des membres du MASSOB, il affirme que les assassinats extrajudiciaires sont courants et que la NPF [traduction] « tue souvent des membres du MASSOB [...] en toute impunité » (Danemark janv. 2005, 12).

Selon un article des Nations Unies, par exemple, des organisations de défense des droits de la personne affirment que [traduction] « des dizaines de militants pro-Biafrais ont été assassinés au cours des six dernières années parce qu'ils avaient défendu de telles croyances et plus de 300 d'entre eux sont actuellement en détention après avoir été arrêtés par la police lors de manifestations et de rassemblements organisés par le MASSOB » (19 avr. 2005). La CLO affirme également que la police envahit régulièrement les maisons de membres soupçonnés du MASSOB, utilisent une force disproportionnée et souvent fatale et confisquent des biens (Nations Unies 19 avr. 2005; voir aussi The News 1er nov. 2004; Daily Champion 16 oct. 2004).

Des articles rédigés par l'Africa Research Bulletin (ARB) et par les Nations Unies laissent entendre que le gouvernement a durci son approche envers le MASSOB après que le groupe a organisé une grève le 26 août 2004, grève qui a fermé des entreprises et des marchés privés dans le Sud-Est et dans les principales villes contrôlées par des entreprises igbos telles que Lagos et Kano (ARB 1er-31 août 2004; Nations Unies 19 avr. 2005). Des médias nationaux ont mentionné que les entreprises dirigées par des Igbos ont cessé leurs opérations pendant une journée en signe de protestation contre la marginalisation qu'ils perçoivent de la part du gouvernement, en appui à une directive du MASSOB et malgré des directives officielles exigeant le contraire (Daily Champion 27 août 2004; Vanguard 29 août 2004). D'après le quotidien national Daily Champion, les régions du sud-est et du sud-sud du pays, y compris l'État du Plateau, ont adopté le statu quo tandis que des [traduction] « millions » de résidants sont restés à la maison, conformément à l'ordonnance du MASSOB (27 août 2004).

Le 11 septembre 2004, 53 personnes ont été arrêtées pour avoir participé à un tournoi de football pour jeunes du MASSOB à Lagos (BBC News 17 mars 2005; Vanguard 29 oct. 2004). Après avoir été incarcérées pendant six mois, elles ont été formellement accusées de trahison parce qu'elles avaient planifié une lutte contre le Nigéria et parce qu'elles étaient membres d'une société illégale qui avait tenté de soulever les Nigérians contre le président Olusegun Obasanjo (Nations Unies 19 avr. 2005).

Lors d'une autre mesure de répression à l'encontre des activités du MASSOB, la police a effectué une descente dans ce qu'elle a affirmé être un rassemblement séparatiste illégal, mais ce que le MASSOB a affirmé être un rassemblement religieux (Vanguard 10 mai 2005; Nations Unies 10 mai 2005; BBC News 9 mai 2005). D'après certains médias, la police a confirmé avoir arrêté, le 7 mai 2005 à Abakaliki, dans l'État d'Ebonyi, 80 personnes soupçonnées d'appartenir au MASSOB pour trahison, complot et rassemblement illégal (ibid.; Nations Unies 10 mai 2005; Vanguard 10 mai 2005).

Selon un avocat du Centre international du droit nigérian (International Centre for Nigerian Law ICNL), le projet de loi de 2002 sur l'interdiction de certaines associations (Prohibition of Certain Associations Act 2002) n'a pas été adopté par le Parlement et est depuis devenu caduc (17 juin 2005). Le projet de loi recommandait l'interdiction de toute association et de tout groupe quasi-militaire utilisant [traduction] « la force physique ou la coercition pour promouvoir un but ou un intérêt politique » (Nations Unies 11 avr. 2002).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile.

Références

Africa Research Bulletin (ARB) [Londres]. 1er-31 août 2004. Vol. 41, no 8. « Nigeria: The Biafran Question ».

BBC News [Londres]. 9 mai 2005. « Nigeria Charges Over Biafra Rally ». <http://newsvote.bbc.co.uk/mpapps/pagetools/print/news.bbc.co.uk/2/hi/africa/4530379.stm> [Date de consultation : 17 juin 2005]
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Daily Champion [Lagos]. 18 mars 2005. Alphonsus Nweze. « 300 Massob Activists in Jail-Group Alleges ». <http://allafrica.com/stories/printable/200503180329.html> [Date de consultation : 15 juin 2005]
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Human Rights Watch (HRW). Janvier 2005. « Nigeria ». World Report 2005. <http://hrw.org/english/docs/2005/01/13/nigeri9883_txt.htm> [Date de consultation : 16 juin 2005]

International Centre for Nigerian Law (ICNL). 17 juin 2005. Communication écrite envoyée par un avocat du département de l'aide juridique.

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_____. 19 avril 2005. Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN). « Nigeria: Government Cracks Down on Biafra Secessionist Movement ». <http://www.irinnews.org/print.asp?ReportID=46717> [Date de consultation : 27 mai 2005]
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Vanguard [Lagos]. 26 mai 2005. Austin Ogwuda. « Man Jailed for Hoisting Biafran Flag ». <http://allafrica.com/stories/printable/200505270422.html> [Date de consultation : 15 juin 2005]
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_____. 29 octobre 2004. Innocent Anaba. « Are We Back to the Days of Impunity with the Detention of 53 MASSOB Members? ». <http://allafrica.com/stories/printable/200410290081.html> [Date de consultation : 17 juin 2005]
_____. 29 août 2004. Paul Odili. « Biafra Day: How MASSOB Shut Down South-East ». <http://allafrica.com/stories/printable/200408300566.html> [Date de consultation : 17 juin 2005]

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