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Title Cameroun : une tradition voulant qu'une veuve soit forcée par sa belle-famille ou par le chef du village d'épouser le frère de son défunt mari; le cas échéant, information sur les régions du Cameroun où cette tradition est répandue et les groupes ethniques qui la pratiquent; les conséquences pour une veuve qui refuse de se plier à cette pratique; les recours à sa disposition et la protection qui lui est offerte (juillet 2005)
Publisher Immigration and Refugee Board of Canada
Country Cameroon
Publication Date 29 July 2005
Citation / Document Symbol CMR100428.F
Reference 1
Cite as Immigration and Refugee Board of Canada, Cameroun : une tradition voulant qu'une veuve soit forcée par sa belle-famille ou par le chef du village d'épouser le frère de son défunt mari; le cas échéant, information sur les régions du Cameroun où cette tradition est répandue et les groupes ethniques qui la pratiquent; les conséquences pour une veuve qui refuse de se plier à cette pratique; les recours à sa disposition et la protection qui lui est offerte (juillet 2005), 29 July 2005, CMR100428.F, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/440ed6e5a.html [accessed 2 June 2012]
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Cameroun : une tradition voulant qu'une veuve soit forcée par sa belle-famille ou par le chef du village d'épouser le frère de son défunt mari; le cas échéant, information sur les régions du Cameroun où cette tradition est répandue et les groupes ethniques qui la pratiquent; les conséquences pour une veuve qui refuse de se plier à cette pratique; les recours à sa disposition et la protection qui lui est offerte (juillet 2005)

Dans un document publié le 29 novembre 2004, l'Association [camerounaise] de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) signale que dans la province de l'Extrême Nord du Cameroun, où la « culture peuhle » est dominante, les femmes et les filles sont « plus victimes de discriminations », et ce notamment en raison du « poids de la tradition, de l'ignorance des lois et de la confusion entre la religion et la tradition locale ». Par conséquent, selon la même source d'information, les femmes et les filles sont victimes de violences de tout genre, y compris le « lévirat » (29 nov. 2004).

Le lévirat est, selon le site Internet d'afrik.com, une coutume africaine répandue chez certains groupes ethniques, selon laquelle la veuve est obligée d'épouser le frère de son mari défunt ou encore, un fils que ce dernier a eu avec une autre épouse (11 oct. 2004).

Les Country Reports 2004 signalent qu'en 2004 encore, dans certaines régions du Cameroun, qu'ils ne nomment toutefois pas, la femme était considérée comme faisant partie du patrimoine de son mari et que, par conséquent, [traduction] « la veuve était souvent forcée d'épouser l'un des frères de son mari défunt » (28 févr. 2005, sect. 2005). Selon la même source d'information, si la veuve refusait ce genre de mariage, [traduction] « elle devait rembourser l'intégralité de la dot et quitter le domicile familial » (Country Reports 2004 28 févr. 2005, sect. 5).

Jointe par téléphone le 26 juillet 2005 à Maroua, capitale de la province de l'Extrême Nord du Cameroun, une représentante de l'ALVF, également responsable du projet « Stratégies de lutte contre les mariages précoces et forcés, viol, sous-scolarisation de la fille, excision et IST-VIH/SIDA » dans cette province, a fourni toute l'information présentée ci-dessous.

Dans la province de l'Extrême Nord du Cameroun, le lévirat est très rependu au sein de tous les groupes ethniques. Ainsi, il est fréquent de voir une veuve épouser, bon gré mal gré, un frère de son défunt mari. En effet, dès lors que la famille du mari paie la dot, la femme fait automatiquement partie du patrimoine de son mari. Et, une fois le mari décédé, son patrimoine, y compris sa femme, est automatiquement transféré à sa famille qui en devient propriétaire; c'est généralement un des frères du mari qui hérite de la femme. Par ailleurs, dans la partie occidentale du Cameroun, et notamment chez les Bamilékés, il arrive souvent que le fils aîné d'un chef traditionnel épouse la veuve ou les veuves de son père, à l'exception de sa mère.

En général, les femmes acceptent un tel mariage pour éviter de se faire rejeter par les autres membres de la communauté, voire par ses propres parents. Le « construit social » est tellement ancré dans les mentalités qu'il serait difficile pour une femme de refuser une telle pratique, qui est acceptée par toute la communauté.

S'agissant de la province de l'Extrême Nord en particulier, les femmes, moins instruites, ignorent leurs droits. La représentante de l'ALVF ne connaît pas de cas où une femme ait porté plainte devant la justice ou devant les autorités administratives pour avoir été contrainte d'épouser un frère de son mari décédé. De leur côté, les autorités gouvernementales évitent d'intervenir dans ce qu'elles considèrent comme des pratiques culturelles traditionnelles.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Afrik.com. 11 octobre 2004. Habibou Bangré. « Une fois veuves, elles doivent épouser le frère du défunt. Gros plan sur la pratique du lévirat en Afrique ». <http://www.afrik.com/article7702.html> [Date de consultation : 26 juill. 2005]

Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF). 26 juillet 2005. Entretien téléphonique avec une représentante.
_____. 29 novembre 2004. Billé Siké. Stratégies de lutte contre les mariages forcés dans l'Extrême-Nord du Cameroun. <http://sisyphe.org/IMG/doc/doc-676.doc> [Date de consultation : 26 juill. 2005]

Country Reports on Human Rights Practices for 2004. 28 février 2005. « Cameroon ». Département d'État des États-Unis. Washington, D.C. <http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2004/41592.htm> [Date de consultation : 4 avr. 2005]

Autres sources consultées

Sites Internet, y compris : AllAfrica, CEDAW, Coalition internationale pour la santé des femmes (IWHC), Comité inter-africain (CIAF) sur les pratiques traditionnelles, European Country of Origin Information Network (ECOI.net), Famafrique, Feminist Women's Health Center, Femmes sous lois musulmanes, Freedom House, Human Rights Watch.

Copyright notice: This document is published with the permission of the copyright holder and producer Immigration and Refugee Board of Canada (IRB). The original version of this document may be found on the offical website of the IRB at http://www.irb-cisr.gc.ca/en/. Documents earlier than 2003 may be found only on Refworld.

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