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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Afghanistan |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Afghanistan |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Afghanistan, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/48426b231a.html [accessed 4 June 2012] |
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| République islamique d'Afghanistan | |
| Chef de l'État et du gouvernement | Hamid Karzaï |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 32,3 millions |
| Espérance de vie | 42,9 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 234 / 240 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 28 % |
L'escalade du conflit et l'insécurité croissante qui affectaient une grande partie du pays et qui ont été aggravées par la sécheresse et les inondations ont entraîné des déplacements forcés de population de grande ampleur tout au long de l'année. Au moins 6 500 personnes ont trouvé la mort dans le cadre du conflit. Des atteintes au droit international humanitaire et au droit international relatif aux droits humains ont été commises en toute impunité par toutes les parties au conflit, tant les forces de sécurité afghanes et internationales que les insurgés. Tous les acteurs en présence ont mené des attaques sans discrimination ; citons notamment les frappes aériennes de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et de l'opération Liberté immuable sous commandement américain, ainsi que les attentats-suicides imputables aux groupes armés. Selon le Bureau de sécurité des ONG en Afghanistan (ANSO), quelque 2 000 civils non combattants ont trouvé la mort ; plus du quart des victimes ont été tuées par les forces internationales et un peu moins de la moitié par les insurgés. Les droits à l'éducation, à la santé et à la liberté d'expression étaient violés, tout particulièrement dans le cas des femmes. Des défenseurs des droits humains et des journalistes, dont de nombreuses femmes, ont été menacés, agressés, incarcérés, voire tués. La réforme des services de l'État, notamment la police et les services de renseignement, progressait lentement. Les responsables gouvernementaux et les dirigeants locaux n'ont pas été amenés à rendre compte d'atteintes aux droits humains signalées. Quant aux possibilités d'accès à la justice, elles étaient limitées, voire inexistantes dans de nombreuses régions.
Le gouvernement afghan a poursuivi la mise en œuvre du Pacte pour l'Afghanistan conclu en 2006 avec ses partenaires internationaux, qui porte sur le développement, la sécurité et la gouvernance. Les effectifs des forces internationales, comprenant l'opération Liberté immuable et la FIAS, ont été portés à 49 000 au moins.
L'insurrection a gagné en intensité. Les talibans et d'autres groupes armés ont pris temporairement le contrôle d'un certain nombre de districts, surtout dans le sud du pays, et se sont régulièrement heurtés aux forces afghanes et internationales.
Le gouvernement afghan a rejeté les demandes des talibans qui réclamaient un retrait des forces internationales. Les tentatives en vue de faciliter le dialogue entre les parties en présence ont été plus nombreuses. Par ailleurs, les efforts visant à encourager une solution régionale du conflit ont débouché sur une jirga (assemblée tribale) de paix, qui s'est tenue en août et a rassemblé des participants afghans et pakistanais.
Système judiciaire
En juin, une conférence internationale a mis en lumière les carences graves et systématiques dans le fonctionnement de la justice afghane – au niveau du ministère de la Justice, des tribunaux, des prisons, de la police, de l'armée et de la Direction nationale de la sécurité (DNS, l'agence du renseignement afghane) – en dépit de l'aide internationale consacrée depuis plusieurs années à la réforme de ces institutions.
La mission de la DNS restait peu claire, le décret présidentiel qui précise ses pouvoirs étant toujours classé confidentiel. Dans la pratique, elle semblait disposer d'un mandat étendu lui permettant d'arrêter et d'interroger les personnes soupçonnées d'avoir commis des crimes contre la sécurité nationale, d'enquêter sur elles, de les poursuivre et de les condamner. L'absence de séparation entre ces diverses fonctions violait le droit des suspects à un procès équitable, favorisait l'impunité des auteurs de violations des droits humains et portait atteinte à l'état de droit. Des informations persistantes ont fait état d'actes de torture et de mauvais traitements infligés aux détenus par des agents de la DNS.
D'autres lacunes graves continuaient d'entraver le fonctionnement efficace de la justice : un personnel judiciaire non qualifié, une force de police mal formée et mal payée, une justice dont l'indépendance était menacée par les pressions des groupes armés, ainsi qu'une procédure judiciaire inéquitable, caractérisée par la violation du droit de faire citer des témoins et de les interroger et le déni du droit des accusés à bénéficier de l'assistance d'un avocat et à avoir l'accès à l'information. Le manque de confiance dans la justice officielle et la difficulté à y accéder entraînait le recours à des systèmes informels, particulièrement dans les zones rurales où plus de 80 p. cent des affaires étaient, semble-t-il, résolues par des mécanismes parallèles.
Impunité
Le climat d'impunité persistante a été renforcé par l'adoption, en février, d'un projet de loi d'amnistie qui a délié le gouvernement de toute responsabilité de traduire en justice les auteurs présumés d'atteintes aux droits humains et de crimes relevant du droit international commis dans le passé, notamment de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. En décembre, le président Karzaï a indiqué que son gouvernement n'avait pas encore les moyens d'arrêter bon nombre des responsables d'atteintes passées et présentes aux droits humains, ni d'engager des poursuites à leur encontre. Parmi les personnes accusées de tels agissements figuraient des membres du Parlement ainsi que des responsables de l'administration provinciale.
Aucun progrès n'a été accompli dans la mise en œuvre du Plan d'action pour la paix, la réconciliation et la justice lancé en février 2006.
Peine de mort
Quinze personnes ont été exécutées en octobre. Il s'agissait des premières exécutions depuis trois ans. Un condamné aurait réussi à échapper à la mise à mort en versant un pot-de-vin ; les 15 suppliciés ont été passés par les armes alors qu'ils essayaient de s'enfuir. Des détenus de la prison de Pul-e Charkhi ont immédiatement entamé une grève de la faim qui a duré dix jours. Ils ont affirmé que les suppliciés n'avaient pas bénéficié de procès équitables et transparents et que certains avaient été exécutés pour des motifs politiques.
À la connaissance d'Amnesty International, entre 70 et 110 personnes étaient sous le coup d'une condamnation à mort.
Homicides de civils
Plusieurs centaines de civils auraient été tués lors d'opérations menées par les forces internationales. Certains ont probablement été victimes d'attaques aveugles au cours de raids aériens, entre autres opérations qui pouvaient constituer une violation du droit international humanitaire. À la mi-2007, à la suite de plusieurs cas très médiatisés dans lesquels des civils avaient été tués par les forces internationales, les forces de la FIAS ont adopté de nouvelles consignes d'ouverture du feu. On ignorait l'impact de cette initiative. Des informations faisaient toutefois régulièrement état de pertes civiles disproportionnées au cours des opérations militaires des forces étrangères.
Torture et autres formes de mauvais traitements
Les forces de la FIAS continuaient de transférer des détenus à la DNS malgré les informations faisant état de torture et de mauvais traitements infligés par des agents de ce service. Les forces internationales ne surveillaient pas toujours le sort des détenus après leur transfert.
Par ailleurs, les troupes participant à l'opération Liberté immuable, sous commandement américain, continuaient de remettre des détenus à la DNS ou de les transférer dans des centres de détention gérés par les États-Unis, notamment la base aérienne de Bagram, à proximité de Kaboul. Les autorités américaines ont transféré plus d'une centaine de prisonniers de Bagram et de Guantánamo dans le bloc D rénové de la prison de haute sécurité de Pul-e Charkhi, à la périphérie de Kaboul. On ne savait pas exactement quelle autorité avait la responsabilité du bloc D. Environ 600 prisonniers étaient, semble-t-il, toujours incarcérés à Bagram à la fin de l'année.
Enlèvements et homicides
Des groupes armés, parmi lesquels figuraient les talibans, le Hezb-e Islami (Parti de l'islam) et Al Qaïda, prenaient délibérément les civils pour cible dans le cadre du conflit les opposant au gouvernement afghan et aux forces internationales. Ils ont notamment tué des personnes qui, supposaient-ils, travaillaient pour le gouvernement afghan ou les forces étrangères, ou bien collaboraient avec eux. Affirmant que les enlèvements étaient une « bonne tactique », Mullah Dadullah, un commandant des talibans, a encouragé les combattants à recourir davantage à cette méthode. Les enlèvements ont connu une forte augmentation dans le sud et le sud-est du pays.
Attentats-suicides
Des groupes armés ont perpétré environ 140 attentats-suicides contre des cibles civiles et militaires, tuant quelque 300 civils.
Homicides à l'issue de procédures quasi judiciaires
Les talibans et d'autres groupes armés ont procédé à des exécutions illégales à l'issue de procédures quasi judiciaires.
Des restrictions sévères continuaient de peser sur la liberté d'expression. Plusieurs journalistes ont été arrêtés ou intimidés, voire tués. Des membres de la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan et des représentants d'organisations locales de défense des droits humains ont également fait l'objet de menaces.
Le Syndicat indépendant des journalistes d'Afghanistan a recensé 53 cas de violences exercées contre des journalistes au cours de l'année, tant par le gouvernement afghan que par les insurgés talibans. Six journalistes ont trouvé la mort à la suite de ces attaques.
Les droits des femmes étaient toujours restreints dans bien des domaines. Les femmes qui travaillaient pour les pouvoirs publics étaient la cible de menaces et plusieurs ont été victimes de tentatives d'assassinat.
La diminution des attaques contre les écoles a permis la réouverture de certains établissements dans des zones peu sûres ; le nombre d'enfants scolarisés a augmenté d'une manière générale. Toutefois, de nombreuses fillettes ne pouvaient pas aller à l'école en raison de craintes pour leur sécurité. Selon le deuxième rapport de la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan sur les droits économiques et sociaux, publié en août, 36,1 p. cent des fillettes en âge d'aller à l'école n'étaient pas scolarisées à cause de problèmes d'accessibilité, et notamment de sécurité.
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