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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Burundi |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Burundi |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Burundi, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842723cc.html [accessed 4 June 2012] |
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| République du Burundi | |
| Chef de l'État | Pierre Nkurunziza |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 8,1 millions |
| Espérance de vie | 48,5 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 185 / 162 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 59,3 % |
En raison de tensions politiques, le gouvernement n'a pas mis en œuvre les mesures prévues pour la protection des droits humains. Les négociations de paix entre le gouvernement et le dernier groupe d'opposition armé ont abouti dans une impasse. L'administration de la justice laissait encore beaucoup à désirer et les conditions de détention étaient déplorables. De très nombreux placements en détention et arrestations arbitraires ont été signalés et la torture et les mauvais traitements étaient monnaie courante. Cette année encore, des femmes, des jeunes filles et des fillettes ont été victimes de violences sexuelles, notamment de viols. Le gouvernement a tardé à prendre les mesures requises pour instaurer des mécanismes destinés à enquêter sur les crimes graves commis pendant les douze années du conflit qui a pris fin en 2005, et à en poursuivre les auteurs.
Protestant contre le fait qu'ils étaient sous-représentés au gouvernement, les partis de l'opposition ont boycotté les travaux de l'Assemblée nationale. Ce boycott a empêché la promulgation de plusieurs textes législatifs importants, notamment un nouveau code pénal qui aurait érigé en infractions la torture et d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants (y compris les violences visant les femmes et les enfants) et aurait aboli la peine capitale.
Un remaniement ministériel opéré le 13 juillet a avivé les tensions entre le gouvernement et les partis d'opposition. Ce n'est que le 14 novembre qu'une nouvelle réorganisation ministérielle – qui s'est traduite par une meilleure représentation de l'opposition – a permis de sortir de l'impasse.
Diverses modalités de l'accord global de cessez-le-feu signé en septembre 2006 par le gouvernement et le dernier groupe d'opposition armé, les Forces nationales de libération (FNL), n'ont pas été mises en œuvre. Le Mécanisme conjoint de vérification et de suivi, une plateforme de négociation pour l'application du processus de paix, a commencé ses travaux le 19 février. Arguant de menaces pour leur sécurité, les délégués des FNL se sont retirés en juillet de l'équipe de suivi du processus de paix, et à la fin de l'année les négociations étaient toujours au point mort. En septembre et en octobre, de violents affrontements entre deux factions des FNL ont été signalés dans les environs de Bujumbura, la capitale du pays.
La communauté internationale s'est déclarée préoccupée par l'instabilité politique et les menaces qu'elle faisait peser sur le processus de paix en cours et sur le bon fonctionnement des institutions nationales.
Certaines institutions financières internationales ont également exhorté le gouvernement à s'attaquer au problème de la corruption.
Il est arrivé à de nombreuses reprises que les autorités ne respectent pas la durée légale de la détention provisoire. Tout au long de l'année, des arrestations et des placements en détention arbitraires imputables aux services de renseignement, à la police ou à l'armée ont été signalés, dont 112 mises en détention pour le seul mois de janvier. Un grand nombre des personnes arrêtées étaient des partisans supposés des FNL. De surcroît, les forces de sécurité ont été impliquées dans des exécutions extrajudiciaires de civils.
La torture et autres mauvais traitements étaient couramment pratiqués dans tout le pays. Des organisations locales de défense des droits humains, dont l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) au Burundi, ont régulièrement signalé des actes de torture et des mauvais traitements attribuables à la police nationale burundaise, aux Forces de défense nationale et aux services de renseignement.
En février, le Comité contre la torture [ONU] a recommandé au gouvernement de combattre le climat d'impunité, de renforcer les moyens de l'appareil judiciaire et de garantir son indépendance, et d'instaurer des mécanismes efficaces pour surveiller tous les lieux de détention.
Dans les provinces de Bujumbura-rural, Cibitoke et Bubanza, des membres des FNL se sont livrés à plusieurs reprises à des actes de violence sur des civils. Ils se sont rendus coupables de vol, d'extorsion et d'enlèvements contre rançon et ont violé des femmes et des jeunes filles. D'après des observateurs des droits humains, ils ont recruté des enfants pour combattre dans leurs rangs.
Les violences sexuelles, notamment les viols, demeuraient très répandues dans tout le pays. Un certain nombre de viols ont été commis par des militaires ou des policiers. Dans la plupart des cas où les viols ont été déclarés, les victimes étaient des jeunes filles mineures. En règle générale, les violeurs n'ont été ni poursuivis ni sanctionnés par les autorités et le taux de poursuites pour violences sexuelles ayant débouché sur des condamnations est resté très bas. Redoutant souvent d'être montrées du doigt, la plupart des victimes gardaient le silence. Des victimes de viol et leurs familles ont eu recours au système traditionnel et informel de résolution des conflits, qui prévoit souvent de négocier avec l'agresseur ou ses proches et d'accepter une somme d'argent en dédommagement.
Au Burundi, le système de maintien de l'ordre et l'appareil judiciaire fonctionnaient mal et des réformes s'imposaient d'urgence. Le système judiciaire manquait de ressources humaines, financières et matérielles. La formation des responsables de l'application des lois et du personnel judiciaire était insuffisante et le problème de la corruption subsistait. Le manque de confiance dans le système s'est traduit par de nombreux incidents au cours desquels des personnes ont été violemment prises à partie, voire tuées, par une foule ayant voulu faire justice elle-même.
Selon certaines sources, des décisions judiciaires ont été influencées par le gouvernement.
Les prisons étaient surpeuplées et l'hygiène y était déplorable. Les détenus ne bénéficiaient pas des traitements et des soins requis par leur état, en particulier les personnes atteintes du sida ou séropositives au VIH. Les registres pénitentiaires n'étaient pas tenus correctement.
À la fin du mois de novembre, plus de 8 000 personnes étaient incarcérées et la majorité d'entre elles ne mangeaient pas à leur faim. D'après les organisations de défense des droits humains et les autorités pénitentiaires, les détenus n'ayant pas encore été jugés représentaient entre 65 et 70 p. cent de la population carcérale. Plus de 400 enfants âgés de treize à dix-huit ans étaient maintenus en détention, souvent dans la même cellule que des adultes.
Le problème de la surpopulation se posait également dans les cellules des postes de police. Dans les locaux de la police de Kayanza, par exemple, 76 personnes auraient été enfermées dans une cellule de 13 mètres carrés. En juin, 58 suspects étaient incarcérés dans une cellule du poste de Kirundo prévue pour 40 personnes. Il y avait aussi des enfants : un mineur était détenu avec 71 hommes.
Les actes de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis durant le conflit sont restés impunis. Le projet de mise en place d'une commission de vérité et de réconciliation et d'un tribunal spécial chargé d'enquêter sur ces crimes et d'en juger les auteurs ne s'est pas concrétisé. Dès le début, les deux parties n'ont pas réussi à s'entendre sur les questions relatives à l'amnistie et aux rapports entre la commission de la vérité et le tribunal spécial, ni sur l'indépendance de l'organe chargé des poursuites.
En mai, le président a confirmé que l'amnistie ne concernerait pas les crimes de guerre, le génocide, les crimes contre l'humanité et autres violations graves des droits humains. Les deux parties ont convenu de lancer des consultations nationales sur la mise en place des deux mécanismes et sur l'instauration d'un comité directeur réunissant des membres du gouvernement, des Nations unies et de la société civile burundaise. Le 2 novembre, le gouvernement a signé un accord officiel marquant le début de six mois de consultations. Celles-ci ont été saluées comme un premier pas décisif vers l'établissement d'une justice de transition au Burundi.
Au total, 38 087 Burundais réfugiés à l'étranger sont revenus dans leur pays entre janvier et novembre. D'avril 2002 à novembre 2007, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a procédé au rapatriement de plus de 374 700 Burundais qui s'étaient réfugiés en Tanzanie voisine. Quelque 9 000 familles burundaises ont été expulsées de Tanzanie sur l'ensemble de l'année.
À maintes reprises, des journalistes ont été menacés d'être arrêtés uniquement pour avoir exercé leur profession.
Des actes de harcèlement et d'intimidation de journalistes, y compris des agressions physiques, ont également été signalés.
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