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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Bangladesh |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Bangladesh |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Bangladesh, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842723737.html [accessed 5 June 2012] |
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| République populaire du Bangladesh | |
| Chef de l'État | Iajuddin Ahmed |
| Chef du gouvernement | Iajuddin Ahmed, remplacé provisoirement par Fakhruddin Ahmed le 12 janvier |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 147,1 millions |
| Espérance de vie | 63,1 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 65 / 64 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 47,5 % |
Dans le cadre de l'état d'urgence décrété à la suite d'une période de violences politiques généralisées, les droits humains ont fait l'objet de restrictions sévères. Des centaines de milliers de personnes soupçonnées d'avoir commis des activités délictueuses ou enfreint les dispositions de l'état d'urgence auraient été arrêtées. Le recours à la torture demeurait systématique. Plus d'une centaine de cas de mort en détention ont été imputés aux forces de sécurité, mais personne n'a eu à rendre compte de ces actes. Six hommes au moins ont été exécutés.
Après plusieurs semaines d'affrontements violents entre les sympathisants des principaux partis politiques, l'état d'urgence a été proclamé le 11 janvier. Les élections qui devaient avoir lieu le 22 janvier ont été reportées jusqu'en 2008. Le président Iajuddin Ahmed a nommé un nouveau gouvernement intérimaire, dirigé par Fakhruddin Ahmed et soutenu par l'armée. La police et l'armée ont été déployées pour assurer le maintien de l'ordre.
Le nouveau gouvernement a lancé un programme de lutte contre la corruption et pris des mesures en vue d'une réforme judiciaire et électorale, mais la mise en œuvre de ces réformes a été excessivement lente. Le rôle de l'armée dans la vie politique, ainsi que des problèmes économiques tels que l'augmentation considérable du prix des denrées alimentaires – entre autres produits de base – , étaient des sources de profonde préoccupation.
Le gouvernement a annoncé la création d'une commission nationale des droits humains. Amnesty International a prié les autorités de veiller à ce que le mandat, l'indépendance et les moyens de cette commission lui permettent d'être un mécanisme efficace de protection des droits humains.
À Dacca, à Chittagong et à Khulna, plus de 60 000 habitants de bidonvilles ont été expulsés de chez eux après que les autorités eurent démoli leurs habitations. Ils n'ont été ni relogés ni indemnisés.
Le cyclone Sidr, qui s'est abattu à la mi-novembre sur certaines régions du sud-ouest du pays, a détruit le logement et les moyens de subsistance de plus d'un million de personnes, et fait plus de 3 000 morts.
Les dispositions de l'état d'urgence ont restreint la liberté d'association et de réunion, supprimé des garanties constitutionnelles contre l'arrestation arbitraire, et conféré aux forces de l'ordre des pouvoirs étendus en matière d'arrestation. L'interdiction des rassemblements politiques a été partiellement levée au mois de septembre afin de permettre aux partis politiques de préparer le dialogue avec la Commission électorale au sujet des réformes des scrutins. Les membres des partis soutenus par le gouvernement ont été autorisés à se réunir sans restriction tout au long de l'année.
Les garanties d'équité ont été mises à mal par le recours à des tribunaux d'exception qui ont imposé des restrictions sévères aux contacts des avocats avec leurs clients, et privé les personnes inculpées en vertu des dispositions de l'état d'urgence de la possibilité d'être remises en liberté sous caution.
Les forces de sécurité, notamment l'armée et les unités paramilitaires déployées en vertu de l'état d'urgence aux côtés de la police, ont commis des violations des droits humains en toute impunité. Elles se sont notamment rendues coupables de torture et d'autres formes de mauvais traitements et, probablement, d'exécutions extrajudiciaires. La police souffrait d'un manque de formation et de matériel ainsi que de l'absence de mécanismes efficaces de contrôle et de responsabilisation. Les membres de l'armée accusés de violations des droits humains n'étaient pratiquement jamais tenus de rendre compte de leurs actes devant les mécanismes judiciaires civils.
Plus d'une centaine de morts en détention ont été imputées aux forces de sécurité. Aucune mesure ne semble avoir été prise pour traduire en justice les responsables.
Selon certains médias, les autorités ont déclaré que plus de 440 000 personnes ont été arrêtées pour des motifs divers au cours de l'année. Nombre d'entre elles ont été emprisonnées de manière arbitraire, dans un premier temps en vertu des dispositions de l'état d'urgence. Elles ont ensuite fait l'objet d'ordonnances de mise en détention aux termes de la Loi de 1974 sur les pouvoirs spéciaux. Certains de ces détenus ont été inculpés d'infractions à motivation politique.
Des personnes détenues en vertu de l'état d'urgence ont été accusées d'« extorsion », entre autres activités délictueuses. Parmi elles figuraient plus de 160 personnalités politiques appartenant aux principaux partis, ainsi que des hommes et femmes d'affaires aisés. Des prisonniers détenus sans jugement aux termes des dispositions de l'état d'urgence ou de la Loi sur les pouvoirs spéciaux auraient été torturés ou maltraités.
Les restrictions de grande ampleur pesant sur les médias n'étaient pas strictement appliquées, mais leur maintien renforçait l'autocensure pratiquée par les journalistes et les rédacteurs en chef. Des journalistes ont été menacés d'arrestation s'ils critiquaient l'armée ou les services de renseignement.
Comme les années précédentes, des défenseurs des droits humains ont été victimes de détentions arbitraires et torturés. Des avocats auraient été menacés d'être arrêtés pour corruption si jamais ils envisageaient d'intervenir dans certaines affaires très médiatisées.
Le gouvernement a pris des mesures pour mettre en œuvre la décision rendue en 1999 par la Cour suprême, qui prévoyait la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire, et la modification en conséquence des lois concernées. Le nouveau système est entré en vigueur le 1er novembre. Il semblait toutefois que les magistrats administratifs pourraient conserver certains pouvoirs judiciaires.
Les demandes se sont multipliées au cours de l'année en faveur de l'ouverture d'enquêtes sur les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les autres violations graves du droit international humanitaire et relatif aux droits humains commis en 1971. Toutefois, cette année encore, le gouvernement n'a pris aucune initiative pour mettre en œuvre la Loi de 1973 relative aux crimes internationaux (tribunaux). Par ailleurs, aucune commission officielle n'a été désignée pour dresser un bilan global des événements de 1971, déterminer les responsabilités et émettre des recommandations en vue d'accorder réparation aux victimes.
Comme les années précédentes, des actes de violence contre les femmes ont été signalés, notamment des coups, des agressions à l'acide et des assassinats liés à la dot.
Au moins 90 hommes et trois femmes ont été condamnés à mort et six hommes au moins ont été exécutés.
Topics: Violence against women, Torture, Police, State of emergency, Security forces, Torture, Violence against women, Death penalty, Death in custody, Arbitrary arrest and detention, Freedom of expression, Human rights activists,