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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Chine |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | China |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Chine, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/484272402.html [accessed 2 June 2012] |
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| République populaire de Chine | |
| Chef de l'État | Hu Jintao |
| Chef du gouvernement | Wen Jiabao |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 1,331 milliard |
| Espérance de vie | 72,5 ans |
Un nombre croissant de militants des droits humains ont été emprisonnés, assignés à résidence, placés sous surveillance ou harcelés cette année. Les autorités ont poursuivi leur politique de répression envers les minorités, en particulier les Tibétains, les Ouïghours et les Mongols. Les pratiquants du Fa Lun Gong étaient considérablement exposés au risque d'être torturés ou de subir d'autres formes de mauvais traitements en détention. Des chrétiens ont été persécutés pour avoir pratiqué leur foi en dehors des circuits officiels. Malgré le rétablissement de l'examen par la Cour populaire suprême des condamnations à mort, la peine capitale restait entourée du plus grand secret et continuait d'être très fréquemment utilisée. Les actes de torture sur des personnes détenues demeuraient très répandus. Des millions de gens n'avaient pas accès à la justice et étaient forcées de passer par un système extrajudiciaire inefficace de dépôt de plaintes pour tenter d'obtenir réparation. Les femmes et les jeunes filles continuaient de souffrir de la violence et de la discrimination. Les préparatifs en vue des Jeux olympiques de 2008 à Pékin ont été accompagnés de mesures de répression contre des militants des droits humains. La censure d'Internet et d'autres médias s'est intensifiée.
Étant donné que les statistiques relatives à la peine de mort étaient toujours considérées comme un secret d'État, il était difficile de vérifier si, comme l'affirmaient les autorités, le rétablissement de l'examen des condamnations par la Cour populaire suprême avait réduit le nombre d'exécutions. Les estimations établies par Amnesty International à partir des données rendues publiques faisaient état d'au moins 470 exécutions et 1 860 condamnations à la peine capitale en 2007, mais tout portait à croire que ces chiffres étaient bien en deçà de la réalité.
En vertu d'une décision rendue en juin par la Cour populaire suprême, les infractions passibles de la peine capitale devaient être jugées en première instance dans le cadre d'un procès public, et les procédures d'appel devaient progressivement devenir publiques. Toutefois, ces procès se déroulaient encore à huis clos, la police recourait souvent à la torture pour obtenir des « aveux » et les détenus étaient privés de leur droit de s'entretenir rapidement et régulièrement avec leurs avocats. La peine capitale demeurait applicable pour 68 infractions, dont beaucoup ne relevaient pas de la criminalité violente, comme des faits de corruption ou des infractions à la législation sur les stupéfiants.
Celles et ceux qui exerçaient pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression ou d'association, en particulier, restaient fortement exposés au risque d'être victimes d'une disparition forcée, détenus illégalement et au secret, placés en résidence surveillée, mis sous surveillance, battus ou harcelés.
On estimait à 500 000 le nombre de personnes faisant l'objet d'une détention à caractère punitif sans inculpation ni procès, par le biais de la « rééducation par le travail » et d'autres formes de détention administrative. Les avancées législatives en vue de la réforme de la « rééducation par le travail » sont restées bloquées à l'Assemblée populaire nationale. La police a eu recours à ce régime de détention ainsi qu'à la « désintoxication obligatoire », une autre forme de détention administrative, pour « nettoyer » Pékin à l'approche des Jeux olympiques.
Pour 11 à 13 millions de personnes, selon certaines estimations, le seul moyen réaliste d'obtenir justice demeurait extrajudiciaire et consistait à déposer une plainte auprès des autorités locales ou à un niveau supérieur. La majorité des affaires traitées par le biais de ce système restaient néanmoins non résolues.
La torture demeurait une pratique courante en détention.
Si l'espace accordé aux activités de la société civile a continué de croître, les défenseurs des droits humains soulevant des questions jugées politiquement sensibles ont davantage été pris pour cible cette année. Les autorités ont réprimé les activités des défenseurs des droits humains en les inculpant de dégradation de biens publics, chantage et fraude, entre autres.
Les actes de harcèlement se sont multipliés contre les défenseurs des droits humains et leurs proches, y compris des enfants, sous forme, notamment, de placements sous surveillance, d'assignations à domicile et de passages à tabac. Ces actes étaient imputables aussi bien à des représentants de l'État qu'à des agresseurs non identifiés. Les avocats ont été particulièrement pris pour cible, et ils étaient de plus en plus nombreux à voir leur demande de renouvellement de licence rejetée.
Plusieurs militants sont morts en détention ou peu après leur libération.
Les autorités chinoises s'employaient toujours à contrôler rigoureusement la circulation des informations. Elles décidaient des sujets et des informations pouvant être rendues publiques, et les médias disposaient parfois de quelques minutes à peine pour appliquer les directives du gouvernement. Les pouvoirs publics continuaient de bloquer l'accès à certains sites web et de filtrer les contenus en ligne en fonction de certains mots clés et sujets.
Une trentaine de journalistes, d'après les informations dont disposait Amnesty International, et une cinquantaine d'autres personnes étaient en prison pour avoir exprimé leurs opinions sur Internet. De nombreuses personnes ont été sanctionnées alors qu'elles n'avaient fait que consulter des sites interdits.
Malgré un assouplissement provisoire, à l'approche des Jeux olympiques, des règlements s'appliquant aux journalistes étrangers en Chine, les professionnels des médias, tant chinois qu'étrangers, faisaient toujours l'objet de contrôles stricts. De nombreux journalistes chinois ont été emprisonnés pour avoir évoqué des sujets sensibles. En avril, le ministère de la Sécurité publique aurait ordonné un filtrage de tous les participants aux Jeux olympiques de Pékin après avoir défini 43 catégories de personnes à exclure, certaines en fonctions de critères politiques ou religieux.
Les femmes souffraient de la discrimination dans les domaines de l'emploi, de l'éducation et de l'accès aux soins de santé. La traite de femmes et de jeunes filles, en particulier de Nord-Coréennes (voir plus loin), restait un phénomène répandu. Les violences conjugales demeuraient courantes et constitueraient l'une des principales causes de suicide chez les femmes des zones rurales.
En mai, des dizaines de femmes de la région autonome zhuang du Guangxi, dans le sud-ouest de la Chine, auraient subi des avortements forcés sous la supervision de responsables des services locaux du planning familial, alors qu'elles étaient parfois dans leur neuvième mois de grossesse.
Des millions de personnes ont été privées du droit de vivre librement leur religion. Pour avoir pratiqué leur culte en dehors des circuits officiellement reconnus, plusieurs milliers restaient détenues, risquant sérieusement d'être torturées. Au nombre des personnes les plus durement persécutées figuraient les pratiquants du Fa Lun Gong, les musulmans ouïghours, les bouddhistes tibétains et les groupes chrétiens clandestins.
Au cours de 2007, plus d'une centaine de membres du Fa Lun Gong seraient morts en détention ou peu après leur remise en liberté, des suites de torture, de privation de nourriture ou de soins médicaux, ou d'autres formes de mauvais traitements.
La police a fréquemment interrompu des services organisés dans des églises « domestiques » (lieux de prière installés chez des particuliers) protestantes, et arrêté et battu leurs participants. Certains de ces lieux de culte clandestins ont été détruits.
Les membres de l'Église catholique chinoise non officielle étaient la cible de mesures de répression. Han Dingxiang, un évêque catholique, est mort en détention dans des circonstances suspectes. Cet homme âgé avait passé plus de vingt ans en prison. Les autorités locales ont rapidement procédé à sa crémation.
Les membres de courants religieux, toutes fois confondues, rencontraient des difficultés à trouver des avocats pour les représenter, étant donné que ceux qui acceptaient des affaires aussi délicates étaient souvent harcelés, arrêtés et emprisonnés.
La Chine a continué cette année d'invoquer la « guerre contre le terrorisme » pour justifier sa répression sévère contre les membres de l'ethnie ouïghoure. Installés pour la plupart dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, ceux-ci ont été la cible de graves violations des droits humains. L'expression non violente de l'identité culturelle ouïghoure constituait une infraction pénale. À la connaissance d'Amnesty International, les Ouïghours étaient le seul groupe ethnique en Chine dont des membres ont été condamnés à mort et exécutés pour des infractions à caractère politique, par exemple pour des « activités séparatistes ».
Par le biais de l'Organisation de coopération de Shanghai, la Chine a exercé des pressions, avec un succès croissant, sur ses voisins, en particulier le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, afin que ceux-ci coopèrent au renvoi forcé de Ouïghours en Chine.
Le nombre de Ouïghours arrêtés à l'étranger et envoyés de force en Chine a augmenté. Ces hommes et ces femmes, dont certains n'étaient pas de nationalité chinoise, risquaient la peine de mort, voire l'exécution, une fois sur le territoire chinois.
La Chine a poursuivi sa politique de migration de masse de Hans au Xinjiang pour remédier à de soi-disant pénuries de main-d'œuvre, tandis que de très nombreuses femmes et jeunes filles ouïghoures – plus de 200 000 selon certaines informations – étaient envoyées dans des usines de Chine orientale, souvent sous la contrainte des autorités locales, pour y trouver des conditions de travail difficiles et des salaires de misère.
En 2007, les libertés de religion, d'expression et d'association étaient encore sévèrement restreintes pour les Tibétains. Le Bureau d'État des affaires religieuses a établi un système de contrôle gouvernemental pour le recensement et la formation des enseignants bouddhistes tibétains à travers la Chine. Les manifestations pacifiques de soutien au Dalaï Lama étaient toujours sévèrement punies, de même que les tentatives de diffusion à l'étranger d'informations sur la répression contre les Tibétains.
Selon certaines sources, environ 50 000 Nord-Coréens vivaient clandestinement en Chine dans la crainte constante de l'expulsion. Ils étaient chaque mois plusieurs centaines, d'après certaines estimations, à être renvoyés de force en Corée du Nord sans avoir eu la possibilité de contacter les services du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Chine. Il s'agissait pour la plupart de femmes, dont beaucoup étaient arrivées en Chine par le biais de réseaux de traite et dont le principal moyen d'éviter l'expulsion était d'être vendues comme épouses à des Chinois. Les enfants des réfugiées nord-coréennes sont apatrides dans les faits et il leur est difficile d'avoir accès aux services de santé et d'éducation.
En juillet, à l'occasion du dixième anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour demander des réformes en matière politique et sur le plan des droits humains. Plusieurs centaines de pratiquants du Fa Lun Gong venus de l'étranger se sont vu refuser l'entrée sur le territoire hongkongais à l'approche de cet anniversaire. En décembre, le Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale a décidé que l'élection au suffrage universel du chef de l'exécutif de la Région administrative spéciale de Hong Kong pourrait être envisagée non pas en 2012, mais en 2017.
Violences contre les femmes
Le nombre de cas de violences conjugales a augmenté de 120 p. cent au cours des trois premiers mois de l'année, une hausse attribuée au fait que les femmes étaient davantage disposées à signaler ces brutalités à la police. Des militants ont appelé de leurs vœux de nouvelles modifications de l'Ordonnance relative à la violence domestique, afin que les auteurs de tels agissements puissent être poursuivis en justice et que ses dispositions soient étendues aux couples homosexuels.
Discrimination contre les lesbiennes et les gays
Les militants pour les droits des lesbiennes et des gays ont dénoncé une décision prise en janvier par l'autorité de régulation des médias audiovisuels, qui a estimé qu'un programme télévisé mettant en scène des couples homosexuels était tendancieux et n'était pas fait pour être regardé en famille. En juillet, le Tribunal suprême a jugé discriminatoire une loi qui érigeait en infraction les relations sexuelles entre deux personnes de même sexe en public, alors que les relations hétérosexuelles de même nature n'étaient pas passibles de sanctions.
Demandeurs d'asile
Cette année encore, des demandeurs d'asile inculpés d'infractions à la législation sur l'immigration sont restés privés de liberté en attendant que leur demande soit examinée. En mai, une ONG locale a indiqué que de nombreux demandeurs d'asile présents dans des centres de détention avaient été déshabillés devant d'autres détenus, et qu'ils avaient été humiliés par des membres des services de l'immigration et privés d'une prise en charge médicale satisfaisante.
Vingt-neuf demandeurs d'asile retenus au centre de Castle Peak ont observé une grève de la faim de trois jours, en octobre, afin de protester contre leur maintien prolongé en détention. Selon des associations de soutien, certains étaient privés de liberté depuis près d'une année, alors que les autorités affirmaient que la plupart se trouvaient là depuis un mois environ.
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