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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Iran |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Islamic Republic of Iran |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Iran, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842725150.html [accessed 2 June 2012] |
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| République islamique d'Iran | |
| Guide | Ali Khamenei |
| Président | Mahmoud Ahmadinejad |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 71,2 millions |
| Espérance de vie | 70,2 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (M/F) | 32 / 31 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 82,4 % |
Les autorités ont continué de réprimer la dissidence. Des journalistes, des écrivains, des universitaires, ainsi que des défenseurs des droits des femmes et des militants de la société civile, ont été victimes d'arrestations arbitraires, d'interdictions de voyager et de harcèlement ; des ONG ont été fermées. Comme les années précédentes, les autorités ont été confrontées à l'opposition armée, essentiellement de groupes kurdes et baloutches, et la répression des minorités s'est poursuivie. La discrimination envers les femmes restait généralisée tant dans la législation qu'en pratique. Le recours à la torture et aux mauvais traitements était répandu dans les prisons et les centres de détention. Une campagne sécuritaire annoncée en avril a été marquée par une forte augmentation des exécutions. Au moins 335 condamnés ont été exécutés, dont sept étaient mineurs à l'époque des crimes dont ils étaient accusés. Cette année encore, des peines de lapidation, d'amputation et de flagellation ont été prononcées et appliquées.
Le programme iranien d'enrichissement de l'uranium est resté au centre des tensions internationales. Les autorités américaines et israéliennes refusaient d'exclure la possibilité d'une opération militaire contre l'Iran, et le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé, en mars, de nouvelles sanctions au pays. En septembre, le gouvernement des États-Unis a classé le Corps des Gardiens de la révolution islamique d'Iran dans la catégorie des « organisations terroristes » en raison du soutien présumé qu'il apportait aux insurgés en Irak et en Afghanistan. En décembre, les services de renseignement américains ont publié un rapport établissant que l'Iran avait mis un terme en 2003 à son programme d'armement nucléaire. Le même mois, l'Assemblée générale des Nations unies exprimait sa préoccupation à l'égard de la situation des droits humains en Iran.
L'ayatollah Meshkini, président de l'Assemblée des experts qui supervise la désignation du Guide suprême, est décédé en juillet et a été remplacé par l'ancien président Hashemi Rafsanjani.
Un nombre croissant d'Iraniens vivaient dans la pauvreté en raison de la dégradation de la situation économique. Des émeutes ont éclaté en juin à la suite de l'introduction de mesures de rationnement de l'essence. En octobre, les forces de sécurité ont eu recours à la force pour briser une grève qu'observaient depuis trois mois les ouvriers de la sucrerie d'Haft Tapeh, dans la province du Khuzestan, pour tenter d'obtenir le paiement de leurs salaires et de leurs primes. Ces ouvriers et d'autres, ainsi que des enseignants, ont organisé des manifestations de grande ampleur qui ont été suivies d'arrestations.
La formulation vague des lois ainsi que des pratiques très dures ont donné lieu à une répression généralisée de l'opposition, même pacifique. Les manifestations étaient souvent suivies d'arrestations massives et de procès inéquitables. Les autorités continuaient de contrôler strictement l'accès à Internet. Des journalistes, des universitaires et des blogueurs, dont certains avaient une double nationalité, ont été arrêtés et condamnés à des peines d'emprisonnement ou de flagellation. Plusieurs publications ont été interdites. En avril, le ministre du Renseignement, Gholam Hossein Ejei, a accusé publiquement les étudiants et le mouvement de défense des droits des femmes de participer à une tentative de « renversement en douceur » du gouvernement iranien.
Les organisations indépendantes de défense des droits humains, entre autres ONG, étaient toujours confrontées à des délais importants souvent plusieurs années pour obtenir une reconnaissance officielle, ce qui les exposait au risque de fermeture pour activités illégales. Des étudiants qui faisaient campagne en faveur d'un plus grand respect des droits humains ont subi des représailles, et ont notamment été victimes d'arrestations arbitraires et de torture. Des défenseurs des droits humains ont été persécutés en raison de leur action ; certains étaient considérés par Amnesty International comme des prisonniers d'opinion.
Les femmes continuaient d'être victimes de discrimination généralisée dans la loi et en pratique. Plusieurs milliers ont été arrêtées parce qu'elles ne respectaient pas le code vestimentaire obligatoire.
Des militantes de la Campagne pour l'égalité ont été victimes de harcèlement et certaines ont été arrêtées. Cette campagne a pour but de recueillir dans le pays un million de signatures pour une pétition réclamant la fin de la discrimination légalisée envers les femmes. En août, Nasim Sarabandi et Fatemeh Dehdashti ont été condamnées à six mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans pour avoir « agi contre la sécurité de l'État en diffusant de la propagande contre le système ». Elles étaient les premières personnes jugées et condamnées pour avoir recueilli des signatures. Quatre militantes de cette campagne étaient détenues sans inculpation ni jugement à la fin de l'année : Ronak Safarzadeh et Hana Abdi, kurdes, arrêtées à Sanandaj respectivement en octobre et en novembre ; Maryam Hosseinkhah et Jelveh Javaheri, arrêtées à Téhéran en raison de leur travail sur le site Internet de la campagne. Les autorités ont constamment filtré et entravé l'accès au site.
Delaram Ali, une militante des droits des femmes qui avait été arrêtée en juin 2006 à la suite d'une manifestation pacifique organisée pour réclamer le respect des droits des femmes, a vu sa peine de trente mois d'emprisonnement suspendue temporairement grâce à une campagne locale et internationale menée en sa faveur. Trente-trois militantes ont été arrêtées en mars au cours d'un rassemblement devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran, alors qu'elles manifestaient contre le procès de cinq femmes poursuivies à la suite de la manifestation de juin 2006. Elles ont toutes été libérées, mais certaines ont fait l'objet d'inculpations.
Comme les années précédentes, les membres de minorités ethniques qui militaient en faveur d'une meilleure reconnaissance de leurs droits culturels et politiques ont fait l'objet de mesures de répression.
Arabes
Au moins huit Arabes ahwazis ont été exécutés pour avoir participé, en 2005, à des attentats à l'explosif perpétrés dans la province du Khuzestan. Au moins 17 autres Arabes d'Iran étaient, semble-t-il, en instance d'exécution à l'issue de procès inéquitables pour leur implication dans ces mêmes attentats. De très nombreux Arabes ahwazis, peut-être plusieurs centaines, auraient été arrêtés en avril à l'approche de l'anniversaire des émeutes de 2005. Les manifestants avaient alors protesté contre une lettre attribuée à un conseiller à la présidence – qui avait démenti en être l'auteur – et dans laquelle était énoncé un ensemble de mesures visant à réduire la population arabe du Khuzestan.
Azéris
Plusieurs centaines de militants azéris ont été arrêtés à la suite d'une manifestation pacifique organisée à l'occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, le 21 février. Les manifestants réclamaient l'utilisation de leur langue dans les écoles et autres établissements éducatifs du nord-ouest de l'Iran à majorité azérie.
Baloutches
Le groupe armé baloutche Joundallah (Soldats de Dieu) a mené des attaques contre des agents de l'État iraniens ; il a notamment perpétré, en février, un attentat à l'explosif contre un autobus transportant des Gardiens de la révolution. Ce groupe a également pris des otages, dont au moins un a été tué.
Kurdes
Des membres du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) ont attaqué les forces iraniennes, qui ont bombardé des régions du nord de l'Irak où elles pensaient que les combattants de ce mouvement s'étaient réfugiés. De nombreux Kurdes ont été arrêtés ; nombre d'entre eux ont été accusés d'appartenance à des groupes interdits ou de liens avec ceux-ci. Les journalistes et les défenseurs des droits humains risquaient tout particulièrement d'être harcelés et emprisonnés.
Minorités religieuses
Les baha'is continuaient d'être persécutés dans tout le pays du fait de leurs croyances. Dans 10 villes au moins, 13 baha'is – peut-être davantage – ont été arrêtés et soumis à des formes de harcèlement et à des mesures discriminatoires. Il leur était par exemple impossible de faire des études supérieures, ou d'obtenir un prêt bancaire ou le versement d'une pension de retraite. Neuf cimetières baha'is ont été profanés.
En août et en novembre, de très nombreuses personnes ont été blessées lors d'affrontements auxquels ont participé des soufis ; plus de 100 personnes ont été arrêtées en novembre. Un couple – un chrétien converti qui avait épousé une chrétienne selon le rite musulman – aurait été flagellé en septembre à Goh=ar Dasht en raison de ses croyances.
La torture et d'autres formes de mauvais traitements restaient fréquents dans de nombreux centres de détention et prisons ; la période prolongée précédant l'inculpation, au cours de laquelle les détenus peuvent être privés de tout contact avec un avocat et avec leur famille, facilitait le recours à ces pratiques. Deux personnes au moins sont mortes en détention, probablement des suites de torture. Les tortionnaires n'étaient pratiquement jamais tenus de rendre compte de leurs actes.
Le nombre d'exécutions a considérablement augmenté et, à la fin de l'année, on recensait au moins 335 suppliciés. Le chiffre réel était très probablement plus élevé. Certains condamnés ont été exécutés en public, le plus souvent lors de pendaisons collectives. La peine capitale a été prononcée pour toute une série de crimes, dont le trafic de drogue, le vol à main armée, le meurtre, l'espionnage, les actes de violence politique et les infractions sexuelles. L'instauration en mai 2006 dans l'est du pays d'un tribunal « spécial » destiné à réduire le délai entre le crime et la sentence a entraîné une augmentation sensible du nombre d'exécutions de Baloutches.
Mineurs délinquants
Au moins six personnes âgées de moins de dix-huit ans au moment des faits qui leur étaient reprochés ont été exécutées. Soixante-quinze autres mineurs délinquants, peut-être plus, étaient sous le coup d'une sentence capitale. La condamnation à mort d'au moins deux mineurs délinquants – Sina Paymard et Nazanin Fatehi – a été commuée en une peine d'emprisonnement à la suite de protestations aux niveaux national et international.
Exécution par lapidation
Jafar Kiani a été lapidé à Takestan en juillet, bien que le responsable du pouvoir judiciaire lui ait accordé un sursis à exécution. Des responsables gouvernementaux ont dit par la suite que le juge chargé de cette affaire « s'était trompé ». À la fin de l'année, au moins neuf femmes, dont la coaccusée de Jafar Kiani, et deux hommes risquaient d'être lapidés. En novembre, des responsables du pouvoir judiciaire ont annoncé qu'une nouvelle version du Code pénal avait été soumise au Parlement pour approbation et que, si elle était adoptée, elle permettrait la commutation des peines de lapidation.
Cette année encore, des peines de flagellation et d'amputation ont été prononcées et appliquées.
Huit personnes au moins qui avaient été reconnues coupables de vol ont subi l'amputation de doigts ou de la main.
Topics: Juvenile justice system, Baluchis, Arabs, Religious minorities, Torture, Azeri, Kurd, Inhuman treatment, Minorities, Gender discrimination, Torture, Death penalty, Freedom of expression, Human rights activists,