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| Title | Amnesty International Rapport 2008 - Jordanie |
| Publisher | Amnesty International |
| Country | Jordan |
| Publication Date | 28 May 2008 |
| Cite as | Amnesty International, Amnesty International Rapport 2008 - Jordanie, 28 May 2008, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4842725531.html [accessed 2 June 2012] |
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| Royaume hachémite de Jordanie | |
| Chef de l'État | Abdallah II |
| Chef du gouvernement | Maarouf Bakhit, remplacé par Nader al-Dhahabi le 25 novembre |
| Peine de mort | maintenue |
| Population | 6 millions |
| Espérance de vie | 71,9 ans |
| Mortalité des moins de cinq ans (m/f ‰) | 23 / 21 ‰ |
| Taux d'alphabétisation des adultes | 91,1 % |
Cette année encore, des personnes soupçonnées de participation à des activités terroristes ont comparu devant la Cour de sûreté de l'État pour être jugées au cours de procès non conformes aux règles d'équité. Des accusés ont été condamnés à des peines d'emprisonnement ou à la peine capitale, bien qu'ils aient affirmé avoir été torturés. Des femmes ont encore été victimes de discrimination, de violences domestiques et de meurtres pour des questions « d'honneur ».
Un nouveau gouvernement, dirigé par le Premier ministre Nader al Dahabi, a été constitué à l'issue des élections qui ont eu lieu en novembre et que les ONG n'ont pas été autorisées à observer. Quatre femmes, soit trois de plus que dans le précédent gouvernement, étaient au nombre des 27 ministres. La Jordanie accueillait environ 500 000 Irakiens et près de deux millions de réfugiés palestiniens enregistrés auprès de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), dont la majorité étaient de nationalité jordanienne.
Les autorités n'ont, semble-t-il, pris aucune mesure pour mettre en œuvre la plupart des recommandations que le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a formulées dans un rapport à la suite d'une visite en 2006. Dans ce document, rendu public le 5 janvier, le rapporteur spécial concluait que la torture était très répandue et, dans certains endroits, systématique ; il réclamait l'ouverture d'informations judiciaires contre au moins huit agents de l'État dûment identifiés. Le responsable du service juridique du ministère des Affaires étrangères a rejeté, le 31 janvier, les conclusions de ce rapport en les déclarant « erronées et sans fondement ». Toutefois, le 1er décembre, le gouvernement a modifié l'article 208 du Code pénal en vue de prohiber le recours à la torture et d'adopter une définition de cette pratique identique à celle énoncée dans la Convention contre la torture [ONU]. La modification ne disposait pas que les peines prévues pour les auteurs de tels agissements devaient être en conformité avec la Convention.
Dans au moins huit procès qui se sont déroulés devant la Cour de sûreté de l'État, les accusés se sont rétractés, affirmant que les « aveux » qu'ils avaient formulés au cours de leur détention provisoire leur avaient été extorqués sous la torture. À la connaissance d'Amnesty International, la Cour n'a ordonné aucune enquête sérieuse sur ces allégations.
Au moins 20 personnes soupçonnées d'activités terroristes se sont plaintes d'avoir été forcées sous la torture, pendant leur détention provisoire, de signer des « aveux » qu'elles ont ensuite rétractés devant le juge.
Le 31 janvier, le responsable du service juridique du ministère des Affaires étrangères a démenti les informations selon lesquelles les États-Unis administraient des centres de détention secrets en Jordanie.
Le 4 novembre, les autorités américaines ont renvoyé dans leur pays trois Jordaniens qui étaient détenus sur la base navale de Guantánamo Bay, à Cuba. Arrêtés à leur arrivée, Osama Abu Kabir, Ahmad Hasan Sulayman et Ibrahim Zaydan ont été incarcérés pendant une semaine avant de recouvrer la liberté. Ils n'ont pas été autorisés à rencontrer leur famille ni à consulter un avocat durant leur détention en Jordanie, mais ils ont déclaré avoir été bien traités.
Dix-sept femmes auraient été victimes de meurtres pour des questions « d'honneur ».
Comme les années précédentes, les auteurs de ces crimes étaient condamnés à des peines légères.
Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes [ONU] a recommandé aux autorités jordaniennes, le 10 août, de promulguer une loi d'ensemble sur l'égalité des sexes et de modifier ou d'abroger les dispositions discriminatoires du Code du statut personnel, du Code pénal et de la Loi sur la nationalité. Le Comité a également préconisé une modification du Code pénal afin que les auteurs de crimes « d'honneur », qu'ils soient ou non prémédités, ne bénéficient pas d'une réduction de peine et que l'article 99 – qui réduit de moitié la peine à laquelle le meurtrier a été condamné si la famille de la victime lui accorde son pardon – ne s'applique pas aux crimes « d'honneur » et autres affaires dont la victime a un lien de parenté avec l'auteur. Il a également demandé aux autorités de faire en sorte qu'un violeur n'échappe pas au châtiment en épousant sa victime.
Le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) a signalé, le 25 novembre, que dans deux tiers des cas environ la famille de la victime retire la plainte déposée contre l'auteur des violences, pour lequel il devient d'autant plus facile d'obtenir une peine plus légère.
Au moins cinq personnes ont été condamnées à mort à l'issue de procès qui se sont déroulés devant la Cour de sûreté de l'État, bien qu'elles y aient déclaré avoir été torturées. On ignorait si cette instance avait pris les mesures qui convenaient pour enquêter sur ces allégations. Douze autres personnes ont été condamnées à la peine capitale par un tribunal pénal.
En mai, la Cour de cassation a ordonné à la Cour de sûreté de l'État de réexaminer les sentences capitales prononcées contre neuf personnes déclarées coupables d'avoir planifié une attaque chimique à Amman. L'affaire était toujours en instance à la fin de l'année.
Le 29 juillet, le roi Abdallah a commué en peines de quinze ans d'emprisonnement les sentences capitales prononcées contre sept personnes accusées de participation dans les violences commises en 2002 dans la ville de Maan. Un certain nombre d'accusés ont affirmé qu'on les avait torturés pour leur extorquer des « aveux ».
Le 21 mars, le Parlement a adopté une nouvelle Loi relative à la presse et aux publications et a rejeté une clause qui aurait permis d'emprisonner des journalistes pour certains délits de presse. Ceux-ci étaient toujours passibles de peines d'emprisonnement aux termes d'autres lois, et notamment du Code pénal, pour insultes envers le roi et incitation à des luttes de factions et à la sédition.
Les autorités ont interdit un certain nombre de réunions pacifiques et ont déposé un projet de loi visant à imposer de nouvelles restrictions aux activités des ONG.
La Jordanie comptait parmi sa population 1,9 million de réfugiés palestiniens, dont la majorité étaient de nationalité jordanienne. Le pays a accueilli environ 500 000 réfugiés irakiens au cours des dernières années. En 2007, un nombre croissant d'Irakiens qui tentaient d'entrer en Jordanie ont été refoulés. Des réfugiés et des demandeurs d'asile irakiens ont été arrêtés en Jordanie et renvoyés de force dans leur pays. L'entrée en Jordanie était toujours refusée, en violation du droit international relatif aux réfugiés, à 193 réfugiés kurdes d'Iran qui vivaient dans des conditions déplorables sous des tentes, en Irak, à proximité de la frontière jordanienne.
Topics: Counter-terrorism, Violence against women, Torture, Refugees, Detention, Migrant workers, Torture, Violence against women, Death penalty, Freedom of expression, Freedom of association, Freedom of assembly, Pre-trial detention,