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| Title | Chine : information sur la situation des catholiques et le traitement que leur réservent les autorités, notamment au Fujian et au Guangdong (2001-2005) |
| Publisher | Immigration and Refugee Board of Canada |
| Country | China |
| Publication Date | 7 September 2005 |
| Citation / Document Symbol | CHN100386.EF |
| Reference | 7 |
| Cite as | Immigration and Refugee Board of Canada, Chine : information sur la situation des catholiques et le traitement que leur réservent les autorités, notamment au Fujian et au Guangdong (2001-2005), 7 September 2005, CHN100386.EF, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/440ed6d928.html [accessed 5 June 2012] |
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Information générale
Selon l'Association patriotique des catholiques chinois (APCC), en juin 2004, il y avait 5,2 millions de catholiques en Chine et en moyenne 70 000 personnes y étaient baptisées chaque année (China Daily 21 juin 2004; voir aussi Agence de presse Xinhua 21 avr. 2005). Toutefois, il est difficile de déterminer précisément le nombre exact des membres de l'Église catholique officielle et non officielle en Chine (The Economist 21 avr. 2005; voir aussi BBC 9 nov. 2004) parce que les chiffres donnés varient parmi les sources consultées par la Direction des recherches. The Economist signale que les autorités chinoises [traduction]« tentent d'empêcher les chercheurs chinois ou étrangers d'effectuer des sondages qui pourraient remettre en question la position officielle selon laquelle le christianisme est toujours un phénomène marginal » (21 avr. 2005). Le Vatican estime qu'il y a environ dix millions de catholiques en Chine (The Economist 21 avr. 2005; International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect. 1) tandis que la BBC affirme qu'environ huit millions de personnes sont membres d'églises non enregistrées, en plus des cinq millions d'adeptes des églises reconnues par l'État (8 avr. 2005). D'autres sources estiment que la Chine compte 12 millions de catholiques (Calgary Herald 8 févr. 2004; IHT 5 avr. 2005; Tripod automne 2004).
De nouvelles sources mentionnent que le nombre de catholiques en Chine a augmenté depuis les années 1980, mais moins rapidement que le nombre de protestants (The Asian Wall Street Journal 21 avr. 2005; The Economist 21 avr. 2005; IHT 5 avr. 2005). Radio 86, radio culturelle et d'information sur la Chine, a signalé que le catholicisme était traditionnellement pratiqué dans les régions rurales, mais qu'il avait commencé à gagner du terrain dans les villes, notamment auprès des professionnels et les étudiants universitaires (7 mai 2005).
Il y a, semble-t-il, 70 évêques et 1 200 prêtres travaillant dans au moins 90 diocèses dépendant de l'APCC (China Daily 21 juin 2004). Les estimations du nombre total d'évêques membres de l'Église non officielle fluctuent entre 46 et 50 (Cardinal Kung Foundation s.d.; Tripod automne 2004). Le Centre d'études du Saint-Esprit (Holy Spirit Study Centre), section de recherches du diocèse de Hong Kong s'occupant essentiellement de la situation des catholiques en Chine continentale (s.d.), estimait qu'il y avait environ 1 000 prêtres appartenant à l'Église non officielle, 1 700 religieuses et 10 séminaristes (Tripod automne 2004).
AsiaNews.it, site d'information sur les congrégations religieuses en Asie (3 déc. 2003), mentionne que la province du Hebei, située dans le Nord du pays, compte [traduction] « la plus forte concentration de catholiques » en Chine (AsiaNews.it 8 juin 2005; voir aussi International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect. 2; The Washington Post 29 avr. 2005) et un article du 5 avril 2005 de l'IHT souligne que le Hebei est [traduction] « un foyer d'activités religieuses clandestines dans le Nord de la Chine ».
Selon Beatrice Leung, spécialiste du catholicisme en Chine qui travaille à l'Université Lingnan de Hong Kong, c'est dans les grandes villes chinoises que l'Église officielle est [traduction] « la mieux établie », tandis que les pratiquants dans les régions rurales [traduction] « souvent ne se préoccupent pas des règles gouvernementales » (IHT 5 avr. 2005).
Pratique du catholicisme en Chine
Selon un rapport de la British Broadcasting Corporation (BBC), les églises reconnues par l'État ne doivent entretenir aucun lien avec le Vatican, doivent notamment prôner l'utilisation des contraceptifs et exalter l'ascension au paradis de l'ancien dirigeant chinois, Mao Zedong (24 déc. 2003). AsiaNews.it a signalé que les dirigeants de l'Église officielle doivent suivre la [traduction] « "formation" » de plusieurs mois du gouvernement chinois sur la politique en matière de religion ainsi que des cours sur le marxisme et sur l'autorité du Parti communiste chinois (25 juin 2004). La même source a toutefois signalé que la majorité des évêques nommés par l'APCC depuis l'an 2000 [traduction] « avaient secrètement demandé la reconnaissance du Saint-Siège et pris l'initiative d'une réconciliation » (AsiaNews.it 25 juin 2004). L'International Herald Tribune (IHT) a mentionné qu'au cours des dernières années, les évêques nommés par l'Église officielle avaient demandé l'approbation écrite du Vatican avant d'entrer en fonction (5 avr. 2005). Selon le père Benoît Vermander, directeur de l'Institut Ricci (Ricci Institute) à Taïwan, plus de la moitié des évêques de l'Église officielle possèdent [traduction] « au moins une reconnaissance de fait » du Vatican (CathNews 10 mars 2004; voir aussi Burton 24 avr. 2003, 9; USA Today 4 avr. 2005).
En revanche, l'Église non officielle entretient des liens avec le Vatican qui a secrètement reconnu tous les évêques non enregistrés (BBC 24 déc. 2003; CathNews 10 mars 2004; International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect. 1). Toutefois, le gouvernement chinois considère ces liens comme une ingérence d'un organisme étranger dans les affaires intérieures du pays et par conséquent, un obstacle à la régularisation des relations entre les deux États (Agence de presse Xinhua 21 avr. 2005).
En juin 2005, le Saint-Siège a nommé monseigneur Giuseppe Xing Wenzhi évêque de Shanghai; c'était la première fois que le gouvernement chinois acceptait au sein de l'Église officielle un candidat du Vatican (AsiaNews.it 28 juin 2005). Cependant, AsiaNews.it a dit ignorer si le nouvel évêque obtiendrait la permission d'établir des relations avec le Vatican ou avec l'Église catholique à l'étranger (ibid.).
Un article du Washington Post daté du 29 avril 2005 affirme que la position de l'Église non officielle en Chine est probablement plus solide de nos jours qu'elle ne l'a jamais été sous le régime communiste. En dépit des arrestations continues de prêtres et d'évêques, nombre de congrégations non enregistrées pratiquent ouvertement leur religion, même dans la province du Hebei (The Washington Post 29 avr. 2005). De nouvelles églises non enregistrées ont été construites, semble-t-il, au Hebei : selon des prêtres locaux, les représentants officiels [traduction] « ferment les yeux soit parce qu'ils sympathisent avec les pratiquants, soit parce qu'ils souhaitent imposer des droits et faire payer des amendes aux responsables de ces églises » (ibid.).
Certains dirigeants de congrégations non enregistrées ont signalé que le gouvernement exerçait des pressions afin qu'ils s'enregistrent auprès de l'État (International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004). Selon le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong (Hong Kong Christian Council), qui se rend régulièrement en Chine continentale pour y évaluer l'état de la liberté de religion et dont la dernière visite en Chine remonte à août 2005, les représentants du gouvernement rencontrent périodiquement les dirigeants des églises non enregistrées afin de les convaincre de s'enregistrer auprès de l'Association patriotique des catholiques chinois (secrétaire exécutif 1er sept. 2005a). En juin 2004, AsiaNews.it a souligné que le gouvernement avait lancé une campagne visant à convaincre les évêques non enregistrés de rompre tout lien avec le Vatican pour se placer sous l'autorité du gouvernement chinois (AsiaNews.it 25 juin 2004). En réponse aux allégations du Vatican selon lesquelles des évêques avaient été arrêtés et détenus, le Bureau des affaires religieuses de Beijing a expliqué qu'il avait organisé [traduction] « "des cours à l'intention des religieux locaux afin de leur enseigner [sa] politique en matière de religion" » et que les évêques assistaient à ces cours [traduction] « "volontairement" » (ibid.).
Traitement réservé aux catholiques par les autorités
Selon la fondation du cardinal Kung (Cardinal Kung Foundation), qui est installée au Connecticut et soutient l'Église catholique en Chine, tous les évêques de l'Église non enregistrée sont [traduction] « en prison, en détention à domicile, sous surveillance stricte ou passés dans la clandestinité » (s.d). L'Asian Wall Street Journal a cité le président de la fondation, Joseph Kung, lequel a déclaré qu'entre janvier et avril 2005 trois évêques de l'Église non enregistrée avaient été emprisonnés et deux autres faisaient l'objet d'une surveillance permanente (7 avr. 2005). Des prêtres de l'Église ont également été la cible d'arrestations (Cardinal Kung Foundation s.d.). En juillet 2002, trois prêtres de l'Église non enregistrée à Baoding, au Hebei, auraient été condamnés à trois ans de camp de travail en vertu des lois contre les sectes (ibid.). Freedom House signale que selon Human Rights Watch (HRW), les autorités ont utilisé ces lois pour condamner des membres de groupes religieux autres que le Falun Gong, qui était la cible principale de ces lois (23 août 2004).
La fondation du cardinal Kung souligne également qu'un ensemble de sanctions allant de l'amende et la détention à domicile aux peines d'emprisonnement et à l'internement en camp de travail ont été infligées aux personnes membres de l'Église non officielle (s.d.). Les autorités auraient également effectué des descentes dans les églises non enregistrées et en auraient démolies certaines : la BBC a signalé que les autorités avaient rasé une église en 2002 (24 déc. 2003) et la fondation du cardinal Kung a souligné qu'une église avait été démolie en juin 2003 (s.d.). En se fondant sur des renseignements provenant du centre d'information pour les droits de la personne et la démocratie (Information Center for Human Rights and Democracy) de Hong Kong, l'Agence France-Presse (AFP) a mentionné qu'en décembre 2004, des policiers avaient effectué une descente dans une église non enregistrée de la province du Zhejiang, détruisant un décor improvisé pour un office de Noël; toutefois, l'église n'avait pas été endommagée (27 déc. 2004).
Le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong déclare dans une communication écrite à la Direction des recherches que selon le gouvernement central actuel, l'attitude à adopter vis-à-vis des groupes chrétiens non enregistrés doit être un mélange de dissuasion et de tolérance (1er sept. 2005a). Julius Jia Zhiguo, évêque de l'Église non officielle au Hebei, dont les déplacements paraissent limités par la police depuis 1995, a aussi déclaré au Washington Post que la situation générale des catholiques non enregistrés s'améliorait (29 avr. 2005). Selon le secrétaire exécutif, des dirigeants sont parfois arrêtés, non pas en raison de la politique sur la religion, mais plutôt lorsque les réunions des groupes religieux non enregistrés [traduction] « deviennent trop violentes ou trop visibles » ou lorsque les représentants locaux tentent d'extorquer de l'argent aux églises non enregistrées (secrétaire exécutif 1er sept. 2005a). En réalité, selon lui, l'extorsion de fonds est à l'origine de la plupart des arrestations de dirigeants religieux ayant été signalées, en Chine centrale notamment (ibid.). Le secrétaire exécutif a également remarqué une tendance persistante dans certaines régions de la Chine, très peu connue hors du pays, selon laquelle les sites et les organismes religieux s'enregistrent auprès des autorités locales, mais non auprès de l'Association patriotique des catholiques chinois (ibid. 1er sept. 2005b). Par exemple, en 2005, plus de 70 églises chrétiennes, y compris des églises catholiques, se sont enregistrées auprès de l'administration locale de la province du Zhejiang, mais non auprès de leur propre association patriotique (ibid.). Aucune information corroborante n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.
D'autres sources soulignent que le traitement des catholiques membres de l'Église non officielle de Chine varie selon les régions (The Washington Post 29 avr. 2005; voir aussi Chan et Carlson 2005, 16; International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect. 2). Kim-Kwong Chan et Eric R. Carlson, coauteurs d'un guide de recherche sur les affaires religieuses en Chine, ont souligné ce qui suit :
[traduction]
en raison de problèmes de coordination à tous les niveaux dans un pays aussi vaste que la Chine, la mise en œuvre de la politique du Parti sur la liberté de religion peut aller de l'appui envers les groupes religieux à leur suppression. Les politiques locales déterminent l'application définitive de la politique sur la religion [...] Par conséquent, il faut être extrêmement prudent lorsque l'on interprète la mise en œuvre de la politique sur la religion, puisque la Chine compte des milliers d'administrations locales où les compétences administratives et les connaissances techniques des cadres en matière de religion varient grandement (2005, 16).
Le rapport Freedom in the World 2004 signale que [traduction] « dans de nombreuses régions, les congrégations de catholiques [...] non enregistrées, notamment celles qui sont petites et discrètes, sont libres de pratiquer leur religion », mais ailleurs, les représentants locaux interrompent les offices des églises non enregistrées (Freedom House 23 août 2004). Kim-Kwong Chan et Eric Carlson signalent également que, dans certains cas, les groupes religieux non enregistrés peuvent pratiquer leur religion avec le consentement des agents locaux de la sécurité publique et des responsables du Bureau des affaires religieuses (2005, 24). Dans la province du Hebei, par exemple, la police de Baoding n'a [traduction] « pas abandonné la lutte contre les églises clandestines », alors que dans d'autres régions de la province, les catholiques membres d'églises non enregistrées peuvent pratiquer librement leur religion (The Washington Post 29 avr. 2005).
Selon des observateurs, le gouvernement a l'intention d'empêcher toute organisation religieuse étrangère de s'implanter en Chine (Burton 24 avr. 2003, 5, 27; Chan et Carlson 2005, 23). Kim-Kwong Chan et Eric Carlson mentionnent que, selon le gouvernement, la religion doit aider à [traduction] « atténuer l'effet des transformations de la société résultant de l'adhésion de la Chine [à l'Organisation mondiale du commerce] tout en en bloquant les influences étrangères indésirables » (2005, 22). Par conséquent, selon la politique sur la religion énoncée par l'administration d'État chargée des affaires religieuses, la religion et la société socialiste chinoise doivent apprendre à s'adapter l'une à l'autre; le [traduction] « gouvernement ne favorisera pas le développement de la religion [ni ne] la supprimera par la force » (Chan et Carlson 2005, 22).
Fujian et Guangdong
Human Rights in China (HRIC) a indiqué à la Direction des recherches, dans une communication écrite datée du 4 août 2005, que les chrétiens étaient maltraités dans le Sud de la Chine, notamment dans les régions rurales; toutefois, en raison du manque de renseignements sur le sujet, l'organisme n'a pu entrer dans les détails. En 2002, la fondation du cardinal Kung a signalé que des catholiques membres d'églises non enregistrées avaient été arrêtés alors qu'ils assistaient à un cours de catéchisme au Fujian (s.d). En 2003, un groupe de séminaristes à Changle, près de Fuzhou, a aussi été arrêté alors qu'il lisait le missel résumant l'office de la journée durant un pique-nique (Cardinal Kung Foundation s.d). Plus récemment, en juillet 2005, le père Lin Daixian qui célébrait une messe dans une maison privée de Fuzhou a été arrêté, ainsi que neuf paroissiens et un séminariste (ibid. 28 juill. 2005). Selon un communiqué de la fondation du cardinal Kung, en date du 28 juillet 2005, le père Lin était détenu au centre de détention de Pingtang (ibid.).
Le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong a cependant remarqué que le Fujian et le Guangdon appliquaient [traduction] « la politique la plus libérale de la Chine en matière de religion, particulièrement en ce qui concerne le christianisme » (secrétaire exécutif 1er sept. 2005a). Le secrétaire exécutif s'est rendu sur les lieux et a rencontré des représentants des autorités locales qui, en général, tolèrent les activités des groupes chrétiens non enregistrés (ibid.). Même si les autorités sont plus tolérantes dans les régions rurales que dans les centres urbains, elles prennent habituellement des mesures pour décourager les activités religieuses des groupes ayant des contacts avec l'extérieur de la Chine (ibid.). Le secrétaire exécutif a déclaré qu'il connaissait certaines églises non enregistrées qui exerçaient leurs activités depuis des années avec la permission des autorités (ibid.). Même si quelques prêtres catholiques ont été arrêtés entre 2003 et 2005, le secrétaire exécutif a signalé qu'en général, les chrétiens du Fujian et du Guangdong [traduction] « bénéficient de l'une des politiques les plus libérales en matière de liberté religieuse en Chine » (ibid.). Aucune information additionnelle sur le traitement des catholiques, notamment au Fujian et au Guangdong, n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.
Nouveau règlement sur la religion
Un nouveau règlement sur les affaires religieuses, conçu pour protéger les droits des personnes participant à des activités religieuses [traduction] « normales [et] légitimes » en Chine, est entré en vigueur le 1er mars 2005 (AI 21 déc. 2004; BBC 19 déc. 2004; Boston Globe 1er mars 2005). Ce règlement définit notamment le rôle des différents bureaux et des différentes sections de l'administration publique relativement à la supervision des activités religieuses (AI 21 déc. 2004; Chan et Carlson 2005, 24; Spiegel 14 mars 2005). Toutefois, selon Amnesty International (AI) et Mickey Spiegel, agent de recherche principal de Human Rights Watch pour les questions touchant la Chine, le règlement ne définit pas le terme [traduction] « normal » (AI 21 déc. 2004; Spiegel 14 mars 2005); cependant, Kim-Kwong Chan et Eric Carlson soulignent que tout groupe n'étant pas considéré comme [traduction] « normal » risquent d'être qualifié de [traduction] « secte » par les autorités (2005, 23). Mickey Spiegel a mentionné dans son témoignage devant la Commission exécutive du Congrès des États-Unis sur la Chine (Congressional-Executive Commission on China) que le nouveau règlement ne précisait pas les droits des organisations religieuses et des citoyens (Spiegel 14 mars 2005). Selon lui, le nouveau règlement [traduction] « codifie encore davantage les règles limitant la pratique religieuse en Chine et le mécanisme bureaucratique pour les appliquer » (ibid.). Même si les nouvelles dispositions interdisent à toute organisation ou personne d'obliger quelqu'un à [traduction] « croire ou[à ne pas croire, quelle que soit la religion » (ibid.; voir aussi BBC 19 déc. 2004), des observateurs indiquent qu'il ne faut pas considérer le nouveau règlement comme un assouplissement de la politique en matière de religion (AI 21 déc. 2004; BBC 19 déc. 2004; Chan et Carlson 2005, 24; Spiegel 14 mars 2005). Kim-Kwong Chan et Eric Carlson concluent que le règlement n'offre aucune protection aux groupes religieux non enregistrés, dont la situation en fin de compte pourrait [traduction] « empirer » (2005, 24).
Toutefois, le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong a signalé que le nouveau règlement permettait aux sites et aux organismes religieux de s'enregistrer auprès des autorités locales sans être obligés de s'enregistrer auprès de l'Association patriotique des catholiques chinois, pratique qui existait déjà selon lui dans certaines régions de la Chine depuis la fin des années 1980 (1er sept. 2005b). Le fait que cette pratique a été incoporée au règlement serait un signe que la politique sur la religion de la Chine s'assouplit; le secrétaire exécutif pense que dans l'avenir, le gouvernement chinois continuera de définir les droits et les obligations des organismes religieux installés dans le pays (secrétaire exécutif 1er sept. 2005a).
Décès de Jean Paul II
À la suite du décès du pape Jean Paul II, au début d'avril 2005, des services commémoratifs ont eu lieu, semble-t-il, dans les églises officielles chinoises (MSNBC 11 avr. 2005; Agence de presse Xinhua 4 avr. 2005). Une congrégation non enregistrée du Nord de la Chine a organisé une messe à ciel ouvert et un défilé pour pleurer le pape décédé, auxquels environ 500 pratiquants ont participé (MSNBC 11 avr. 2005). Des voitures de police se trouvaient sur les lieux au moment de la clôture de la cérémonie (ibid.); toutefois, aucun article sur des arrestations n'a pu être trouvé par la Direction des recherches. Dans le même ordre d'idées, selon une agence de presse catholique, l'évêque Julius Jia Zhiguo de la province du Hebei, pour des raisons de sécurité, a encouragé les catholiques à organiser des veilles modestes au lieu d'importantes messes en l'honneur du souverain pontife; Julius Jia Zhiguo lui-même a célébré une messe privée en l'honneur de Jean-Paul II (CathNews 11 avr. 2005). La surveillance des évêques non enregistrés aurait augmenté dans certaines régions à la suite du décès du pape : dans le cas de l'évêque Jia, des voitures de police stationnaient à l'extérieur de son église (ibid.). Selon une source, le gouvernement chinois a imposé aux médias à l'échelle nationale un black-out sur funérailles de Jean-Paul II (MSNBC 11 avr. 2005).
Au lendemain du décès du pape, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a mentionné que la Chine était prête à améliorer ses relations avec le Vatican si le Saint-Siège acceptait de rompre tout lien avec Taïwan et évitait de [traduction] « faire ingérence » dans les affaires intérieures du pays (Agence de presse Xinhua 21 avr. 2005; MSNBC 11 avr. 2005). Même s'il y a eu des rumeurs selon lesquelles le Vatican serait prêt à rompre tout lien avec Taïwan afin de reprendre les relations avec la Chine continentale (BBC 8 avr. 2005), un analyste chinois, cité dans un article de MSNBC, a déclaré que la reprise des relations diplomatiques avec le Vatican n'était pas une priorité majeure pour le gouvernement chinois (MSNBC 11 avr. 2005).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
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The Washington Post. 29 avril 2005. Philip P. Pan. « Up From the Unregistered ». <http://www.washingtonpost.com> [Date de consultation : 18 juill. 2005]
Autres sources consultées
Sources orales : Cardinal Kung Foundation; deux sources additionnelles n'ont pas fourni de l'information dans les délais prescrits pour cette réponse.
Sites Internet, y compris : Agenzia Fides, Churches Together in Britain and Ireland, Forum 18, National Catholic Register.