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Title Iraq : information permettant de savoir s'il est obligatoire que les professeurs et enseignants soient membres du parti Baath; loi ou décret du gouvernement iraquien à cet effet
Publisher Immigration and Refugee Board of Canada
Country Iraq
Publication Date 16 March 2001
Citation / Document Symbol IRQ36600.F
Reference 1
Cite as Immigration and Refugee Board of Canada, Iraq : information permettant de savoir s'il est obligatoire que les professeurs et enseignants soient membres du parti Baath; loi ou décret du gouvernement iraquien à cet effet, 16 March 2001, IRQ36600.F, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/3df4bef218.html [accessed 4 June 2012]
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Iraq : information permettant de savoir s'il est obligatoire que les professeurs et enseignants soient membres du parti Baath; loi ou décret du gouvernement iraquien à cet effet

Selon un livre publié en 1986 intitulé Saddam's Iraq, le système d'éducation iraquien [traduction] « souffre de baathisation à tous les niveaux », et [traduction] « l'accès à l'enseignement supérieur dépend de la loyauté politique, puisque seuls les Baathistes sont admis aux universités et aux autres établissements postsecondaires, et seuls les Baathistes peuvent recevoir une formation pédagogique » (132-133).

De même, un rapport du 15 octobre 1996 des Nations Unies sur la situation des droits de la personne en Iraq a affirmé que l'appartenance au parti Baath est obligatoire aux étudiants de l'Institut de formation des maîtres (Institute of Teachers' Studies) en Iraq.

Une chercheuse spécialiste en études iraquiennes qui travaille chez l'organisation Human Rights Watch a déclaré dans un entretien téléphonique du 19 mars 2001 qu'il est fort probable que tous les professeurs des écoles laïques primaires, secondaires et postsecondaires sont obligés d'être membres du parti Baath, et que l'adhésion au parti est imposé par le syndicat national des professeurs (National Union of Teachers). Pour ce qui est des écoles religieuses, et notamment de celles qui font partie du système parallèle des écoles religieuses chiites appelées écoles husseiniyat, la chercheuse n'était pas certaine si leurs professeurs sont membres du parti Baath.

Aucune mention d'une loi ou d'un décret iraquiens concernant ce sujet n'a pu être trouvée par la Direction des recherches dans les délais prescrits.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Committee Against Repression and for Democratic Rights in Iraq. 1986. Saddam's Iraq: Revolution or Reaction? Londres : Zed Books Ltd.

Human Rights Watch, Londres. 19 mars 2001. Entretien téléphonique avec une chercheuse.

Organisation des Nations Unies (ONU). 15 octobre 1996. Human Rights Questions: Human Rights Situations and Reports of Special Rapporteurs and Representatives: Situation of Human Rights in Iraq (A/51/496) <http://www.unhchr.ch/Huridocda/Huridoca.nsf> [Date de consultation : 15 mars 2001]

Autres sources consultées

Background Paper on Iraqi Refugees and Asylum Seekers (HCR 1994)

Bureaucracy of Repression: The Iraqi Government in its Own Words (Human Rights Watch/Middle East)

Deux sources non documentaires n'ont pas fourni d'information sur la question posée.

Freedom of Information and Expression in Iraq

Human Rights in Iraq (Middle East Watch)

Hussein al-Shahristani. Human Rights and Iraq: Transcript of a Meeting (CISR 1994)

Iraqi National Congress

LEXIS/NEXIS

Middle East Report (janv./févr. 1991-hiver 2000)

Plusieurs rapports des Nations Unies sur les droits de la personne en Iraq

Supreme Council for the Islamic Revolution in Iraq (SCIRI)

ISR25822.EF 3 décembre 1996

Objet :    Israël : information sur la situation des immigrants de l'ex-Union soviétique en Israël et sur leur identité juive dans l'ex-Union soviétique

Bureau

régional : 1

Exp. : Direction générale de la documentation, de l'information et des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié, Ottawa

Mots clés : Juifs; immigrants; données statistiques; logement; emploi; chômage; examens; personnel médical; nationalité; passeports; recensements; langue; seconde guerre mondiale; tueries; police; mariage mixte; législation; procédures administratives; chrétiens; musulmans; naturalisation; groupes ethniques et nationaux; chefs religieux; partis politiques; droits civils et politiques; enseignement supérieur; technologie; industrie; sport; musique; époux; télévision; médias; divorce; enfants; cérémonies; pratique religieuse; Europe; Asie; Canada; Éthiopie; Chypre; États-Unis; Allemagne; URSS; Ukraine; Russie; Israël

L'information qui suit a été fournie au cours d'une entrevue tenue à l'Université de Tel Aviv le 27 mai 1996 avec un professeur du département des sciences politiques de l'Université du Michigan. La source est un spécialiste de l'ex-Union soviétique et de l'Europe de l'Est. Il s'intéresse particulièrement aux questions ethniques propres à cette région et, depuis 1972, mène des recherches auprès de gens qui ont quitté l'ex-Union soviétique pour s'établir aux États-Unis, en Israël et, dans une certaine mesure, en Allemagne. Il a mené quatre principaux projets d'entrevues, principalement avec des Juifs soviétiques, bien que des non-Juifs, dont des Allemands, des Russes et des Ukrainiens, y aient également participé. En 1995, ce spécialiste a publié une étude sur l'intégration en Israël des nouveaux immigrants en provenance de l'ex-Union soviétique.

Essentiellement, l'histoire des olim en Israël est une histoire de réussite, du moins en partie. La grande vague s'est amorcée au milieu de 1989. Il y a eu une immigration massive de 181 000 personnes en 1990, de 145 000 personnes en 1991 et d'un nombre presque aussi élevé d'autres personnes en 1992. Les nombres ont commencé à diminuer par la suite. Ce phénomène a peut-être contribué à leur succès. Au cours des quatre dernières années, de façon approximative, la moyenne s'établit entre 63 000 et 66 000 olim par année en provenance de l'ex-Union soviétique. Les immigrants de la première grande vague ont eu beaucoup de difficulté dans deux domaines, soit le logement et l'emploi. À leurs yeux, les emplois étaient plus importants que le logement. Cette perception découle du fait qu'en Union soviétique, la situation du logement est telle que l'on retrouve parfois quatre familles dans un appartement de complexe communautaire. Par conséquent, les olim ne faisaient pas grand cas de devoir s'entasser à quelques familles dans un appartement en Israël. Côté emploi, les taux de chômage au cours des 6 à 8 premiers mois pouvaient s'élever à 60 ou 65 p. 100. À cette époque, le taux de chômage général en Israël était de plus de 11,5 p. 100; depuis deux ans, il est stable à 6 p. 100. Cette réduction spectaculaire, une réduction de moitié, est attribuable au fait que les immigrants se trouvent des emplois au cours des trois premières années, habituellement au bout de deux ans ou deux ans et demi.

Le problème, c'est que probablement 40 p. 100 d'entre eux ne trouvent pas un emploi dans leur domaine de spécialisation, ou encore, s'ils trouvent un emploi dans leur domaine, l'emploi est d'un niveau inférieur à celui qu'ils avaient atteint dans leur pays d'origine. À titre d'exemple, un médecin vient s'établir en Israël et réussit l'examen de reconnaissance professionnelle, ce qui lui donne le droit de pratiquer la médecine, mais ne trouve pas d'emploi comme médecin. Il devient alors aide de laboratoire ou auxiliaire médical. Officiellement, il travaille dans son domaine, soit la médecine, mais en réalité il n'occupe pas un poste équivalent à celui qu'il occupait par le passé. Les gens de plus de 50 ans, et particulièrement les femmes, peu importe leur âge, peuvent ne jamais réussir à atteindre le niveau professionnel qu'ils avaient auparavant. Les personnes qui font partie de ces deux catégories sont celles qui ont le plus de difficultés à atteindre de nouveau le niveau professionnel qu'elles avaient dans leur pays d'origine.

Cependant, dans l'ensemble, le taux d'emploi est très élevé et le chômage ne constitue pas un problème chronique chez ces immigrants. Le sous-emploi ou la sous-utilisation des compétences est un problème, mais il y aussi l'autre côté de la médaille. Le problème, c'est que leur formation, particulièrement dans un domaine comme celui de la médecine, n'est tout simplement pas à la hauteur des normes occidentales et israéliennes. Il reste que, au cours des trois premières années au pays, un immigrant soviétique trouvera un emploi raisonnablement satisfaisant et relativement proche de son ancien domaine d'emploi.

Il faut bien comprendre comment l'identité juive était établie. Les lois sont actuellement en voie d'être modifiées, mais il est loin d'être clair si certaines républiques, comme l'Ukraine et la Russie, laisseront tomber la détermination de la nationalité sur la carte d'identité interne dans le vocabulaire soviétique, cette carte porte le nom de « passeport ». Jusqu'en 1992, chaque citoyen soviétique recevait un passeport à l'âge de 16 ans. La nationalité du détenteur était inscrite à la cinquième ligne du passeport. En russe, le mot « nationalité » ne désigne pas la citoyenneté comme en français ou comme on l'entend généralement en Occident. La meilleure façon de traduire la signification russe serait « l'appartenance à un groupe ethnique ». À la fin de l'Union soviétique, on comptait environ 110 groupes ethniques officiellement reconnus et recensés dans le dernier recensement mené en janvier 1989. Les Juifs forment un de ces groupes, ce qui est un peu ironique étant donné qu'avant la Révolution, Lénine et Staline avaient tous deux dit que les Juifs ne formaient pas une nation, qu'ils n'étaient pas un peuple et, ne pouvant trouver un bon mot à dire, avaient parlé de « caste ». Pour une raison quelconque, en 1918, ils ont changé d'avis et ont dit que les Juifs formaient une nationalité au même titre que les Russes, les Ukrainiens, les Lettons et les Lituaniens. De 1931 jusqu'en 1991, période pendant laquelle les passeports soviétiques internes étaient délivrés, la cinquième ligne précisait la nationalité des détenteurs. Les passeports d'environ la moitié de la population portaient la nationalité russe. Le reste de la population était constituée de divers peuples du Caucase, de la région de la mer Baltique et de l'Asie centrale, d'autres peuples slaves Ukrainiens, Moldoves, Biélorusses et autres et enfin de Juifs.

Pour déterminer la nationalité à inscrire sur le passeport, les autorités soviétiques se basaient sur l'unique critère de la filiation. Ainsi, si vos deux parents sont d'une seule nationalité, vous êtes de cette nationalité. Si les deux parents sont Russes, la personne est Russe. Si vos deux parents sont Juifs, vous êtes Juif. Si vos deux parents sont Ukrainiens, vous êtes Ukrainien. Il se peut cependant que votre passeport dise que vous êtes Juif mais que vous vous considérez comme un Russe. Vous ne connaissez rien de la situation d'un Juif, vous ne connaissez rien du judaïsme, vous n'avez jamais pratiqué une religion, quelle qu'elle soit, vous ne connaissez rien de l'histoire juive, vous ne connaissez pas la langue et, de surcroît, vous vous en moquez. Et vous vous considérez comme un Russe. Votre portez peut-être un nom Russe et vous ne parlez peut-être que le russe. Par contre, du point de vue de l'État civil, vous êtes Juif et il est impossible de changer votre situation. Vous ne pouvez pas décider, dix ans après avoir reçu votre passeport, que vous en avez assez d'être Juif et que vous voulez changer de situation. La seule exception à cette règle a eu lieu pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les gens perdaient leurs documents ou prétendaient les avoir perdus ou, devant la politique d'extermination nazie, les Juifs jetaient leurs documents dans l'espoir de se sauver. Par la suite, s'ils avaient survécu, ils prétendaient ne pas être Juifs puisqu'ils ne voulaient pas revivre la même épreuve. Ils obtenaient alors un nouveau passeport disant qu'ils étaient Russes, Ukrainiens ou d'une autre nationalité. Cependant, le nombre de gens qui ont réussi à faire changer leur nationalité est faible.

La seule situation où la nationalité n'était pas entièrement déterminée par votre filiation est celle où vos parents sont de nationalités différentes. Selon la pratique soviétique, à toutes fins officielles, votre nationalité jusqu'à l'âge de 16 ans était déterminée par la nationalité de votre mère. Ainsi, si votre mère était Russe mais que votre père était Juif, vous étiez Russe jusqu'à l'âge de 16 ans. Ensuite, lorsque vous vous présentiez au poste de police pour recevoir votre passeport officiel, vous aviez le droit de choisir la nationalité russe ou la nationalité juive. À partir d'études sociologiques qui remontent aussi loin que les années 1960 dans les républiques baltes, nous savons que bien au-delà de 90 p.100 des gens dont un des parents était Juif choisissaient d'être inscrits comme non-Juifs. Pour des raisons évidentes, il était plus avantageux d'avoir le statut de non-Juif en Union soviétique.

À partir des années 1960, il existe des preuves historiques qui confirment cette perception et on suppose que la situation s'est poursuivie jusqu'à ces dernières années. Il ne s'agit pas toutefois d'une certitude puisque aujourd'hui le fait d'être Juif confère certains avantages comme la possibilité non seulement de quitter le pays, puisque toute personne peut maintenant quitter le pays, mais aussi d'être accueilli presque sans condition en Israël, qui accepte tout Juif qui demande le droit d'établissement. Actuellement, il peut donc être avantageux d'être officiellement reconnu en tant que Juif alors que, par le passé, il s'agissait d'un désavantage. Pour déterminer les répercussions, prenons un cas hypothétique : votre mère était Juive, votre père était Russe et vous avez choisi d'être Russe. Selon la loi religieuse juive, ou Halakha, soit la loi rabbinique, vous êtes de descendance juive même si vous êtes inscrit comme Russe étant donné que la transmission de l'identité juive est matrilinéaire, c'est-à-dire qu'elle vient de la mère. Aux États-Unis, grâce au mouvement de réforme, cette règle a changé il y a six ou sept ans; on dit maintenant que l'identité est transmise par le père ou la mère. Le fait que ce soit un parent ou l'autre n'a pas d'importance puisqu'il ne faut qu'un seul parent.

Lorsqu'il est question d'immigration, cette discussion n'est plus pertinente étant donné que, en vertu de la loi sur le retour, il suffit d'avoir un grand-parent juif pour établir automatiquement votre admissibilité à la citoyenneté israélienne. Que le lien filial soit établi par un parent, par les parents de votre père ou par les parents de votre mère est sans importance. Qu'il s'agisse d'un grand-père ou d'une grand-mère n'a pas plus d'importance. Cela signifie donc qu'un nombre inconnu de personnes les estimations sont variées entrent en Israël en tant qu'immigrants de l'ex-Union soviétique avec le droit d'établissement immédiat sans être de descendance juive au sens de la Halakah, c'est-à-dire au sens de la loi religieuse juive. La seule autre façon de devenir un citoyen d'Israël est de suivre la démarche de naturalisation, la méthode qu'utilisent couramment les chrétiens et les musulmans.

La nationalité juive était donc perçue de cette façon en Union soviétique. Dans une large mesure, cette même conception subsiste dans les États successeurs. En ce qui concerne la détermination de l'identité juive, elle diffère autant de la loi sur le retour, d'une part, que de la loi rabbinique traditionnelle, d'autre part. On retrouve donc trois conceptions différentes dans ce territoire plutôt restreint.

Les immigrants de l'ex-Union soviétique qui résident dans l'État d'Israël sont des citoyens autorisés qui ont tous les droits sauf en ce qui concerne les lois sur la situation personnelle, le mariage, le divorce et certains cas d'héritage particuliers. Ces aspects sont réglementés par la loi religieuse (système de règles adopté par les Turcs ottomans) qui reconnaît les groupes plus ou moins religieux et non les groupes ethniques. Selon ce système de règles, un ministre ou un prêtre doit marier un chrétien, un imam ou un fonctionnaire musulman doit marier un musulman et un Juif doit se marier selon les règles d'un mariage religieux juif qui est habituellement, mais pas nécessairement, célébré par un rabbin. Si le futur marié ou la future mariée n'est pas Juif ou Juive, la loi juive dit qu'ils ne peuvent pas épouser un Juif ou une Juive dans le cadre d'une cérémonie religieuse juive. Il existe actuellement en Israël un mouvement prônant les mariages civils il s'agit d'un élément du programme électoral d'un des principaux partis en Israël. Les gens qui se trouvent dans cette situation peuvent se rendre à Chypre, soit l'endroit le plus proche où ils peuvent se marier. Le mariage sera ensuite reconnu en Israël comme un mariage de fait. Bien entendu, les gens concernés ont toujours l'option de se convertir au judaïsme, ce qui fait en sorte que le futur marié et la future mariée sont tous les deux Juifs au moment du mariage. Le divorce est traité par les tribunaux rabbiniques, ce qui laisse supposer dans ce cas également que les deux époux doivent être Juifs.

Certaines personnes prétendent que si une personne ne peut s'en remettre à un religieux pour se marier, ses droits civils sont compromis puisque cette personne doit aller à Chypre, se convertir ou vivre en union libre. En Israël, les tribunaux reconnaissent les mariages de fait. À titre d'exemple, prenons le cas d'un homme et d'une femme qui vivent ensemble depuis dix ans mais qui ne se sont jamais mariés parce que l'homme n'est pas Juif tandis que sa femme est Juive. Elle décède et il souhaite hériter de l'appartement. Un tribunal décidera habituellement qu'ils étaient mariés parce qu'on la connaissait publiquement en tant que sa femme. Il n'y a pas eu de cérémonie et il n'y a pas de certificat de mariage, mais c'est sans importance. Le tribunal retiendra qu'elle était perçue comme sa femme. Cependant, certains partis politiques disent que cela porte atteinte aux droits civils et qu'on devrait changer la loi. Voilà donc une question dont on discute actuellement dans le milieu politique.

Les nouveaux olim ont tous les droits et obligations des citoyens d'Israël tout simplement parce qu'ils sont des citoyens d'Israël. En fait, dans certains secteurs de la société, on constate un certain ressentiment chez des gens qui considèrent que les olim sont privilégiés. Ces derniers reçoivent certaines prestations de l'Agence juive et du ministère de l'Immigration qui les aident à refaire leur vie. En général, ils réussissent très bien en Israël. Au cours des années 1970, un sondage national sur l'économie a révélé que le revenu moyen d'un immigrant soviétique trois ans après son arrivée au pays dépassait celui des Ashkénazes, c'est-à-dire les résidents israéliens d'origine européenne. Cette donnée n'est pas surprenante puisque 40 p. 100 de ces immigrants possèdent déjà un diplôme d'études supérieures. En outre, ils sont urbains, la plupart d'entre eux travaillent dans le secteur de la technologie ou le secteur industriel et ils s'intègrent très bien à l'économie israélienne. Cette réalité contraste avec la situation des Juifs éthiopiens, par exemple, dont les antécédents sont très différents. Les nouveaux immigrants en provenance de l'ex-Union soviétique ont connu un grand succès économique et ils ont changé les domaines des sports et de la musique en Israël. On dit parfois d'eux qu'ils représentent une qualité d'immigration très élevée et on les apprécie à ce titre.

Les immigrants soviétiques non-juifs sont relativement visibles et on peut parfois les reconnaître simplement à leur apparence. Un non-Juif pourrait par exemple porter une croix. Les Juifs regarderont cette personne et diront qu'elle n'a pas un visage juif tandis que, dans certains secteurs de la société, disons chez les immigrants soviétiques venus d'Asie centrale, ou peut-être de certaines parties du Caucase, on ne verra pas les époux et conjoints non-juifs d'un très bon œil. Par contre, on ne manifeste pas publiquement ce ressentiment. La question n'a pas été soulevée à la télévision ou dans la presse très contestataire qu'on retrouve en Israël. La situation peut donc être semblable à ce que l'on vit aux États-Unis ou au Canada. Dans certains quartiers, à certains moments, un non-Juif qu'on reconnaît comme tel peut se faire regarder de travers, se faire injurier ou même, de temps à autre, faire l'objet de menaces ou de violence physique. Si de tels incidents se produisent, la personne visée peut se plaindre à la police ou à des organismes de défense des droits de la personne en Israël. Si la personne n'est toujours pas satisfaite, elle peut déménager pour s'installer dans une région d'Israël où les immigrants de l'ex-Union soviétique habitent en grand nombre.

Pour les couples mixtes, le seul problème est celui de la situation personnelle, particulièrement dans le cas des divorcés puisqu'ils ne peuvent pas obtenir un jugement de divorce d'un tribunal religieux. Le principal problème touche leurs enfants. À titre d'exemple, un homme est Juif, mais sa femme n'est pas Juive. Ils ont deux enfants. Comme la femme n'est pas Juive, et disons qu'elle ne s'est pas convertie, les enfants issus de ce mariage ne sont pas considérés comme Juifs et ne peuvent donc pas se marier dans le cadre d'une cérémonie religieuse juive. En fait, le plus souvent, chez les gens qui se retrouvent dans cette situation, les enfants, nés ou élevés en Israël, se convertissent parce qu'ils estiment que la majorité des Israéliens sont Juifs. Ils ne sont pas non-Juifs et ils ne sont pas Arabes; ils acceptent donc de devenir Juifs.

Les enfants acceptent donc de se convertir. Au cours des dernières années, il y a eu environ 70 000 circoncisions masculines. La plupart de celles-ci ont probablement été pratiquées sur des Juifs qui n'avaient pas été circoncis en Union soviétique où la loi l'interdisait, sauf en Asie centrale. Cependant, certains d'entre eux étaient probablement des non-Juifs qui ont été circoncis dans le cadre d'une démarche de conversion. Ce qui est en réalité très surprenant, c'est que personne ne s'offusque de cette pratique. Les gens ne semblent pas s'y opposer ou en faire grand cas; ce serait même devenu banal.

Selon la tradition juive récente dans le contexte juif, on parle ici des 1500 dernières années la conversion n'est pas encouragée en raison des mauvaises expériences du passé. Le judaïsme, contrairement à l'islamisme et au christianisme, est depuis longtemps une religion qui ne favorise pas la conversion. Selon le judaïsme orthodoxe pratiqué en Israël, le rabbin annulera délibérément ses trois premiers rendez-vous avec vous pour éprouver votre détermination à vous convertir. Si vous persistez et vous revenez une quatrième fois, le rabbin dira que vous êtes sérieux et vous parlera. À titre d'exemple, la conversion pour cause de mariage est interdite par la loi orthodoxe. Dans la diaspora, c.-à-d. à l'extérieur de l'État d'Israël, ces règles sont normalement observées par les rabbins orthodoxes. Cependant c'est d'ailleurs surprenant il semble qu'en Israël, la conversion est beaucoup plus facile pour une raison très simple. Pour une première fois en 1946 et de nouveau en 1957 et 1964, des vagues d'immigrants juifs principalement des gens déplacés hors de l'Europe de l'Est en 1946, des réfugiés polonais en 1957 et des Roumains en 1964 ont commencé à arriver avec des conjoints non-Juifs. Certains de ces conjoints l'étaient devenus parce qu'ils avaient sauvé des Juifs en les cachant pendant la guerre ou en faisant semblant que ces Juifs étaient des conjoints non-Juifs ou des frères et sœurs.

Les tribunaux rabbiniques de l'époque ont commencé à faire preuve de souplesse à l'endroit de la conversion en se disant que ces gens s'étaient engagés à vivre dans l'État d'Israël, avaient vécu avec un conjoint juif pendant un certain nombre d'années et ne pratiquaient aucune autre religion de façon active. Il convenait donc de ne pas faire obstacle à leur conversion. Tout indique que cette politique a été maintenue à l'égard des immigrants soviétiques au cours des vingt dernières années. Par conséquent, les conversions de ce genre ont été massives. Elles ont été très faciles à obtenir et les formalités habituelles, comme la déclaration dans laquelle les gens s'engagent à respecter les commandements religieux, leur ont été épargnées. Cependant, les exigences relatives aux rites ont été observées. Les rites sont très simples. Pour les mâles, il y a la circoncision, qui peut parfois ne pas être si simple pour les hommes âgés mais qui demeure une intervention chirurgicale facile, et l'immersion dans un bain rituel appelé un mikvah, une pratique qui prend cinq minutes. L'homme doit aussi se présenter devant un tribunal rabbinique, c'est-à-dire trois rabbins qui demandent à l'homme s'il veut réellement se convertir et qui lui remettent ensuite un certificat de conversion.

Bien entendu, les femmes n'ont pas à être circoncises. Elles n'ont qu'à se soumettre à une immersion dans le bain rituel et à l'entrevue devant le tribunal rabbinique. Toutes ces étapes sont précédées d'une étude de ce que l'on pourrait appeler les principes de base de la foi juive, de sorte que les gens comprennent l'étendue de leur engagement. Il s'agit d'un genre de catéchèse. Bon nombre d'organismes offrent cet enseignement religieux et chaque localité en Israël est pourvue d'un tribunal rabbinique qui s'acquitte de cette tâche.

Par le passé, les partis ethniques en Israël n'ont pas eu beaucoup de succès à l'exception d'un parti appelé le Shas qui, depuis dix ans, représente les immigrants afro-asiatiques ou leurs descendants. Le parti est cependant très lié à certaines questions religieuses. En 1992, un parti distinct d'immigrants russes appelé le Da (démocratie et Aliya), a présenté des candidats aux élections du Knesset, à titre de parti ethnique. Le parti a récolté si peu de voix qu'aucun candidat n'a été accepté, c'est-à-dire qu'aucun candidat n'a obtenu le nombre minimum de voix qui ferait de lui un des 120 représentants au Knesset. Il y a maintenant deux partis de ce genre au Knesset. Un de ces partis nierait qu'il est un parti ethnique ou d'immigrants. Il s'agit du parti Israël Be Aliya (« Israël qui monte, Israël en ascendance »). Ses représentants ont prétendu qu'ils ne forment pas un parti d'immigrants ou un parti réservé aux immigrants. Ils ont essayé de faire valoir que leur parti veut faire ce qui est bon pour Israël de façon générale. Dans le cadre de ce mandat, ils accordent beaucoup plus d'attention à l'immigration que tous les principaux partis, ils veulent augmenter l'immigration et ils s'occupent davantage des immigrants qui sont déjà arrivés au pays.

Le deuxième parti, dirigé par Efraïm Gur, membre du Knesset, est un parti qui plaît principalement aux immigrants non-européens de l'ex-Union soviétique. Le parti en fait même état dans ses annonces. Selon ses propres sondages, du moins, environ 40 p. 100 de leur soutien provient d'immigrants de l'Asie centrale, principalement de l'Ouzbékistan. Gur lui-même est un Juif géorgien qui est en Israël depuis 20 ans. Si on jette un coup d'œil à la liste de candidats du parti, on voit qu'il y a une forte représentation d'immigrants non-européens de l'ex-Union soviétique. C'est un parti qui existe officiellement pour la cause Aliya et celle des olim. Comme principaux objectifs, Gur veut qu'on aménage plus de logements et qu'on crée plus d'emplois pour les olim. Il prône également une réduction des prix. Des membres du parti rival et des observateurs de l'extérieur le considèrent comme un opportuniste. Il est déjà passé du parti travailliste au Likoud et a depuis formé son propre parti. Il reste à voir combien de mandats il obtiendra et combien de membres il réussira à faire élire au Knesset. Il ne faut pas oublier qu'en 1992, la masse d'olim frustrés et fâchés, contrariés par la situation du logement et de l'emploi, était incapable de porter au Knesset un candidat issu d'un parti qui tend à défendre les intérêts des olim. Il semble maintenant que le vote des olim sera divisé entre ces deux partis. Il faut dire que beaucoup d'olim votent pour les grands partis, que ce soit le Likoud, le parti travailliste, le parti Meretz ou un autre parti. Même si le parti de Sharanski obtenait quatre à six mandats consécutifs, il ne serait pas clair que cela traduit un vote de protestation de la part des olim.

D'après des sondages effectués en Russie et en Ukraine, s'ils avaient le choix, une majorité de Juifs russes et ukrainiens choisiraient d'aller s'établir en Amérique plutôt qu'en Israël. Le niveau de vie plus élevé, les perspectives d'emploi plus nombreuses et les possibilités d'études plus vastes en seraient la cause. Ces immigrants s'identifient davantage à un grand pays qu'à un petit pays puisqu'ils viennent d'un grand pays. La sécurité, certainement au Canada et aux États-Unis, est plus grande que dans ce coin du globe. Par contre, aux États-Unis du moins, ils n'ont une chance réaliste d'être admis que si un parent de premier degré y est déjà établi. Israël est le pays qui les accueille sans cette exigence et sans autre exigence; c'est donc le choix facile, le choix évident en fait, ce n'est pas réellement un choix. Ils voient le Canada comme un pays semblable aux États-Unis, à tort ou à raison, pour les facteurs énoncés plus haut : les emplois, le logement, les possibilités d'études pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Et en toute franchise, au Canada, les terroristes ne font pas exploser d'autobus. Enfin, ce genre d'incident ne se produit pas très souvent. Par conséquent, une personne qui n'a pas de raison positive de s'établir en Israël, qui souhaite quitter la Russie ou l'Ukraine et qui s'identifie très peu à l'identité, l'éducation, la culture et la religion juives choisira d'aller au Canada.

Cette réponse a été préparée par la DGDIR à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la DGDIR a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Professeur, département des sciences politiques, Université du Michigan. 27 mai 1996. Entrevue tenue à l'Université de Tel Aviv.

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