À Mongoumba, une maternité rénovée redonne espoir aux mères et aux nouveau-nés
À Mongoumba, une maternité rénovée redonne espoir aux mères et aux nouveau-nés
Le sourire de Rebecca marque une étape importante : la première naissance enregistrée dans la maternité rénovée avec l’appui financier de l’Union européenne.
À Mongoumba, au sud de la République centrafricaine, la maternité de l’hôpital secondaire est redevenue un lieu d’espoir. Grâce à un financement de l’Union européenne, à travers la Direction générale des partenariats internationaux, et à l’appui de l’Agence des nations unies pour les réfugiés (HCR) et au Gouvernement centrafricain, les services de maternité et de pédiatrie ont été réhabilités et équipés afin d’offrir des soins plus sûrs et plus dignes aux femmes enceintes, aux nouveau-nés et aux enfants, notamment parmi les rapatriés et les communautés hôtes.
Ce matin-là, Rebecca, 25 ans, franchit les portes de la maternité avec l’émotion mêlée d’appréhension que connaissent tant de femmes avant d’accoucher. Elle s’apprête à donner naissance à son troisième enfant. Il y a quelques années encore, cette étape aurait pu être marquée par l’incertitude, dans un contexte où les infrastructures sanitaires restaient limitées et où les conditions d’accueil ne permettaient pas toujours une prise en charge optimale des mères et des nouveau-nés.
Aujourd’hui, Rebecca découvre un environnement transformé : des salles rénovées, du matériel médical disponible et un personnel qualifié prêt à l’accompagner. Dans cet espace plus propre, plus fonctionnel et mieux équipé, elle peut envisager l’arrivée de son enfant avec davantage de confiance.
« Je suis rassurée. La sage-femme est là pour m’accompagner et l’environnement est beaucoup plus accueillant et adaptés », confie-t-elle.
À ses côtés, Madame Mafouta Lucie, assistante accoucheuse, s’affaire avec calme et précision. Depuis 2018, elle accompagne les femmes de Mongoumba dans l’un des moments les plus importants de leur vie. En conduisant Rebecca vers la salle d’accouchement, elle mesure le chemin parcouru depuis la réhabilitation de la maternité.
Rebecca est accompagnée de l’assistante accoucheuse qui a contribué au bon déroulement de son accouchement.
« Depuis 8 ans, je sers les femmes et les nouveau-nés dans cette maternité. La réhabilitation de cette structure, rendue possible grâce à l’appui de l’Union européenne, améliore considérablement notre condition de travail et la qualité des soins que nous apportons aux femmes et aux nouveaux nés. Nous sommes profondément reconnaissants pour ce soutien qui bénéficie directement à toute la communauté ».
Des soins renforcés pour les mères et les nouveau-nés
Une heure plus tard, l’assistante accoucheuse annonce la naissance d’un garçon de 3,5 kg. Autour de Rebecca et de son nouveau-né, les équipements mis à disposition permettent une prise en charge plus sûre : table et coin de réanimation néonatale, aspirateur de mucosités, source de chaleur radiante, balance pour nouveau-né, ruban métrique et toise. Pour les mères, la maternité dispose également d’un fauteuil ou tabouret d’accouchement, d’un paravent ou rideau d’intimité et d’un tensiomètre, autant d’éléments essentiels pour protéger la santé et la dignité des femmes au moment de l’accouchement.
À Mongoumba, ces améliorations répondent à des besoins croissants. Depuis 2017, la sous-préfecture a accueilli plus de 13 440 Centrafricains de retour de la République démocratique du Congo et de la République du Congo. Cette dynamique a accru la demande en services sociaux de base, en particulier dans le domaine de la santé, alors que les rapatriés, les personnes déplacées internes et les communautés hôtes partagent les mêmes structures et les mêmes besoins essentiels.
Pour le Dr Keta Kossi Fidele Vivien, médecin chef de l’hôpital secondaire de Mongoumba, la réhabilitation des services intégrés de maternité et de pédiatrie, ainsi que leur dotation en équipements et matériels médicaux essentiels, contribuent à renforcer l’inclusion effective des réfugiés retournés, des personnes déplacées internes et des communautés hôtes dans le système national de santé.
« Chaque année, plus de 360 femmes enceinte, accouchent dans cette maternité en raison de 30 femmes par mois », explique le médecin Chef de l’hôpital secondaire de Mongoumba.
Dr Keta Kossi Fidele Vivien, médecin-chef de l’hôpital, dans la salle d’accouchement de la maternité rénovée pour une meilleure prise en charge des mères et des nouveau-nés.
En améliorant les conditions d’accueil et de soins, la maternité réhabilitée permet une meilleure prise en charge des femmes enceintes, des nouveau-nés et des enfants malades. Elle renforce également la capacité de l’hôpital à gérer les urgences obstétricales et néonatales, à réduire les risques d’infections nosocomiales et à améliorer les chances de survie des patients les plus vulnérables.
Un investissement pour toute une communauté
Au-delà des bâtiments et des équipements, le projet contribue aussi au renforcement des ressources humaines. Le déploiement d’un médecin qualifié dans le district sanitaire de Mbaïki, basé à Mongoumba, permet d’améliorer l’offre de soins pour les rapatriés comme pour les communautés hôtes, tout en assurant la couverture sanitaire des convois de retour.
Pour Rebecca, cette transformation se traduit par une naissance vécue dans de meilleures conditions. Pour d’autres femmes et enfants de Mongoumba, elle représente la possibilité d’accéder, chaque jour, à des soins plus équitables et de meilleure qualité.
La maternité et le service pédiatrique rénovés sont désormais plus que de simples infrastructures. Ils incarnent un investissement dans la vie, la santé et l’avenir des familles de Mongoumba. Dans ces salles réhabilitées, des centaines de mères peuvent accoucher plus dignement, tandis que des centaines d’enfants peuvent recevoir les soins dont ils ont besoin pour grandir en meilleure santé.
Cet engagement en faveur d’un accès équitable aux soins se poursuivra avec la construction d’un nouveau centre de santé au sein du Pôle de développement de Samba. Cette initiative vise à renforcer l’inclusion et la cohésion sociale entre rapatriés, déplacés internes et communautés hôtes, en rapprochant les services essentiels des populations qui en ont le plus besoin.
Pour les familles comme celle de Rebecca, ces investissements portent une promesse concrète : celle d’un avenir plus digne, où chacune et chacun, quelle que soit son origine ou son parcours, peut accéder à des soins de qualité, reconstruire sa vie et contribuer au développement de sa communauté.