Des réfugiés organisent un concert de salon virtuel en Belgique : de la préparation à la production en passant par la captation vidéo

Depuis l’apparition de la COVID-19, nous avons dû renoncer aux concerts conventionnels. Mais une poignée de producteurs et de musiciens réfugiés de talent ont trouvé quelque chose à y redire et ont décidé d’organiser un concert de salon virtuel à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié 2020.

Afromig ©Belgium Refugee Committee

Grâce au Belgium Refugee Committee (« Comité des réfugiés de Belgique »), en collaboration avec Beit ASBL, leur musique a pu transcender les frontières et les cultures, se frayant un chemin vers un public plus large via les réseaux sociaux. Quatre groupes composés de musiciens originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, de la République Démocratique du Congo du Rwanda, du Burundi et de Belgique nous proposent une expérience musicale immersive, aux styles musicaux variés et nous font découvrir le timbre chaleureux de toute une série d’instruments locaux.

Découvrez le Refugee Committee : construire un monde meilleur   

Ces deux heures de musique live vous donneront non seulement un aperçu d’une palette variée de genres musicaux, mais vous donneront aussi une idée de ce qu’est vraiment le Refugee Committee et de ce qu’il fait. Il s’agit d’une plateforme co-fondée par le HCR en Belgique qui vise à encourager les réfugiés à partager leurs idées et leurs connaissances en participant aux divers débats qui se tient au niveau communal : une expérience jusqu’ici unique en Europe. Un de ses objectifs est de préparer le terrain pour des collaborations régulières et systématiques avec les élus locaux et leur administrations municipales en abordant de façon constructive et pragmatique les thèmes du logement, du travail et de l’éducation. Au stade actuel, le Refugee Committee se concentre d’abord sur la mobilisation et la consultation méthodique et participative des principales communautés de refugiés. Il est important pour eux de documenter les diverses réalités de l’intégration en Belgique dans le contexte de la pandémie de COVD-19 et de choisir ensuite la meilleure façon d’aller de l’avant sur le projet de leur intégration. Pour pouvoir atteindre leurs objectifs et exécuter le mandat qui sera délégué aux divers collèges des réfugiés, la plateforme prend aussi le temps de préparer et former ses membres aux divers rôles de la représentation collective, de la facilitation communautaire et du portage de plaidoyer sur les diverses questions de l’intégration. 

Ce concert est une célébration musicale de l’engagement, de la mobilisation et de la citoyenneté au sein de la société belge ; des sujets auxquels le comité est particulièrement attaché. Les réfugiés y trouvent l’espace et l’écoute nécessaires pour mener à bien leur intégration et pour faire valoir leur droit à la parole au niveau local.  Cette plateforme unique, qui regroupe et centralise la diversité de leurs voix, est à terme appelée à devenir un véritable pont entre les réfugiés et les autorités belges, explique Ahmad Wali Ahmad Yar, originaire d’Afghanistan : « Nous pouvons maintenant partager nos inquiétudes et nos problèmes directement avec les autorités. Nous essayons de représenter tous les réfugiés, indépendamment de leur genre, de leur âge ou de leur origine. »

Ce concert est une célébration musicale de l’engagement, de la mobilisation et de la citoyenneté au sein de la société belge ; des sujets auxquels le comité est particulièrement attaché. Les réfugiés y trouvent l’espace et l’écoute nécessaires pour mener à bien leur intégration et pour faire valoir leur droit de parole au niveau local. 

Ce concert est également une invitation à rejoindre le Comité, adressée à tous. Rasha Zeina, originaire de Syrie, ajoute : « Nous voulons appeler les femmes réfugiées à faire porter leur voix et à participer activement au sein du Comité. Ainsi, elles pourront partager et mieux comprendre les difficultés rencontrées en tant qu’étudiantes, mères ou jeunes filles seules en Belgique. C’est la seule manière de trouver des solutions. » 

La célébration musicale de la diversité 

Cette fois, il n’était pas question de politique… Les membres du Comité se sont laissé aller au pouvoir de la musique. La sélection des musiciens, le choix du lieu, l’enregistrement, le matériel, le concert en soi… Un tel événement nécessite de l’investissement. Et les réfugiés s’en sont chargés eux-mêmes de A à Z. Leurs points de vue et leurs idées étaient au centre de chaque étape de la production. Les femmes ont joué un rôle crucial dans la production et la communication tout au long des préparatifs.   

C’est un spectacle particulier : on ne voit pas tous les jours des musiciens jouer du reggae en portant des masques… Mais cela ne rend pas la fête moins belle.

Le résultat varié est à la fois exaltant et convaincant. Le groupe Sawa inonde nos salons de sons orientaux générés par les cordes du oud et du kanounaccompagnées d’un riq et d’un violon. Afromig joue du rock, de la pop, de l’afrobeat et du reggae et nous livre des reprises de morceaux cultes à la sauce reggae.  C’est un spectacle particulier : on ne voit pas tous les jours des musiciens jouer du reggae en portant des masques… Mais cela ne rend pas la fête moins belle. Ensuite, Nawars nous apaise l’esprit avec la combinaison unique et sobre entre un oud et des percussions, agrémentée par les notes basses et planantes d’un violoncelle. Enfin, Farhad Samadi, originaire d’Afghanistan, nous livre une performance solo mais c’est tout un groupe qui semble se cacher dans son synthétiseur, comme vous le suggèrera son usage de la « loop » et de la boîte à rythmes.

Une collaboration fructueuse   

Pour le concert, le HCR Belgique a collaboré avec Beit ASBL, basée à Bruxelles. Beit signifie « maison » en arabe, et c’est ce que l’organisation veut offrir aux réfugiés de la capitale. « Nous voulons créer un monde meilleur pour nous et nos enfants, dans lequel nous sauvegardons notre identité et notre culture et nous appuyons sur elles tout en évoluant dans un contexte de diversité, ouvert à toutes les ethnies », déclare Nora Dardir, fondatrice de l’association.   

Ces réfugiés ont déjà trouvé un foyer dans la musique. Vous le remarquerez dès la première note. Curieux de connaître le résultat final ? 

Cela a attisé votre curiosité et vous désirez obtenir plus d’informations sur le Comité ?

Consultez www.refugee-committee.org ou contactez [email protected]