L’OIM et le HCR appellent à une action concertée des pays de l’UE contre les drames en Méditerranée

L’OIM et le HCR exhortent les États européens à saisir l’occasion du Sommet européen pour identifier une approche nouvelle et uniforme de la question des arrivées en Méditerranée

Un bateau de pêcheurs prend la mer dans le sud de la Méditerranée. Des milliers de réfugiés et de migrants ont trouvé la mort durant leur tentative de rejoindre l’Europe à bord de canots pneumatiques ou de petites embarcations en bois comme celle-ci. © UNHCR / Scott Nelson

Préoccupés par le drame humain en cours où près de 1 000 réfugiés et migrants ont perdu la vie cette année lors de traversées clandestines de la Méditerranée organisées par des passeurs, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et l’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations, affiliée aux Nations Unies, appellent aujourd’hui à une action concertée des pays de l’Union européenne, couvrant l’ensemble de la région, afin de réduire de manière significative les pertes inutiles de vies humaines en mer.

Selon le HCR et l’OIM, une nouvelle approche collaborative est nécessaire afin d’améliorer la prévisibilité et la gestion du débarquement des personnes secourues en mer. Cette nouvelle démarche devrait s’appuyer sur la collaboration existante entre l’UE, l’ONU et l’Union africaine. Les personnes secourues dans les eaux internationales devraient rapidement être ramenées à terre en lieux sûrs au sein de l’UE, et éventuellement aussi ailleurs.

Cette approche doit être complétée par un plus grand nombre de places de réinstallation, d’opportunités de regroupement familial et d’autres solutions durables au sein de l’UE, ainsi que par un soutien accru des pays où ces personnes sont ramenées à terre.

« Ces 10 derniers jours, des navires ayant à leur bord des réfugiés et d’autres migrants sauvés en mer Méditerranée n’ont pu accoster dans les ports à cause d’une impasse politique en Europe. Le maintien du droit d’asile dans les États membres de l’UE est essentiel », a déclaré Filippo Grandi, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. « Le refus de porter secours ou le renvoi de responsabilité en matière d’asile sont tout à fait inacceptables. Les pays doivent se rallier et tracer une nouvelle voie à suivre. »

« Notre priorité est de sauver les vies de toutes les victimes de passeurs qui, cyniquement, font embarquer hommes, femmes et enfants sur des embarcations peu sûres et les envoient en haute mer », a expliqué William Lacy Swing, le Directeur général de l’OIM. « Depuis le début de l’année, près de 1 000 personnes ont perdu la vie dans ce pari cruel où le passeur est toujours gagnant. »

Les arrivées de réfugiés et de migrants par la mer ont connu un pic en 2015, lorsque plus d’un million de personnes désespérées avaient traversé la Méditerranée vers l’Europe et près de 5 000 d’entre eux y avaient perdu la vie. Trois ans plus tard, le nombre d’arrivées est revenu aux chiffres d’avant 2014 et tend vers les moyennes historiques à long terme. Depuis début 2018, 42 000 personnes ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe, alors qu’elles étaient 85 000 au cours de la même période l’année dernière.

L’OIM et le HCR exhortent les États européens à saisir l’occasion du Sommet européen de demain pour identifier une approche nouvelle et uniforme de la question des arrivées en Méditerranée, qui réponde tant à la nécessité pour tous les pays de gérer leurs frontières et leurs politiques de migration qu’au maintien des principes d’asile européens et internationaux mis en place depuis plusieurs décennies. Le soutien, la solidarité et la collaboration de l’Europe avec les pays d’accueil des réfugiés dans les régions en développement, ainsi qu’avec les pays de transit, sont devenus plus cruciaux que jamais.

L’OIM et le HCR sont prêts à soutenir les États dans cet effort.

Pour consulter la proposition conjointe (en anglais) de l’OIM et du HCR en prévision d’un accord de coopération régionale mettant en œuvre une procédure de débarquement prévisible et le traitement des personnes secourues en mer, cliquez ici.