Second mouvement de réfugiés détenus en Libye vers la sûreté d’un centre du HCR

Le HCR a de nouveau transféré 150 réfugiés vulnérables vers son centre de rassemblement et de départ à Tripoli. On compte encore plus de 2.700 réfugiés et migrants détenus dans des zones où les affrontements font rage.

Le 9 avril dernier, le HCR a déjà transféré 150 réfugiés vulnérables du centre de détention d’Ain Zara vers son centre de rassemblement et de départ à Tripoli. © HCR / N. Elshin

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a de nouveau transféré aujourd’hui 150 réfugiés détenus dans le centre de détention d’Abou Salim, au sud de Tripoli, vers le centre de rassemblement et de départ du HCR, localisé en ville et épargné par les hostilités. Abou Salim est l’un des nombreux centres de détention libyens qui ont été touchés par les combats depuis leur éclatement autour de  la  la capitale il y a presque deux semaines. Au centre de détention, les réfugiés ont dit au HCR qu’ils étaient pétrifiés de peur, traumatisés par les combats et qu’ils craignaient pour leur vie. Le personnel du HCR qui était présent et qui a organisé le transfert des réfugiés  aujourd’hui, a indiqué que les affrontements se déroulaient à une dizaine de kilomètres du centre et que l’on pouvait distinctement les entendre.

Bien que le HCR ait eu l’intention de transférer davantage de réfugiés, cela n’a pas été possible en raison de l’escalade rapide des combats dans la région. Dès que les conditions sur le terrain le permettront, le HCR espère poursuivre cet effort pour sauver des vies. « C’est une course contre la montre pour mettre les gens à l’abri du danger. Les conflits et la détérioration des conditions de sécurité entravent tout ce que nous pouvons faire », a déclaré Lucie Gagne, cheffe de mission adjointe du HCR en Libye. « Nous avons un besoin urgent de solutions pour les personnes piégées en Libye, y compris des évacuations humanitaires afin de procéder au transfert des personnes les plus vulnérables hors du pays. »

Les réfugiés qui ont été évacués font partie des plus vulnérables et des plus démunis et parmi eux figurent des femmes et des enfants. L’opération a été menée avec l’appui du partenaire du HCR, International Medical Corps et le Ministère libyen de l’intérieur. C’est la deuxième évacuation de ce type organisée par le HCR depuis l’escalade récente du conflit en Libye. La semaine dernière, le HCR avait déjà transféré plus de 150 réfugiés depuis un autre centre de détention, Ain Zara, également situé dans le sud de Tripoli, vers le centre de rassemblement et de départ. Ceci porte à plus de 400 le nombre de réfugiés qui sont actuellement hébergés dans ce centre du HCR.

On compte encore plus de 2.700 réfugiés et migrants détenus et piégés dans des zones où les affrontements font rage. Outre ceux restant à Abou Salim, d’autres centres de détention ont été touchés et se trouvent à proximité des hostilités, notamment les centres de Qasr Bin Ghashir, Al Sabaa et Tajoura. « Il s’agit de personnes qui se trouvent dans une situation des plus vulnérables et dangereuses. Ils ont fui des combats ou des persécutions dans leur propre pays pour se retrouver piégés tandis qu’un conflit les encercle à nouveau », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. « Les risques pour leurs vies augmentent d’heure en heure. Il faut de toute urgence les mettre en sécurité. En d’autres termes: c’est une question de vie ou de mort. »

Le HCR demande à la communauté internationale de plaider auprès de toutes les parties en conflit pour faire en sorte qu’elles respectent les obligations juridiques internationales et qu’elles prennent des mesures visant à mettre fin aux détentions, tout en fournissant des solutions aux personnes prises au piège en Libye, notamment l’instauration de couloirs humanitaires pour évacuer les plus vulnérables hors du pays. La situation actuelle en Libye continue de démontrer que la Libye est un endroit dangereux pour les réfugiés et les migrants et que ceux sauvés ou interceptés en mer ne devraient pas y être renvoyés. Le HCR a demandé à maintes reprises qu’il soit mis fin aux détentions de réfugiés et de migrants.