Au milieu des affrontements en Libye, 146 réfugiés évacués vers l’Italie

Des milliers de réfugiés et de migrants se trouvent encore dans des centres de détention libyens et sont menacés par les combats en cours. Le HCR exhorte la communauté internationale à évacuer tous les réfugiés et à leur permettre de gagner un lieu sûr.

Mohamed Bade, 43 ans, explique qu’après avoir fui la guerre en Syrie avec sa famille, il a retrouvé des conditions effroyables également en Libye. Avec sa femme, Eied, et leurs trois enfants - de gauche à droite, Abdulrahman, Rania et Cedra - ils ont tous été évacués en Italie.
© UNHCR/M. Alalem

146 réfugiés ont été évacués depuis la Libye vers l’Italie dans le cadre d’une opération conjointe menée par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, ainsi que les autorités italiennes et libyennes. L’Italie est le premier pays à avoir pris l’initiative d’accueillir des personnes évacuées hors de la Libye depuis le récent regain de violences. L’évacuation s’est déroulée en collaboration avec le ministère libyen de l’Intérieur.

«Cette évacuation est une bouée de sauvetage vitale pour les personnes confrontées à de graves dangers en Libye», a déclaré Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. «Il est désormais crucial que d’autres États fassent de même et offrent des lieux d’évacuation aux réfugiés pris au piège dans le conflit. Fermer les yeux aura des conséquences réelles et tragiques.»

La situation sécuritaire à Tripoli continue de se détériorer au fur et à mesure que les forces rivales s’affrontent à travers la ville. Ces derniers jours, des frappes aériennes ont causé des décès parmi les civils et ont détruit des bâtiments publics.

Des milliers de réfugiés et de migrants sont encore détenus dans des centres de détention où ils vivaient déjà dans des conditions effroyables avant le regain de tensions. Ces personnes disent craindre pour leur vie et entendre des coups de feu ainsi que des frappes aériennes à proximité. Elles risquent d’être abandonnées ou prises au piège dans le conflit si les combats se propagent vers les centres de détention.

Le HCR exhorte la communauté internationale à évacuer, vers des lieux en sécurité, tous les réfugiés qui se trouvent encore dans des centres de détention à Tripoli. Le temps presse car les affrontements semblent se poursuivre.

Plus de 3,300 personnes sont particulièrement menacées dans les centres de détention proches d’affrontements imminents ou en cours. Le HCR a déjà évacué des réfugiés et des migrants loin des dangers immédiats, dont 500 vers son centre de rassemblement et de départ à Tripoli et 163 au Niger dans le cadre du Mécanisme de transit d’urgence. Toutefois, avec le dépassement imminent de la capacité d’accueil de ces deux structures, les évacuations directes hors de Libye seront bientôt le seul moyen de survie disponible pour les réfugiés vulnérables. La situation sécuritaire entrave déjà les efforts du HCR pour accéder à certains centres de détention et cette situation devrait encore s’aggraver en cas de poursuite des violences.