La Grèce doit mettre fin au dangereux surpeuplement des centres de réception dans les îles

La situation dramatique dans les centres de réception exige des mesures urgentes – l’appui de l’UE est essentiel

Des rangées de tentes à la périphérie du centre de reception de Moria sur l’île de Lesvos. © HCR/Gordon Welters

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a aujourd’hui exhorté la Grèce à transférer d’urgence des milliers de demandeurs d’asile vivant dans les centres de réception dangereusement surpeuplés des îles de la mer Égée. Les arrivées par mer en septembre, principalement de familles afghanes et syriennes, ont atteint le chiffre de 10 528 personnes — soit le plus important niveau mensuel depuis 2016 — aggravant les conditions dans ces îles qui accueillent aujourd’hui 30 000 demandeurs d’asile.

La situation à Lesvos, Samos et Kos est critique. Le centre de Moria à Lesvos abrite 12 600 personnes, soit cinq fois sa capacité initiale d’accueil. Dans une installation informelle à proximité, 100 personnes partagent une unique toilette, soit la taille globale de cette installation formelle. Une émeute déclenchée par des demandeurs d’asile à bout a conduit à des affrontements avec la police.

Sur l’île de Samos, le centre de réception de Vathy abrite 5500 personnes, soit huit fois sa capacité. La plupart vivent dans des tentes avec un accès minimal aux latrines, à l’eau potable et aux soins médicaux. Les conditions sont aussi considérablement détériorées sur l’île de Kos où 3000 personnes partagent un espace prévu pour 700 personnes.

Il est inhumain de maintenir ces personnes dans les îles où les conditions sont inadéquates et précaires et il faut mettre un terme à cette situation.

Le Gouvernement grec a déclaré que l’atténuation des pressions pesant sur les îles et la protection des enfants non accompagnés sont des priorités, ce que nous accueillons avec satisfaction. Nous prenons également note des mesures gouvernementales visant à accélérer et à resserrer les procédures d’asile et à gérer les flux à destination de la Grèce continentale, annoncées lors d’une réunion exceptionnelle du cabinet lundi. Nous attendons de recevoir des détails par écrit, auxquels nous pourrons faire part de nos commentaires.

Toutefois, des mesures urgentes s’imposent et nous exhortons les autorités grecques d’également accélérer leurs plans en vue du transfert de 5000 demandeurs d’asile déjà autorisés pour leur permettre de poursuivre leurs procédures d’asile en Grèce continentale. Parallèlement, de nouvelles places doivent être dégagées pour éviter que la pression exercée sur les îles grecques ne vienne se propager en Grèce continentale où la plupart des sites opèrent selon leur capacité. Le HCR continuera d’appuyer les transferts vers le continent en octobre à la demande du gouvernement.

La recherche de solutions à long terme doit également devenir prioritaire, notamment en aidant les réfugiés à s’autonomiser et à s’intégrer dans le pays.

La situation dramatique des jeunes non accompagnés, soit plus de 4400 enfants au total, est particulièrement inquiétante étant donné que seul un jeune sur quatre est logé dans un abri adapté à son âge.

À Moria, environ 500 enfants sont logés dans un vaste entrepôt sous tente avec des adultes auxquels ils ne sont pas apparentés. À Samos, plus d’une douzaine de fillettes non accompagnées dorment à tour de rôle dans un petit conteneur, tandis que d’autres enfants sont forcés de dormir sur les toits des conteneurs. Étant donné les risques extrêmes encourus par les enfants non accompagnés et potentiellement exposés à des abus, le HCR en appelle aux États européens pour qu’ils ouvrent en priorité davantage de places de réinstallation à ces enfants et qu’ils accélèrent les transferts d’enfants autorisés à rejoindre des membres de leurs familles.

Le HCR continue de travailler avec les autorités grecques pour développer les capacités nécessaires et répondre aux besoins. L’Agence gère plus de 25 000 places en appartement pour certains des réfugiés et des demandeurs d’asile les plus vulnérables dans le cadre du programme ESTIA financé par l’UE. Environ 75 000 personnes reçoivent des allocations d’aide en espèces au titre du même programme. Le HCR se tient prêt, avec le soutien continu de l’UE et d’autres donateurs, à élargir son soutien via un programme d’aide en espèces pour la construction d’abris qui permettrait aux demandeurs d’asile autorisés de quitter les îles et de s’installer par eux-mêmes en Grèce continentale.

La Grèce a reçu la majorité des personnes arrivées cette année par la Méditerranée, avec 42 000 personnes sur 77 400, soit davantage que l’Espagne, l’Italie, Malte et Chypre combinés.