Le chef du HCR encourage un accueil des réfugiés qui implique toute la société

Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a réitéré l'importance d'engager l'ensemble de la société, comme préconisé par le Pacte mondial sur les réfugiés, pour trouver des solutions durables à l'accueil des réfugiés.

Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, à l'ouverture des consultations annuelles du HCR avec les ONG.

Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, à l'ouverture des consultations annuelles du HCR avec les ONG.   © HCR/Susan Hopper

PARIS -- Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a souligné aujourd'hui l'importance d'engager l'ensemble de la société et des Etats européens afin que la responsabilité de l'accueil des réfugiés soit partagée, lors d'une journée d’échanges autour du thème “Migrations, quelles réponses de l’Europe ?”, organisée par EuropaNova et Europartenaires au Musée national de l’histoire de l’immigration.

« 68,5 millions de personnes relèvent aujourd’hui de la compétence du HCR. Seulement 10% de cette population est accueillie en Europe et dans les pays riches. ll ne s'agit pas de sous-estimer les défis en Europe mais il faut les mettre en perspective, » a-t-il déclaré.

En effet, Filippo Grandi a rappelé que la majorité des réfugiés sont accueillis dans les pays en développement. Moins de 100 000 réfugiés et migrants ont traversé la mer Méditerranée pour rejoindre l’Europe depuis le début de l’année 2018.

« 68,5 millions de personnes relèvent aujourd’hui de la compétence du HCR. Seulement 10% de cette population est accueillie en Europe et dans les pays riches. »

Le chef du HCR a souligné l’importance du Pacte mondial sur les réfugiés afin d’impliquer tous les acteurs de la société et d’assurer un partage plus équitable des responsabilités. Il faut notamment alléger les pressions exercées sur les principaux pays d’accueil des réfugiés, la Turquie, le Liban, mais aussi l’Ouganda, et assumer de manière plus équitable la gestion des réfugiés.

Aussi, l’accueil des réfugiés nécessite une approche impliquant la société toute entière afin de répondre à leurs besoins. Toute la société, y compris les communautés, les entreprises et la société civile, doit exploiter le potentiel des réfugiés.

« Il y a tout un arc de personnes de tous bords politiques et convictions qui hésitent. Le discours anti-réfugiés est tellement fort que les décideurs ont peur de le contrer. Je leur dis, pourtant, d'écouter : l'opinion publique est plus nuancée que ce qu’ils pensent, » a indiqué Filippo Grandi.

Plus tôt dans la semaine, il s'est alarmé de l'extrême toxicité des déclarations politiques dans certains Etats européens, en particulier « la teneur actuelle du débat politique, qui dépeint le tableau d'une Europe en état de siège, » qu'il a jugé « dommageable, mais surtout déconnecté de la réalité. »

« Nous devons développer un langage pour expliquer que ce ne sont pas les réfugiés qui sont la cause des problèmes auxquels peut se confronter la population. »

Le chef du HCR a insisté sur l'importance de contrecarrer les discours populistes toxiques de certains dirigeants européens à l'égard des réfugiés et des migrants, et de ne pas céder aux craintes.

« Nous devons développer un langage pour expliquer que ce ne sont pas les réfugiés qui sont la cause des problèmes auxquels peut se confronter la population, » a-t-il dit.

Le Haut Commissaire a également exhorté l'Europe à davantage de solidarité. Il a insisté sur le fait que « le HCR ne sera jamais d'accord avec une formule qui exclut la possibilité pour les demandeurs d'asile de faire leur demande en Europe. »

« La solidarité envers les gens qui fuient la persécution et les conflits est une valeur fondamentale européenne. »

Il est, en effet, vital pour le HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, que les personnes nécessitant une protection internationale puissent accéder à des procédures de demande d’asile rapides, justes et efficaces en Europe, conformément au droit international.

A l'heure des mouvements migratoires mixtes vers l'Europe - permettant aux migrants et réfugiés d'emprunter les mêmes routes -  Filippo Grandi a aussi expliqué que le droit d'asile, tel qu'il a été codifié, est toujours valable dans ce contexte.

« Parmi ces flux, nous nous chargeons des personnes qui ne peuvent pas rentrer chez elles : ce sont des réfugiés. »

Il a notamment noté que « la solidarité envers les gens qui fuient la persécution et les conflits est une valeur fondamentale européenne. »