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Le chef du HCR se rend en Afrique du Sud pour manifester son soutien au gouvernement et aux réfugiés

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Le chef du HCR se rend en Afrique du Sud pour manifester son soutien au gouvernement et aux réfugiés

Lors d'une visite de deux jours, Filippo Grandi s'est engagé à poursuivre le soutien et la coopération du HCR avec le gouvernement sud-africain pour assurer la protection des réfugiés.
16 Octobre 2019
Le Haut Commissaire Fillipo Grandi rencontre des réfugiés et des étudiants de la communauté d'accueil au lycée Jules à Johannesburg.

A l'issue d'une visite de deux jours en Afrique du Sud, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a exprimé le maintien de son soutien au gouvernement, qui continue à assurer la protection des réfugiés et demandeurs d'asile dans le pays.


Faisant référence aux décennies d'hospitalité et de politique de portes ouvertes de l'Afrique du Sud à l'égard des réfugiés et des demandeurs d'asile, Filippo Grandi a félicité le pays pour ses efforts visant à encourager leur inclusion socio-économique.

« L'Afrique du Sud est depuis longtemps un pays où de nombreuses personnes ayant fui la guerre, les conflits et les persécutions ont trouvé refuge », a-t-il dit. « Comme beaucoup d'autres pays, l'Afrique du Sud est également confrontée à des flux migratoires de plus en plus complexes, y compris de personnes en quête d'opportunités économiques. »

Au cours de sa visite qui a débuté le 14 octobre, Filippo Grandi a rencontré des représentants d'ONG partenaires, des chefs d'entreprise, des hauts fonctionnaires, des réfugiés et des demandeurs d'asile.

« Je suis venu ici pour discuter avec le gouvernement de la meilleure façon d'améliorer la manière dont le pays accueille les demandeurs d'asile, traite leurs cas et assure leur sécurité », a-t-il expliqué.

Il a rencontré un groupe de réfugiés et de demandeurs d'asile dans un centre communautaire de la banlieue de Hillbrow, à Johannesburg, qui lui a fait part de diverses préoccupations à la suite d'une récente vague de violence contre les étrangers dans plusieurs régions du pays.

Les membres du groupe ont souligné leurs craintes en matière de sécurité personnelle, ainsi que les problèmes d'accès et de renouvellement de leurs documents officiels. Ils ont noté que cela a un impact sur leur capacité à travailler et à accéder aux services de base comme l'éducation et la santé, avec des conséquences particulièrement graves pour les personnes handicapées, les malades, les personnes âgées et les autres personnes vulnérables.

Ils ont demandé au Haut Commissaire de faire part de leurs préoccupations au gouvernement. Filippo Grandi a reçu la même demande d'un groupe de chefs d'entreprise qui lui ont dit qu’il est difficile d’embaucher des réfugiés en raison du manque de documents officiels.

« Je ne sais pas par où commencer. »

Wasenu, un réfugié éthiopien de 40 ans, a perdu son entreprise après avoir été cambriolé et pillé.

« Après avoir lutté pendant des années pour reconstruire ma vie ici, je me sens désespéré. Je ne sais pas par où commencer », a-t-il dit, ajoutant qu'il vit dans le pays depuis près d'une décennie.

Mère congolaise de sept enfants, Thethe, 37 ans, a ajouté qu'elle attendait depuis des années d'obtenir des documents appropriés qui prouvent son statut de demandeur d'asile.

« Il est même difficile d'avoir accès à des services comme les soins médicaux quand on n'a pas de papiers, » explique-t-elle.

Filippo Grandi a rencontré le président Cyril Ramaphosa, ainsi que le ministre des Affaires intérieures Aaron Motsoaledi. Avec les deux, il a eu des discussions franches et constructives sur la situation des réfugiés et des demandeurs d'asile dans le pays, dans le contexte plus large des défis liés à la migration.

Il a salué l'engagement du Président à protéger les personnes fuyant les pays touchés par les conflits et les persécutions et note que de nombreux Sud-Africains ont eux-mêmes connu l'exil, et que le retour des réfugiés de l'étranger avait occupé une place importante lors du passage du pays de l'apartheid à la démocratie.

« Le Président a été très clair sur le fait que ce pays ne tolère pas la violence, » a-t-il dit. « La lutte pour la liberté et contre l'injustice reste au cœur des valeurs de l'Afrique du Sud. » Mais la pauvreté et l'inégalité créent des tensions entre les communautés. Le HCR, avec ses partenaires de l'ONU et de la société civile, continuera à travailler sur des projets de cohésion sociale dans les communautés accueillant des réfugiés dans tous les pays.

Il a ajouté qu'en dépit des défis posés par l'augmentation des déplacements dans la région, l'Afrique du Sud continuait d'être à l'avant-garde des politiques progressistes en faveur des migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile.

« L'Afrique du Sud a une politique très exemplaire en matière d'accueil des personnes en détresse venant de nombreuses régions d'Afrique et même d'ailleurs », a-t-il dit. « Maintenant, bien sûr, je comprends les difficultés. Nous y travaillons. » Le Haut Commissaire et le Ministre de l'intérieur ont convenu qu'il était important de travailler sur le système d'asile en Afrique du Sud afin de le rendre plus efficace et équitable. Le HCR continuera de fournir un appui et des conseils en conséquence.

« Nous sommes tous africains. »

Le chef du HCR a également visité le lycée Jules, un établissement d'enseignement secondaire ouvert à tous qui accueille plus de 900 élèves, dont des réfugiés, des demandeurs d'asile et des ressortissants sud-africains. Encouragé par cette diversité dont fait preuve l'école, Filippo Grandi a passé du temps à interagir avec les élèves, qui ont partagé leurs expériences liées au fait d’apprendre côte à côte.

« Je choisis de voir les bons côtés du fait d’étudier avec des élèves de différents pays, et d'y voir une occasion de leur enseigner des choses et d'apprendre en retour à quel point nous sommes semblables », a déclaré un élève de 10e année.

« Nous sommes tous africains. Nous devrions interagir de façon plus positive », a ajouté le jeune homme de 16 ans.

L'Afrique du Sud accueille plus de 260 000 réfugiés et demandeurs d'asile, principalement de Somalie, d'Éthiopie, du Zimbabwe et de la République démocratique du Congo.