À Clermont-Ferrand, une professeure d'anglais syrienne, soutient ses élèves et partage son expérience avec la municipalité pendant la crise du Covid-19

Comment les réfugiés aident leurs hôtes et les personnes plus vulnérables pendant la pandémie de Covid-19?

Syrian refugee supports her local community during COVID-19 crisis

Syrian refugee supports her local community during COVID-19 crisis  © Kate Thompson Gorry

Rabab, 47 ans, est professeure d'anglais dans un lycée à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme au centre de la France. Elle a fui Alep, sa ville natale en Syrie, en 2017. A son arrivée en France, elle ne parlait pas français mais elle a trouvé sa voie en tant que professeure d'anglais grâce au soutien de l'Université de Clermont-Ferrand.Malgré la période de confinement et le sentiment d’isolement qui en découle, Rabab a ressenti la solidarité des gens autour d'elle.

Malgré la période de confinement et le sentiment d’isolement qui en découle, Rabab a ressenti la solidarité des gens autour d’elle.

Rabab a proposé d'aider ses voisins plus âgés pour faire leurs courses. Ils habitent dans la même rue et ont le même âge que sa mère.« Depuis que je suis arrivée en France, c’est la première fois que je me sens comme les autres. On est tous égaux devant ce virus. Moi aussi je peux faire quelque chose pour les autres. Ce n’est pas que les autres qui peuvent faire quelque chose pour moi ».

À Clermont-Ferrand, une professeure d'anglais syrienne, soutient ses élèves et partage son expérience avec la municipalité pendant la crise du Covid-19  (Kate Thompson-Gorry, Camera/ musique-music.com, musique)

« Il est dangereux pour les personnes âgées d’aller dans les commerces. Ils sont plus vulnérables. Il y a trop de monde dans les magasins. S'ils touchent quelque chose, c'est dangereux. Même s’ils sont en forme, je m’inquiète pour eux, car le virus, lui, ne se soucie pas que vous soyez en forme », explique Rabab.

« C’est la première fois que je me sens comme les autres »

Rabab a également continué d'enseigner à ses élèves. Là aussi, elle a réalisé que le confinement avait créé un nouveau lien avec ses élèves du secondaire. Tous les jours, pendant le confinement, elle a organisé un cours par téléconférence et mis en place un “Chat Room”, un espace de discussion.

« Je découvre que certains élèves qui ne sont généralement pas très actifs en classe, sûrement à cause de leur timidité, participent maintenant grâce au Chat Room. L'interaction que nous avons est plus humaine et parfois leurs réponses sont assez personnelles. Il arrive aussi aux étudiants de s'entraider », explique Rabab.

Rabab s’est préoccupée pour ses collègues et amis qui vivent seuls et essaye de rester en contact avec eux. "Il est important de gardez un lien. Nous sommes très souvent en contact avec d'autres enseignants via des visioconférences. Nous parlons de notre travail, du travail des élèves, des activités que nous pourrions faire ensemble. Nous nous soutenons mutuellement. Ça fait du bien, c'est important pour moi », conclut Rabab.