Célébrons le courage et l'engagement des filles et des femmes réfugiées face à la pandémie

Sous l’impulsion du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés en France et de sa porte-parole Céline Schmitt, plus de 50 femmes célèbrent l’engagement des filles et femmes réfugiées face à la pandémie de Covid-19 et énoncent des propositions pour leur construire un meilleur avenir, à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

Aujourd’hui, le nombre de personnes déracinées à cause des conflits et de la persécution dépasse les 80 millions dans le monde. Un chiffre qui a doublé en dix ans, pour atteindre 1% de la population mondiale. Plus de la moitié sont des filles et des femmes. Nombre d’entre elles ont survécu à la violence et sont confrontées à de nouveaux abus sur la route et durant leur exil, dont les violences sexuelles et sexistes.

A force de courage, elles s’accrochent à la vie et à des valeurs fortes d’entraide. Elles font preuve d’une grande résilience et deviennent des piliers pour leur famille et leur communauté. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous souhaitons reconnaître et célébrer leur force et leur volonté.

Les conséquences de la pandémie de Covid-19, un danger supplémentaire

Pour ces filles et ces femmes en exil, la pandémie de Covid-19 représente une crise supplémentaire, à l’impact social et économique disproportionné.  Les politiques d’isolement et de confinement adoptées à travers le monde les rendent plus vulnérables et ont aussi considérablement augmenté les risques de violences sexuelles et sexistes, y compris les violences conjugales et familiales, la traite des êtres humains, l’exploitation sexuelle et les mariages précoces. Le groupe de travail mondial sur la protection mené par le HCR a fait état d’une hausse de ces violences dans au moins 27 pays depuis le début de la pandémie.

Les femmes réfugiées mobilisées en première ligne contre la pandémie

Dans ce contexte difficile, les femmes réfugiées font preuve de résilience et sont en première ligne dans la lutte contre la pandémie. Au quotidien, elles participent à la construction des solutions pour protéger leurs proches et leurs communautés d’accueil.

De la Colombie au Bangladesh, en passant par le Kenya, l’Ukraine et la France, Margaret, Mobina, Iryna et de nombreuses femmes se sont mobilisées sans relâche pour partager l'information, prévenir la propagation du virus, subvenir aux besoins de leurs familles, coudre des masques protecteurs, créer et encadrer des groupes d’entraide ou encore sensibiliser sur les violences sexuelles.

En France, Ikhlass a donné des cours de français en ligne pendant le premier confinement. Reem et sa fille Sham ont partagé la bonne information sur les mesures sanitaires et les services disponibles auprès d’autres demandeurs d’asile et réfugiés. Susanna et son mari Nabil ont préparé des repas pour les personnels soignants dans un hôpital, quand Rabab a accompagné ses voisins plus âgés et soutenu ses collègues enseignants.

Cinq solutions face à cette situation qui dure

Ces filles et ces femmes ne doivent pas être seules pour agir. L’ensemble des acteurs de la société doivent se mobiliser pour :

  • Reconnaître le rôle clé des femmes dans la réponse à apporter à la crise, en amplifiant leurs voix et en favorisant leur représentation dans tous les domaines, y compris de la science et de la politique, à tous les niveaux.
  • Permettre aux jeunes filles de poursuivre leur scolarité, alors que leurs chances de mener des études secondaires s’amenuisent et que certaines risquent de devoir quitter l’école définitivement. Pour protéger les générations futures, il faut également protéger les jeunes filles des mariages précoces et promouvoir leur accès à un enseignement supérieur de qualité.
  • Maintenir et développer des espaces d’accueil et de solidarité où les femmes peuvent échapper aux violences, obtenir un soutien post-traumatique et acquérir de nouvelles compétences.
  • Introduire des programmes de soutien économique pour les femmes vulnérables et leurs familles, fournir des aides spécifiques aux entreprises détenues et dirigées par des femmes et mettre en œuvre des systèmes de protection sociale sensibles au genre pour soutenir la sécurité du revenu des femmes.
  • Engager la société tout entière dans la construction des solutions : les autorités nationales et locales, la société civile, le secteur privé et surtout les personnes déracinées elles-mêmes.

Cette tribune a été initialement publiée dans Ouest France. Liste des signataires :

1. Souzan Adlo, enseignante intervenante à l’Université de Clermont Auvergne et Formatrice au SAMA (Service Accompagnement Migrants Auvergne) et OEPRE (Ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants)

2. Masomah Ali Zada, athlète, participante au programme « athlètes réfugiés » de la bourse de la Solidarité Olympique (Comité International Olympique)

3. Florence Arestoff, Maître de conférences en Économie, Université Paris Dauphine PSL

4. Nada Baher, Coordinatrice opérationnelle, Causons

5. Céline Bardet, Fondatrice et Directrice Générale, Women Weapon of War (WoWW)

6. Linda Benrais, Professeure affiliée à l'ESSEC, directrice de programmes Irené "Gouvernance et Résolution des Conflits"

7. Camille Berjon, Chargée de communication et partenariats, Union des Etudiants Exilés (UEE)

8. Sophie Bilong, Consultante, Observatoire de l'immigration et de l'asile de l’Ifri

9. Kavita Brahmbhatt, Co-fondatrice, Action Emploi Réfugiés

10. Cécilia Brassier, Maître de conférences, Université Clermont Auvergne

11. Laurence Breton-Moyet, Directrice exécutive en charge de la stratégie, des partenariats et de la communication, Groupe AFD

12. Elodie Calloc’h, Responsable de programmes, Fondation SNCF

13. Loan Cong, Responsable de programme pour l’intégration des réfugiés et migrants, makesense

14. Brune Diricq, Directrice associée, Publicis Consultants

15. Hanae El Bakkali, Psychothérapeute

16. Najat El Mekkaoui, Professeure associée, Université Paris Dauphine PSL

17. Hélène Favier, Rédactrice en chef, BFMTV

18. Sylvie Ganne, Chargée d'ingénierie de formation, CNAM Paris

19. Nina Gheddar, Rédactrice en chef, Guiti News

20. Elise Ginioux, Présidente, The Human Safety Net – Generali

21. Zérane Girardeau, Directrice artistique et commissaire d'expositions, Confluences artistiques

22. Laetitia Gourbeille, Déléguée générale, Fondation SNCF

23. Enora Hamon, Directrice générale adjointe, Fondation la France s’engage

24. Cyrielle Hariel, Présentatrice, Journaliste d'impact

25. Elvira Haxhiu, Chargée de projet territorial, Kodiko

26. Loubna Ksibi, Co-fondatrice, Meet My Mama

27. Caroline Laly-Chevalier, Conseillère juridique, HCR en France

28. Frédérique-Rose Malefant, Déléguée Générale, The Human Safety Net – Generali

29. Noémie Marchilye, Co-fondatrice et présidente, Kabubu

30. Ines Mesmar, Fondatrice et Directrice Générale, La Fabrique NOMADE

31. Carolina Meza, Responsable du programme des conférences et des villes à ChangeNOW et élue municipale

32. Hélène Ngarim Ganga, Directrice du département Transitions Politiques et Citoyenneté, Groupe AFD

33. Héloise Nio, Co-fondatrice, École Thot

34. Sophie Pérard, Fondatrice, Citizen Coach

35. Cécile Pierrat-Schiever, Co-fondatrice et Présidente, Kodiko

36. Fanny Prigent, Co-fondatrice, WERO

37. Cécile Quéval, Responsable plaidoyer Europe, Forum réfugiés-Cosi

38. Hélène Ramajo, Co-fondatrice et Présidente, Causons

39. Camila Rios Armas, Fondatrice et directrice, UniR Universités & Réfugié.e.s

40. Sonia Rolland, Actrice, réalisatrice et ancienne Miss France. Fondatrice de l’association Maisha Africa

41. Delphine Rouillault, Directrice Générale de France terre d'asile

42. Céline Schmitt, Porte-parole et Responsable des Relations extérieures, HCR en France

43. Mathilde Schneider, Directrice de la communication, Groupe AFD

44. Marine Schoonbeek, Présidente et co-fondatrice, Thanks for Nothing

45. Anne Sinclair, Auteure et journaliste

46. Donia Souad Amamra, Co-fondatrice, Meet My Mama

47. Hélène Soupios-David, Directrice Plaidoyer, France terre d’asile

48. Annick Suzor Weiner, Professeur émérite, Université Paris-Saclay

49. Bérengère Taxil, Professeure de droit international, Université d'Angers

50. Céline Thierry, Formatrice académique

51. Kate Thompson-Gorry, Réalisatrice

52. Rania Titi, Membre du Conseil d’Administration, UniR Universités & Réfugié.e.s

53. Maud Vandoolaeghe, Adjointe du directeur du Pôle Accueil des Réfugiés, Habitat et Humanisme

54. Aurore Verneau, Directrice générale déléguée, Trains Expo, SNCF

55. Leen Youssef, Vice-présidente, Association Ekota

56. Farah Youssef, Journaliste