Des réfugiés ivoiriens continuent à fuir au Libéria

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 14 décembre 2010 au Palais des Nations à Genève.

Dans un contexte d'incertitude politique prolongée en Côte d'Ivoire, le HCR a observé de nouvelles arrivées d'Ivoiriens au nord-est du Libéria. Samedi, quelque 3 500 personnes étaient entrées au Libéria, avec un rythme d'arrivées s'élevant à environ 150 personnes par jour dans les villages situés le long de la frontière.

Conformément à la politique gouvernementale libérienne d'asile, les Ivoiriens s'établissent dans les communautés locales plutôt que dans des camps. Les réfugiés sont hébergés par les villageois qui partagent leurs maigres ressources. Des équipes du HCR enregistrent et portent assistance aux arrivants. Toutefois les villages sont éloignés les uns des autres et, les routes étant peu praticables, les camions de gros tonnage mettent du temps à rejoindre ces villages.

Parallèlement, en Guinée, le nombre des réfugiés ivoiriens nouvellement enregistrés dans le sud-est du pays est stable avec quelque 200 arrivées au total, bien que certains de nos partenaires signalent d'autres arrivées dans la Préfecture de Lola hier matin. Nos équipes vérifient actuellement cette information. A la demande des autorités locales, nous avons transféré ce groupe dans un centre de transit situé à Bosso, à 18 kilomètres de la frontière.

Les personnes qui arrivent en Guinée ont marché - pieds nus pour certaines - durant deux jours dans la région du Mont Nimba. D'autres sont accompagnées de petits enfants et ont indiqué avoir dormi en plein air au cours de leur trajet. Le HCR leur a fourni des repas chauds et d'autres articles d'assistance car ils ont fui sans aucune possession.

Les réfugiés se trouvant au Libéria et en Guinée sont originaires de villages situés le long de la frontière entre Danane et Guiglo dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. La majorité sont des femmes avec des enfants, leurs maris étant restés en Côte d'Ivoire. Les réfugiés ont d'urgence besoin de vivres, d'eau potable, d'installations d'assainissement, de vêtements et d'articles d'hygiène de première nécessité.

Nous n'avons observé à ce jour aucun mouvement de réfugiés dans les trois autres pays voisins de la Côte d'Ivoire. Nous y avons néanmoins renforcé notre capacité d'intervention en cas d'urgence.

Avant la crise actuelle, le HCR portait déjà assistance à quelque 13 000 réfugiés ivoiriens exilés principalement au Libéria (6 000), en Guinée (4 000) et au Mali (2 000) durant la guerre civile dans leur pays qui s'est terminée en 2005. Nous portons également assistance à quelque 35 000 déplacés internes se trouvant dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.