Le HCR craint que les civils pris dans le conflit ne puissent fuir la Libye

Le HCR réitère son appel pour un passage sûr de tous les civils fuyant la violence en Libye. Davantage de vols d'évacuation depuis les frontières sont prévus.

Un groupe de Soudanais lutte contre le froid, au point de passage frontière de Saloum en Egypte, après avoir fui la Libye.   © UNHCR/F.Noy

GENÈVE, 15 mars (HCR) - Le HCR a réitéré sa vive préoccupation concernant les civils pris dans le conflit qui ne pourraient pas fuir la Libye avec l'intensification des combats ces derniers jours.

Alors que le nombre de personnes fuyant la Libye continue à augmenter, avec 2 250 arrivées à la frontière égyptienne lundi et une moyenne quotidienne de 3 000 arrivées à la frontière tunisieene depuis vendredi dernier, le rythme global est toutefois plus lent que prévu.

« Dans ce type de situation, nous nous attendons plutôt à voir arriver une population importante de blessés, de femmes et d'enfants dans le cadre d'un déplacement massif. Or, à ce jour, notre personnel présent aux frontières avec l'Egypte et la Tunisie a vu très peu d'arrivées. Nous réitérons notre appel à toutes les parties pour qu'elles assurent un passage sûr à tous les civils fuyant la violence » a déclaré Melissa Fleming lors d'un point de presse mardi à Genève.

« Notre service d'assistance téléphonique continue de recevoir des appels à l'aide de la part de réfugiés et de demandeurs d'asile pris au piège en Libye. Nous avons reçu des informations selon lesquelles des réfugiés érythréens sont détenus dans les régions de l'ouest et de l'est du pays », a-t-elle ajouté, exhortant toutes les parties à assurer un passage sûr pour tous les civils fuyant la violence.

En Egypte hier, sur les 2 250 personnes qui sont arrivées à la frontière, plus de 1 000 d'entre elles étaient des Libyens. Parmi elles, il y avait des familles entières, y compris depuis la ville d'Ajdabiyya dans l'est du pays.

Actuellement, quelque 3 500 personnes sont bloquées à la frontière égyptienne. La majorité d'entre elles sont des Bangladais. Le nombre de rotations aériennes depuis l'Egypte vers le Bangladesh a désormais augmenté et hier 879 Bangladais ont pu partir.

Un groupe de 35 Somaliens, cinq Erythréens et trois Ethiopiens qui étaient pris au piège à Benghazi ont été évacués par bateau vers Alexandrie. Puis ils ont été transférés vers Saloum le 10 mars. Un autre groupe de 80 Erythréens qui étaient pris au piège à Benghazi ont également traversé la frontière hier soir. On compte désormais 141 personnes relevant de la compétence du HCR à la fontière, y compris des Somaliens, des Erythréens, des Ethiopiens, des Somaliens du Darfour, des Ivoiriens et des Palestiniens.

Le HCR procède à la détermination du statut de réfugié pour ce groupe et l'organisation a demandé au Gouvernement égyptien de permettre aux réfugiés et aux demandeurs d'asile d'entrer dans le pays et de les héberger dans un lieu suffisamment éloigné de la région frontalière jusqu'à ce qu'une solution leur soit trouvée.

En Tunisie, plus de 16 000 personnes dans un camp de transit à la frontière attendent des moyens de transport ou d'autres solutions. En moyenne, 3 000 personnes sont arrivées chaque jour depuis vendredi. Un grand nombre des nouveaux arrivants ont indiqué au personnel du HCR qu'ils avaient passé plusieurs jours à l'aéroport de Tripoli avant de venir en Tunisie.

Aujourd'hui, il y a eu 25 rotations aériennes du HCR au départ de la Tunisie et de l'Egypte depuis le 1er mars, date de début de l'opération d'évacuation humanitaire organisée conjointement par le HCR et l'OIM. Plus de 6 000 personnes ont été transportées par avion vers leur pays d'origine, l'Egypte, le Bangladesh et le Mali à bord d'avions affrétés par le HCR. Mardi, 15 autres vols affrétés ont été organisés pour transporter environ 3 000 Africains sub-sahariens vers le Mali, le Ghana, le Tchad et le Niger.

De plus, le Haut Commissaire António Guterres a débloqué lundi un montant supplémentaire de cinq millions de dollars depuis la réserve opérationnelle pour couvrir les coûts de 75 rotations aériennes supplémentaires pour acheminer 15 000 ressortissants de pays du tiers monde en Afrique sub-saharienne, et augmenter la contribution du HCR pour financer l'opération d'évacuation humanitaire conjointe de l'OIM et du HCR jusqu'à la semaine prochaine.

A ce jour, 280 614 personnes ont fui la violence en Libye, y compris 151 324 personnes vers la Tunisie, 117 991 personnes vers l'Egypte, 2 205 personnes vers le Niger et 9 094 personnes vers l'Algérie.